Zion Williamson : le freak peut-il revenir à son niveau ?

par Raphaël Delaveaux

Un an d’absence, un an d’attente et un an d’espoirs. Avec seulement 85 matchs joués en trois ans, Zion Williamson a donné très peu de matière aux fans. Mais sur ce temps de jeu réduit, chaque observateur a pu voir à quel point le phénomène de la Nouvelle-Orléans peut devenir une superstar, même au milieu de cette concurrence féroce. Déjà All-Star à 22 ans, l’ailier fort doit se réintégrer dans un collectif qui a bien tourné sans lui. Un défi de taille, des ambitions augmentées, Zion et les Pelicans doivent se remarier.

Un freak blessé, un collectif qui tourne

Zion Williamson va-t-il se réadapter à l »équipe, c’est tout le casse-tête qui règne chez les Pels. Malgré ses moyennes statistiques (27 points, 7 rebonds, 4 passes décisives et 61% au tir) et son impact visuel, la meilleure saison des New Orleans Pelicans depuis son arrivée dans la ligue, c’est bel et bien la saison 2021-22, jouée du début à la fin sans lui. Ce résultat s’explique par un effectif mieux construit par rapport aux années précédentes. Mais il prouve aussi que le freak devra se battre pour se réintégrer complètement dans le collectif de la franchise.

Zanos a évidemment sa place de titulaire au poste 4, mais son retour devra passer par plusieurs points. Tout d’abord, sa capacité à rester en bonne santé. Son poids a longtemps été une question d’importance nationale. Jugé trop lourd par le staff – et par les observateurs et observatrices, à travers des photos qui montrent son embonpoint – Zion a poussé la franchise à ajouter une clause de poids dans son contrat afin de garantir des millions de dollars. L’ancien Blue Devil semble avoir pris le coup de pression au pied de la lettre, et a l’air d’avoir retrouvé la forme.

Malgré cela, en présaison, sa cheville a tourné. Une blessure que le coach Willie Green a évoquée : il est confiant sur le fait que l’intérieur ne va pas manquer une grande période. Une condition essentielle au bon développement de la franchise et de Zion.

Une réintégration qui pose des questions

Ensuite, son fit dans le cinq majeur. Sans l’ailier fort, les Pelicans ont réussi à trouver des réponses. Après un début de saison compliqué (1-12 sur les 13 premiers matchs), les Pels ont intégré Herbert Jones, puis Jaxson Hayes à la place de Zion Williamson. Une solution temporaire certes, mais qui a permis à l’équipe de réussir sa deuxième partie de saison, grâce aux arrivées de C.J McCollum, puis de Larry Nance Jr au poste 4. Un beau joueur de complément, qui peut concurrencer le freak sur la rotation intérieure.

Zion et BI, les deux All-Star du projet, vont se retrouver. – Photo : Sean Gardner / Getty Images

Avec un playmaker comme C.J, l’ancien pensionnaire de Duke ne peut que développer plus amplement son jeu et sa palette offensive. Il devra mener, ou compléter selon les séquences, les envies et les besoins offensifs de C.J, de Brandon Ingram et de Jonas Valanciaunas. Avec un pourcentage au tir similaire (au-dessus des 60%), le collectif devrait profiter du retour de Zion Williamson.

Zion Williamson a tenu à prévenir les supporters de son retour en forme. « Ils vont voir que j’ai mûri sur et en dehors du terrain. Ils vont aussi voir que mon jeu a évolué. Je vais montrer au monde des choses de mon arsenal que je n’avais jamais montré auparavant », a-t-il déclaré pour Sports Illustrated. Une bonne nouvelle pour les fans de la franchise.

Passer un cap en 2022-23

Le next step, tant au niveau individuel que collectif. Zion doit se montrer comme un nouveau leader, poussé par son meneur de jeu vétéran (C.J McCollum) et par un ailier polyvalent, Brandon Ingram. Aussi, le poste 4 doit trouver une certaine complémentarité avec le pivot lituanien Jonas Valanciunas. Le frontcourt est bien plus porté sur l’attaque. Mais, là où les deux joueurs qui le composent doivent se compléter, c’est au rebond et en défense.

Les intérieurs dominants sont légion en NBA, entre Nikola Jokic, Joël Embiid, Giannis Antetokounmpo et bien d’autres. Les soirs où les Pelicans jouent un d’entre eux, les deux big men vont devoir se relayer pour les contenir, au risque de voir leurs minutes ensemble diminuer drastiquement. En ce qui concerne le rebond, Jonas en est plus friand, et Williamson doit s’accorder avec son acolyte pour savoir quand courir, et quand sécuriser le ballon.

L’an passé, CJ McCollum a volé au secours de Pelicans sans Zion. Photo : Michael Reaves / Getty Images

En équipe, les Pelicans ambitionnent à coup sûr un bilan positif. 36 victoires pour 46 défaites la saison passée et un effectif amélioré. Une saison complète de Zion, C.J et Brandon peut logiquement apporter 5 succès supplémentaires à la franchise du Bayou. Le fort ailier, s’il arrive à tenir sa place sur le terrain, va marquer plus de 25 points tous les soirs, en étant inarrêtable physiquement. Et c’est tout ce que demande Willie Green. Un joueur présent, pesant sur les défenses sur le parquet et dans les têtes. Il doit continuer à améliorer son shoot, pour permettre à l’équipe de redevenir létale. Un vrai tour de force qui doit être réalisé par le joueur.

Les New Orleans Pelicans veulent retourner en playoffs et se muer en une vraie menace dans cette jungle de l’ouest. Avec Zion Williamson au poste 4, la franchise ambitionne d’être à nouveau l’une des belles histoires de la saison 2022-23. Tant que le freak garde sa place sur le terrain, le spectacle et les résultats seront assurés. Rendez-vous le 20 octobre, à 1h30, sur le parquet des Nets, pour un test grandeur nature en ouverture de la saison NBA.

Photo de couverture : Michael Gonzales / NBAE via Getty Images

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