La belle adaptation de Rudy Gobert chez les Minnesota Timberwolves

par Raphaël Delaveaux

À l’aube de sa 10e saison NBA, Rudy Gobert a changé de couleur. Le triple All Star et défenseur de l’année est associé à un autre pivot, Karl-Anthony Towns, dans la raquette. Une association qui soulève quelques critiques quant à sa compatibilité. En seulement quatre matchs, Gobzilla s’acclimate à une nouvelle franchise, de plutôt belle manière. Est-ce que cela sera suffisant pour que le pivot fasse passer ce cap tant attendu à Minnesota ? Zoom sur une saison pleine d’ambition.

L’arrivée de Rudy Gobert, la fin d’un long hiver chez les Loups ? – Crédit : Getty Images

Une acclimatation éclair

Après neuf ans passés du côté de Salt Lake City, le pivot français a rejoint les Minnesota Timberwolves, dans un transfert XXL cet été. En échange qui l’a vu rallier le Minnesota contre Malik Beasley, Patrick Beverley, Walker Kessler, Jared Vanderbilt et 4 choix du premier tour de la Draft. Un changement d’air dont avait besoin le grand défenseur pour continuer à se développer.

Tout de suite, Gobert a fait du Gobert. En quatre matchs, et malgré une petite performance face aux Spurs (11 points, 7 rebonds, et une défaite 115 à 106), le pivot contenu dans ses standards des trois dernières saisons : Il est à 14,5 points et 15,3 rebonds de moyenne, accompagnés de 1,8 contre et de 65,8 % au tir. L’intérieur profite des belles qualités collectives de son équipe, avec en tête son partenaire dans la raquette Karl-Anthony Towns, ainsi que son meneur de jeu D’Angelo Russell, les deux meilleurs passeurs des Wolves. 

S’acclimater à un jeu avec deux pivots en 2022, c’était une chose plutôt compliquée sur le papier. Au cours de ce petit échantillon, l’on a pu observer quelques flashs de ce que peut donner cette association très intrigante sur le papier. Du jeu à deux, pas mal de passes de Towns vers Gobert, et quelques alley-oops très aériens entre deux coéquipiers de plus de 2,10 m. La machine de mettre du temps pour vraiment se rôder, mais ces quelques prémices sont de bon augure pour la suite.

Un cinq majeur qui doit encore se trouver

Avec deux intérieurs dans le 5, les arrières doivent trouver leur place dans ce niveau système qui laisse moins d’espace. – Photo : Jordan Johnson / NBAE via Getty Images

Pour ce qui est du reste du 5 majeur, Anthony Edwards est un peu en deçà de sa saison passée, où l’arrière a pris les rênes de l’équipe après le All-Star break. Moins en rythme, il ne tourne qu’à 25 % à trois-points, un chiffre qu’il devra faire remonter s’il veut que la sauce prenne dans le Minnesota. D’Angelo Russell réalise un joli début de saison, avec pas loin de 20 points, 5,5 passes décisives et 4,5 rebonds.

Une belle ligne de stats et des pourcentages corrects pour le meneur qui retrouve des couleurs grâce au jeu intérieur développé avec le Français. De quoi se rattraper après ses playoffs ratés. Jaden McDaniels hausse lui aussi ses standards, en passant de 9 à 11 points de moyenne, pour celui qui a le rôle du défenseur extérieur chez les loups.

Ce qui manque à Minnesota, c’est la réussite à 3 points. La franchise ne tourne qu’à 28,7 % derrière l’arc depuis le début de cette saison 2022-23. Un chiffre trop insuffisant, s’ils veulent viser le top quatre de la conférence Ouest.

Ils ont d’abord subi deux défaites face à des équipes plus faibles sur le papier, les San Antonio Spurs et le Utah Jazz. Des défaites en ouverture d’exercice, mais qui pourraient déjà coûter cher aux Timberwolves dans la course aux playoffs. Le cinq majeur ne bougera vraisemblablement pas de la saison, il semble complémentaire au premier abord.

