Plus de temps à perdre dans le Massachusetts, le management change de tête
Au lendemain de sa sortie de piste 4-1 face aux Nets de Kyrie, Boston a rapidement entamé un ménage de printemps au sein de son équipe dirigeante. Après 18 ans à la tête du management des Celtics, Danny Ainge laisse sa place à l’actuel entraîneur de la franchise Brad Stevens. Ce dernier n’est alors plus le coach principal, mais devient le Président des Opérations Basket du Massachusetts. Brad Stevens aura le devoir de trouver son successeur dans les prochaines semaines pour espérer aller un peu plus loin que le premier tour des Playoffs.
Photo : Pat Greenhouse / Boston Globe
Ce changement est inattendu. Voir partir un cadre de la NBA comme Danny Ainge, ancien champion avec les Celtics, est un signe fort de renouveau dans une franchise en perte de vitesse. Pour autant, les verts optent sur la continuité en déplaçant un coach qui a fait ses preuves vers un tout autre poste plus éloigné des parquets.
Après son échec, Boston aurait pu se séparer de son entraîneur, mais c’est justement celui qui est à la tête de la construction de l’effectif qui est prié de se trouver une autre maison. Apparemment, l’ex-GM pourrait vite rebondir… Le Jazz serait prêt à s’offrir les services du vieux de l’expérimenté Daniel. Champion en tant que dirigeant en 2008 — lorsqu’il avait assemblé un Big Three avec Paul Pierce, Kevin Garnett et Ray Allen —, sa plus grande réussite paraît déjà bien lointaine.
Puisque Brad Stevens, qui serait fatigué par le coaching, laisse une place vacante sur le banc des Celtics, la priorité de la franchise semble être la recherche d’un nouveau coach pour lui succéder. Plusieurs potentiels candidats ont déjà été annoncés, mais la NBA nous réserve toujours des surprises — nous en avons eu la preuve ce mercredi. L’assistant des Lakers Jason Kidd et l’ex-coach des Hawks Lloyd Pierce sont les deux noms qui ressortent pour le moment. Chauncey Billups, actuellement assistant coach aux Clippers, serait également sur la liste.
Nous souhaitions du renouveau la franchise au trèfle, nous ne sommes pas déçus. Cela devait arriver pour que les Celtics puissent retrouver de leur superbe. Réaliser ce changement avant le début des festivités d’été, entre Draft et ouverture du marché, est la meilleure décision qui pouvait arriver.
Boston a besoin d’un temps de réflexion après une saison complexe. S’occuper de la partie « staff » de la franchise avant de bricoler son effectif est un pari très cohérent. Il permettra, c’est certain, de draguer plus aisément des grands noms qui pouvaient douter à raison du projet celte. Un avenir qui, rappelons-le, s’annonce toujours centré sur son tandem Jaylen Brown — Jayson Tatum.
Coach K prend sa retraite : célébration d’un monument du Basket américain
L’entraîneur historique de l’Université de Duke Mike Krzyzewski se retirera à l’issue de la saison 2021-2022. Coach K a passé 41 saisons sur le banc des Blue Devils. Il a connu de nombreux succès avec les jeunes joueurs qu’il a su former, dont douze Final Four et cinq qui se sont terminés avec un titre NCAA.
Vingt-huit des prospects qu’il a façonnés ont d’ailleurs été des « lottery pick » à la Draft, signe de son excellent travail. Ses réussites les plus récentes étant Zion Williamson, Jayson Tatum ou encore Brandon Ingram — de quoi classer un homme.
Coach K, c’est aussi celui qui a repris le staff de Team USA, managé par Jerry Colangelo, suite aux désillusions successives du Championnat du monde en 2002 et des Jeux d’Athènes en 2004. La Redemption Team de Pékin, avec LeBron, Kobe, Melo ou encore Wade, c’est lui. Les titres aux JO de 2012 et 2016, c’est encore lui qui en est à la baguette.
Certes, il a eu le luxe de s’entourer des meilleurs joueurs du monde, mais ces derniers l’ont toutefois suivi et respecté dans la quête de médailles internationales. Car oui, en 2010 et 2014, Mike Krzyzewski décroche également deux championnats du monde avec un Kevin Durant au sommet de son art en Turquie et un Kyrie Irving qui se révèle au monde entier en terres espagnoles.
