Malgré les récentes médailles glanées à l’Eurobasket et aux Jeux Olympiques de Tokyo, l’équipe de France aborde un nouveau cycle les menant jusqu’aux JO de Paris 2024. La nomination de Jean-Aimé Toupane au poste de sélectionneur à la place de Valérie Garnier et l’absence de nombreuses cadres redistribue les cartes pour une compétition qui fait office de transition. Les Bleues se présenteront avec un effectif largement remanié pour cette Coupe du Monde en Australie (22 septembre au 1er octobre).
L’épisode de Belgrade a failli tourner au désastre. En février dernier, lors du tournoi de qualification à la coupe du Monde, les protégées de Jean-Aimé Toupane sont passées proches de ne pas composter leur billet en direction de l’Australie.
Pour ce mondial, les Tricolores seront privées de joueuses majeures, en plus de devoir s’adapter au changement d’entraîneur. Pourtant, l’inquiétude n’est pas de mise au sein de la fédération. Il est plutôt question de prendre son temps pour organiser un nouveau système et intégrer de nouveaux automatismes. Le nouveau coach n’avait eu que trois jours pour transmettre ses principes de jeu alors qu’il en bénéficie d’un mois et demi pour cette préparation, de quoi attaquer ce mondial avec davantage de confiance et de certitudes.
La préparation ne fut pas des plus idéales. Avec les absences déjà connues d’Alix Duchet (genou), d’Endy Miyem (cheville), et de Valériane Ayayi, d’autres forfaits de tailles se sont rajoutés à la liste avec Olivia Epoupa (blessée) et la plus capée des Bleues Sandrine Gruda (mollet). Quant aux joueuses de WNBA, Gabby Williams et Iliana Rupert, arrivées en toute fin de préparation, elles auront peu de temps pour se fondre dans le collectif et intégrer les principes de jeu de Jean-Aimé Toupane.
Un coup dur de dernière minute est arrivée aux Bleues. Leur troisième joueuse de WNBA et artiste de l’équipe de France, Marine Johannes, est forfait pour la coupe du monde. Après des douleurs ressenties pendant le match d’entraînement contre les États-Unis, les examens médicaux pratiqués sur place à Sydney ont révélé une lésion musculaire à la cuisse droite, indique la FFBB dans un communiqué.
Néanmoins, les filles présentes durant la préparation ont rendu de belles copies prouvant la profondeur du réservoir français. Après un sans-faute en préparation contre des formations (Bosnie-Herzégovine et Belgique) aussi diminuées par l’absence de leurs joueuses WNBA, les Tricolores ont montré de belles choses malgré leurs défaites contre l’Australie (92-88) puis le Japon (59-69). Elles ont conclue leur préparation avec un match d’entraînement contre les États-Unis (19 septembre), un dernier test pour préparer la revanche contre l’Australie en ouverture de la compétition.
Jean-Aimé Toupane peut-il insuffler ce nouveau souffle dont l’Équipe de France a besoin ?
Sous Valérie Garnier, l’Équipe de France est devenue une habituée des finales, mais celles-ci rimaient avec défaites. Sur les cinq derniers EuroBasket, les ex-braqueuses se sont inclinées cinq fois en finale.
De nombreuses interrogations se sont posées quant à l’avenir de Valérie Garnier, avec qui un point de rupture semblait naître entre elle et ses joueuses. Après avoir été remerciée après les Jeux Olympiques de Tokyo, la FFBB a donc fait appel à Jean-Aimé Toupane, alors novice chez les féminines. Un choix qui a étonné bon nombre d’observateurs en première instance. La volonté affichée avec ce choix est de trancher avec le basket sur demi-terrain de Valérie Garnier et d’opter pour un style plus direct et intense tout en conservant ce qui fait l’identité de l’ensemble des équipes de France : une défense de fer.
Les bleues se rapprochent donc du jeu notamment pratiqué par les Etats-Unis ou le Japon, ce qui devrait permettre à Marine Fauthoux ou Gabby Williams d’exprimer toutes leurs capacités et leurs talents. Si la mayonnaise prend entre ce nouvel ADN, les joueuses cadres et la jeunesse qui frappe avec insistance à la porte de la sélection, les Françaises peuvent ambitionner de grandes choses.
La jeunesse peut-elle prendre le pouvoir ?
