Steve Nash s’en va, consumé par ses deux années de « challenges » aux Nets

par Benjamin Moubeche

D’abord, les rumeurs de départ de Kyrie Irving. Ensuite, la demande de transfert de Kevin Durant. Un mauvais début de saison et quelques péripéties improbables plus tard, s’ouvre ainsi un nouveau chapitre du drame des Brooklyn Nets : la rupture avec Steve Nash.

Ce mardi, le coach et sa franchise ont annoncé mettre un terme à leur collaboration d’un commun accord. Un dénouement attendu plus qu’un véritable coup de théâtre. Ce genre d’affaires, qui ferait l’effet d’un séisme ailleurs, est devenu le quotidien des Nets.

Steve Nash Brooklyn Nets
Steve Nash, coach des Nets, lors d’un match de pré-saison à Brooklyn le 3 octobre 2022. Photo : Elsa/Getty Images

Steve Nash, un passage marqué par les « challenges »

Nash, arrivé avant le début de la saison 2020-21, affiche un bilan de 94 victoires pour 67 défaites en tant que coach. Avec lui, Brooklyn n’a remporté qu’un seul tour de Playoffs. Un résultat décevant pour le Hall of Famer et double MVP, en grande partie justifié par le contexte difficile de l’équipe.

« C’était une expérience incroyable, avec de nombreux challenges, pour laquelle je suis très reconnaissant. C’était un plaisir de travailler avec les joueurs, le staff et le front office tous les jours », assure le Canadien dans un communiqué. Plus que le « plaisir », ce sont certainement les « challenges » qui caractérisent le mieux ses deux années sur le banc des Nets.

Dès le départ, les choses auraient difficilement pu plus mal commencer. « Je ne vous vois pas avoir un head coach », lançait Kyrie Irving, à peine un mois après la signature de Nash, dans le podcast de Kevin Durant. De son côté, l’ailier expliquait considérer le coaching du collectif comme un « effort collaboratif ».

Au-delà même de la mentalité des deux stars de l’équipe, Steve Nash a rarement été en position d’effectuer son travail correctement. Sur les 161 matches qu’il a coachés, il n’a pu compter sur le tandem Durant – Irving qu’à 64 reprises, soit moins de 40% des rencontres. L’entraîneur a vu l’effectif remodelé par le transfert de James Harden, puis celui de Ben Simmons peu de temps après. Une instabilité dans laquelle il est difficile de s’épanouir.

« Depuis son arrivée en tant que head coach, Steve a fait face à un nombre sans précédent de challenges », reconnaît Sean Marks. Le General Manager a tenu à féliciter l’ancien meneur des Suns pour « sa patience », signe supplémentaire que survivre à la moitié de son contrat est déjà impressionnant.

Après deux ans dans l’œil du cyclone, Steve Nash paraissait à bout de nerfs. Deux fautes techniques et une expulsion face aux Bucks, une colère palpable certains soirs… on avait parfois du mal à reconnaître l’optimiste qui s’est présenté comme le nouvel entraîneur de l’équipe il y a deux ans. Les Nets et leurs drames semblent l’avoir consumé.

Ime Udoka, prochain coach des Nets ?

Pour diriger l’équipe dans l’urgence, notamment ce mardi face aux Bulls, Jacque Vaughn assurera l’intérim. Considéré parmi les favoris pour le poste avant l’arrivée de Nash, ce statut de head coach sera toutefois provisoire. Brooklyn a la claire intention de recruter Ime Udoka, coach des Celtics, ce qui ne semble être qu’une question de temps.

D’après Adrian Wojnarowski d’ESPN, la signature pourrait être actée d’ici 24 à 48 heures. D’après Shams Charania de The Athletic, Boston aurait donné son accord pour les négociations. Il ne manque certainement plus qu’un paraphe en bas de page pour officialiser le tout.

Suspendu par sa franchise en raison d’une relation avec une autre employée et un comportement inapproprié avec celle-ci, ce choix d’entraîneur fait déjà polémique. La question morale, certes complexe, se trouve encore au centre du débat. Brad Stevens, président des Celtics, semble prendre la situation bien plus à cœur que le Front Office des Nets et est apparemment prêt à laisser partir Udoka.

Assistant des Nets en 2020-21 — ironiquement, sous la direction de Steve Nash —, Ime Udoka réussissait généralement à se faire entendre de Kevin Durant et Kyrie Irving. Le fait qu’il connaisse les cadres de l’effectif et son profil de leader sont sans doute les deux critères qui orientent Brooklyn vers ce choix.

Dès sa première année à Boston, l’ancien assistant de Gregg Popovich aux Spurs a atteint les Finales NBA. Il a prouvé qu’il était capable de coacher une équipe compétitive et de gérer les égos. Dans son cas, la question de la compétence ne se pose pas — l’obstacle reste moral.

12e de la Conférence Est, derrière les Pacers, les Nets doivent impérativement réajuster leur trajectoire s’ils espèrent obtenir des résultats cette année. 29e défense et seulement 16e attaque de la ligue, un changement de coach pourrait leur permettre de redresser le tir, au moins en partie. Qui qu’il soit, le nouvel entraîneur aura fort à faire et devra s’armer de résilience pour que Brooklyn, superbe équipe sur le papier depuis des années, parvienne à dépasser le stade de contender hypothétique.

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