À 74 ans, la légende réalisera sa dernière danse au Cameron Indoor Stadium, histoire de célébrer une dernière fois son incroyable carrière. L’homme qui aura la lourde tâche de prendre la relève serait son assistant Jon Scheyer. Il a joué pour Krzyzewski de 2006 à 2010 et secondera l’entraîneur cette saison avec de définitivement le remplacer en 2022.
EuroLigue : le sacre des adultes, dernière ligne droite des Juniors
Dimanche dernier se jouait la finale de l’Euroligue. Elle opposait l’ogre barcelonais de Nikola Mirotic et Pau Gasol à l’Efes Anadolu du meneur Shane Larkin. La rencontre a tenu toutes ses promesses avec un score très serré jusqu’à ce que l’équipe turque prenne le large et s’impose 86-81 dans l’ultime match du Final Four.
Barcelone est mieux rentrée dans cette finale, mais dès le deuxième quart-temps l’Efes — déjà finaliste face au CSKA en 2019 — ne s’est pas laissé faire et a redoublé d’effort pour prendre l’avantage à la mi-temps (39-36). La seconde période a de nouveau tourné à l’avantage des Stambouliotes, bien qu’ils se soient fait peur dans le dernier quart-temps.
Le club turc a remporté la première Euroligue de son histoire grâce à un effectif soudé et expérimenté, comptant deux Français. Rodrigue Beaubois, champion NBA en 2011 avec Dallas, complète son magnifique palmarès. L’ailier fort Adrien Moerman, bien plus utilisé par son coach Ataman que l’autre français, grimpe lui aussi sur le toit de l’Europe après avoir gagné trois championnats de France par le passé.
Chez les jeunes, les U18 de l’ASVEL ont été invités à participer aux phases finales de l’Euroligue junior qui se disputent à Valence (Espagne) jusqu’à ce dimanche. L’équipe masculine, récemment championne de France Espoir, a réalisé une excellente entrée en matière en battant l’Étoile rouge de Belgrade ce jeudi (83-68). La formation lyonnaise, coachée par Pierre Parker, a pu compter sur les 15 points et 6 rebonds de François Wibaut et les 11 points et 7 rebonds de Killian Malwaya.
Malheureusement, ils n’ont pas fait le poids face au Real Madrid d’un Eli Ndiaye injouable (30 ponts, 15 rebonds), inscrivant les points décisifs d’une rencontre serrée sur la ligne des lancers francs. Malgré cette défaite (82-80), ils auront l’occasion de se rattraper contre Kaunas samedi, pour tenter de disputer la petite finale du tournoi.
Teddy vous assist
Photo : Robert Hanashiro / USA TODAY Sports
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Q : Qui sont les plus gros free agents cet été ? — Léa P.
R : En amont de la saison 2020-2021, plusieurs stars de la ligue ont prolongé leur contrat au sein de la franchise dans laquelle ils évoluaient. LeBron James, Giannis Antetokounmpo, Paul George ou encore notre Rudy national ont rempilé au tarif maximal alors qu’ils faisaient initialement partie de la liste des agents libres de l’été 2021. Au sein de celle-ci, il ne reste finalement plus grand-chose à se mettre sous la dent, ce qui ne nous privera pas pour autant des mouvements exaltants au sein des franchises NBA. Lorsque la période des transferts sera ouverte, ne t’inquiète pas Léa, tu en auras pour ton argent !
Les « plus gros free agents » (tu pourrais surveiller ton langage, soit dit en passant) sont tout de même nombreux. On trouve en tête de celle-ci CP3. Alors que l’on imaginait plutôt le malicieux Chris Paul d’activer sa player option à 44 M$, il envisagerait sérieusement de la décliner pour aller chercher son dernier gros contrat. Aux dernières nouvelles, le meneur des Suns aimerait plutôt signer pour trois ans et environ 100 millions de dollars. Un calcul intéressant et honnête pour tenter d’enfin trouver bague à son doigt avant de raccrocher les baskets.
Mais ce n’est pas tout ! Kawhi Leonard pourrait lui être libre cet été s’il décide de ne pas poursuivre chez les Clippers. Une défaite prématurée dans ces Playoffs pourrait l’aider à faire son choix.