Ce mondial sera l’occasion de découvrir de nombreuses jeunes joueuses qui seront amenées à aborder leur première compétition internationale avec les A.
Ana Tadic (24 ans, poste 5) ne cesse de monter en puissance du côté de Tarbes. Elle va connaître sa première compétition internationale avec les A après avoir participé à plusieurs rassemblements par le passé. Kendra Chery (21 ans) rejoint elle-aussi ses compères de la déjà très entreprenante génération 2001, représentée en tête de file par Marine Fauthoux et Iliana Rupert. Parmi ces filles déjà solidement installées, Alexia Chartereau et ses 80 sélections à seulement 24 ans, occupe un rôle de leadeuse qui se matérialise par son statut de vice-capitaine.
Meilleure jeune de la saison en LFB, Pauline Astier (20 ans, poste 1) a honoré sa première sélection en même temps que Marie Pardon (21 ans, poste 1). Elles ont tout de suite répondus aux attentes placées en elles en faisant preuves de caractères et d’assurances. Non retenues dans la liste finale, elles seront amenées dans le futur à devenir des pièces importantes du collectif.
La jeunesse est là, et elle n’a pas peur de prendre ses responsabilités. « C’est vrai que notre génération, nous n’avons jamais eu peur de quoi que ce soit. » dixit Marine Fauthoux dans les colonnes du site de la FFBB. Cette jeunesse-là sait saisir les occasions qui se présentent à elle et bénéficie d’une liberté assumée par Jean-Aimé Toupane : « Il faut les laisser oser et surtout tenter. Tous les champions ont tenté un jour et on est dans cette dynamique-là ». C’est dans cette ambiance saine et propice à la progression des jeunes joueuses que ces dernières auront l’occasion d’apporter toute leur fougue et insouciance durant ce mondial. Cet apport sera primordial et pourrait bien entamer une lente, mais sûre prise de pouvoir qui pourrait voir le jour dès cette compétition, chose qui serait de très bon augure pour le futur.
Quel objectif pour les Bleues ?
Pour Le Quotidien du Sport, Jean-Aimé Toupane a annoncé l’objectif « de se qualifier pour le quart-de-finale en terminant à l’une des quatre premières places ». Lors des diverses conférences de presse, les Bleues ont également montré la volonté de ne pas quitter le pays d’Oz s’en avoir accroché une médaille autour du cou. Le chemin qui les mènera vers une nouvelle médaille sera néanmoins des plus ardus.
Le basket féminin est en constante progression, et il voit éclore des nations produisant des joueuses de qualités et rendant les compétitions plus denses et attractives. Avec l’émergence de pays comme la Chine, le Japon, la Belgique ou encore le Mali, le championnat du monde 2022 s’annonce très relevé. « Il n’y a plus de petites équipes, équipes que l’on peut, entre guillemets, négliger » expliquait Alexia Chartereau pour le magazine Basket. Si les Bleues espèrent se hisser vers les quarts de finale, cela passera par des victoires de prestiges dans la poule* qui se présente comme la plus relevée des deux (Australie, Japon, Canada, Mali, Serbie). Mais avec le jeu mis en place par Jean-Aimé Toupane et la bonne préparation réalisée jusqu’ici, aucune équipe ne sera imbattable.
Dans l’idéal, les Françaises auraient la bonne idée de ne pas terminer à la quatrième place pour ne pas se voir affronter l’ogre américain dès les quarts de finale. À ce niveau, tout sera possible et le rêve de ramener la première médaille en coupe du monde depuis 1953 (médaille de Bronze) serait tout sauf insurmontable.
| Poste | L’effectif de l’équipe de France pour la coupe du monde 2022 : |
| Meneuse | Marine Fauthoux (21 ans, 1,74m) Lisa Berkani (25 ans, 1,76m) Marie-Ève Paget (28 ans, 1,71m) |
| Arrière | Mamignan Touré (27 ans, 1,83m) Sarah Michel (33 ans, 1,80m) |
| Ailière | Gabby Williams (26 ans, 1,80m) |
| Ailière-forte | Alexia Chartereau (24 ans, 1,90m) Kendra Chery (21 ans, 1,88m) |
| Pivot | Iliana Rupert (21 ans, 1,94m) Ana Tadic (24 ans, 1,95m) Helena Ciak (33 ans, 1,98m) Marième Badiane (28 ans, 1,90m) |
Photo de couverture : Icon Sport