Karl-Anthony Towns doit trouver ses marques

Même si l’adaptation de l’intérieur dominicain va prendre un peu de temps, ces quatre premières rencontres montrent que jouer à deux intérieurs en 2022 demande de la patience et des ajustements. Pour preuve, Towns est assez loin de ses standards ou de ses moyennes les plus hautes en carrière, avec cette saison des moyennes de 20,3 points (26,5 pour sa meilleure saison) et 8,3 rebonds (12,4 rebonds en 2018-19). Pour ce qui est des rebonds, on pouvait s’y attendre avec l’arrivée de Gobert. Mais pour ce qui est du scoring, on pouvait espérer mieux de la part de l’intérieur.

La présence de Gobert dans la raquette devrait offrir à KAT de s’écarter et de jouer plus physique avec les postes 4 adverses. Mais pour l’instant, les moyennes au tir du pivot sont en dessous de la normale : 41% au tir et 31% depuis le parking, des chiffres qui sont loin des standards du KAT.

Avec l’arrivée du Français, Karl-Anthony Towns n’a plus d’excuse pour gagner. – Photo : Jason Miller / Getty Images

Il est la clé, le joueur majeur qui, grâce à l’arrivée de Rudy Gobert, va passer un cap et permettre aux Wolves de devenir de sérieux contenders. Un palier que les vols vont devoir passer très rapidement, au vu de la concurrence féroce de la conférence Ouest. Coup de chance pour les coéquipiers de Rudy Gobert, leur calendrier de début de saison est plutôt léger. Ils affrontent encore deux fois les Spurs, et devront se rattraper de leur défaite. Les Timberwolves jouent aussi contre les Lakers, les Rockets et les Knicks lors de leurs 7 prochains matchs. Abordable au premier abord, ce calendrier doit pouvoir les situer dans les 5 premières places de l’ouest à l’issue des 10/15 premiers matchs.

Le banc, un problème attendu

Le recrutement de Rudy Gobert fournit forcément son lot de contreparties négatives. Et la première qui saute aux yeux, c’est le banc de la franchise. Mis à part Jaylen Nowell, qui culmine à 14,5 points par rencontre, aucun autre joueur ne dépasse les 7,3 points de moyenne. Un apport très faible qui est la cause principale de ce début d’exercice moyen de l’équipe.

Kyle Anderson, qui doit contribuer à cette seconde unit, n’a disputé que deux rencontres pour 1 point et 11 minutes de moyenne par match. Bryn Forbes, formidable shooteur, ne joue que 8 minutes par match. Jared McLaughlin est moins efficace qu’auparavant. Taurean Prince surnage avec ses 7,3 points et 3 rebonds, mais le banc au global doit s’améliorer pour permettre aux Minnesota Timberwolves de viser les sommets. Luka Garza, en contrat two-way, peut s’imposer comme une pièce importante à l’intérieur. Des joueurs comme Austin Rivers peuvent aussi apporter au scoring, pour ce banc qui en a grandement besoin.

Que peuvent viser les Minnesota Timberwolves ? 

Le duo KAT-Gobert, une raquette assez solide pour dominer la NBA ? – Photo : Jordan Johnson / NBAE via Getty Images

Grâce à ce début de saison clément, les Wolves peuvent prendre rapidement confiance et se hisser dans les sommets de la conférence Ouest. Avec 2 victoires pour 2 défaites aujourd’hui, en ayant joué 3 des 4 ou 5 pires équipes annoncées de la conférence, le bilan reste toutefois mitigé. Jouer 3 fois les Spurs en une semaine semble être une aubaine pour la franchise. Être en haut du classement au plus vite peut fournir de la confiance et du liant au collectif, qui doit s’acclimater à l’arrivée de Rudy Gobert et au jeu à deux intérieurs.

Ce sera dur, mais pas impossible, avec du temps, de la volonté, des cadres qui step-up et un banc qui rentre quelques tirs, les Wolves deviendraient difficile à manœuvrer pour n’importe quel collectif. Seul l’avenir nous dira ce que cette expérimentation de twin towers version basket moderne donnera ! Patience dans le Minnesota.

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