Deux meneurs de classe « All-Star » figurent parmi les plus gros poissons du marché. Mike Conley, payé à prix fort au Jazz, ne sera plus sous contrat à Utah, tout comme Kyle Lowry aux Raptors. Sur la liste des joueurs transférables à la deadline de février, le champion 2019 a finalement terminé la saison à Tampa Bay. Son ancien compagnon de Toronto DeMar DeRozan est désormais tout aussi libre que lui. Cela m’étonnerait fortement qu’il reste à San Antonio, je me demande vers quelle destination l’ailier poursuivra son aventure, à quel prix et pour quel projet…
Je finirai cette liste non exhaustive avec des joueurs de calibres inférieurs, mais qui ont seront tout aussi pertinent à aller chercher cet été. Tim Hardaway Jr et ses excellents Playoffs, Goran Dragic pour un dernier projet compétitif, Dennis Schroeder et Montrezl Harell fuyants le marasme de LA ou encore le néo-Celte Evan Fournier qui pourra enfin être maître de son destin en juillet…
Q : Si les Clippers et les Lakers sont éliminés, qui est favori à l’Ouest ? — Raph
R : Les franchises californiennes ont connu des saisons bien différentes, mais toutefois assez mitigées, avec les hauts et les bas qu’engendre une régulière. En Playoffs les Clippers sont arrivés quatrièmes et devaient se parfaire des jeunes Mavericks, en pleine montée en puissance.
Pour les tenants du titre, le chemin fut encore plus complexe. Ils ont dû s’essayer à l’injuste Play-in puis se retrouver à la septième et affronter les deuxièmes de l’Ouest, pour un début de postseason loin d’être ensoleillé. Sur le score de 113 à 100, visiblement frustrant pour LeBron James, les Lakers ont été éliminés prématurément par les Suns. Une défaite qui pourrait être lourde de sens.
Phoenix réalise une entame de Playoffs dans la continuité de sa seconde partie de régulière. Les leaders sont, à tour de rôle, très performants et se retrouvent bien épaulés par des role players décisifs. Les Suns ont tout pour être la darling de ces Playoffs et pourraient bien le prouver dès le prochain tour face aux Nuggets. Le collectif de Monty Williams a fière allure et, malgré leur manque d’expérience, ne se laisse pas démonter lorsqu’il faut affronter LeBron et ses drôles de dames.
DeAndre Ayton et Devin Booker jouent, comme d’autres, leurs premiers Playoffs et sont tout aussi concentrés qu’un Chris Paul en fin de parcours. Ce dernier gère justement le tempo d’un effectif brillant, qui n’a peur de rien et qui croit en ses chances. Si offensivement, les Suns m’avaient fait bonne impression sur toute la saison, c’est en défense qu’ils confirment leur place au sommet de la NBA. Après avoir fait tomber l’un des grands favoris et avec l’avantage du terrain en demi-finales de conférence, l’Arizona fait figure de concurrent au titre très sérieux.
Pour autant, un second candidat me paraît désormais bien en rythme pour briguer les Finales NBA. Le Jazz d’Utah s’est rapidement relevé après sa défaite d’entrée de Playoffs. Cela arrive même aux meilleurs, et les mormons en font partie. Premiers de la ligue, ils ont montré leur supériorité une fois le retour de Donovan Mitchell dans leur rang.
Avec une courte rotation, l’équipe de Quinn Snyder a remporté son combat face aux Grizzlies. Rudy Gobert s’est encore illustré en maître de la défense. Quant à l’attaque, Jordan Clarkson, Bojan Bogdanović ou encore Royce O’Neal ont été fidèles à eux même en profitant de chaque espace laissé par Memphis pour s’octroyaient panier sur panier. Peu importe s’ils affrontent Luka et ses Mavs ou les Clippers en pleine remontée, je mettrais le Jazz net favori.
Quasiment deux ans après l’arrivée de Mike Conley, l’effectif développe parfaitement son jeu et il faudra être tenace pour vaincre ce groupe de Jazz au complet. Je les attends donc eux aussi en Finales de conférence pour un duel digne des plus grands Western, les Indiens de l’Utah contre les cowboys de Phoenix !
