Conference Est Preview NBA L'Analyste

3 équipes à suivre à l’Est en 2022-23

par Enzo Brule

Chaque saison, la NBA a son lot d’équipes à suivre. Entre rookies, recrues stars ou encore nouveaux head coachs, il y a beaucoup de raisons de s’intéresser certaines franchises d’un peu plus près que les autres. Pour cette saison 2022-23, nous allons revenir sur trois équipes de la Conférence Est : le Orlando Magic, les Detroit Pistons et les Cleveland Cavaliers.

Orlando Magic

En reconstruction depuis 2020 et les transferts de Nikola Vucevic, Evan Fournier et Aaron Gordon, le Magic avait peu d’ambition la saison passée. Avec 22 victoires pour 60 défaites, Orlando a terminé la 15e et dernière place de l’Est. L’objectif de leur saison était clair : développer les jeunes et de récupérer le plus haut choix de Draft possible.

4e choix de la Draft 2021, Jalen Suggs était particulièrement attendu cette année. L’arrière a joué 48 matchs pour 11,8 points et 4,4 passes décisives de moyenne. Les chiffres sont décevants : seulement 36,1 % au tir, 3 fautes et 3 pertes de balle par match. Cela peut paraître inquiétant, mais le meneur est seulement un rookie et a peut-être seulement besoin de temps pour se développer.

Orlando Magic NBA
Franz Wagner, Jalen Suggs et Cole Anthony, trois hommes importants côté Magic. Photo : Gary Bassing/NBAE via Getty Images

Drafté quatre places plus bas, Franz Wagner a été la plus grande satisfaction du côté du Magic. Cité dans la course au trophée de Rookie of the Year, l’ailier affiche des moyennes de 15,2 points à 46,8 % au tir, 4,5 rebonds et 2,9 passes décisives. Wagner s’est fait la réputation d’un joueur à la fois agréable à regarder et fiable.

L’exercice 2021-22 était aussi l’occasion de voir à l’œuvre le nouveau head coach du Magic : Jamahl Mosley. L’ancien coordinateur défensif de Dallas a obtenu son premier poste d’entraîneur en Floride. S’il est impossible tirer un véritable bilan compte tenu du contexte, on peut néanmoins saluer le jeu qu’il a mis en place. Dans cette équipe en reconstruction, il a réussi un créer un jeu plaisant à regarder, axé sur la défense.

Une intersaison calme

ArrivéesDéparts
Paolo BancheroRobin Lopez
Caleb HoustanIgnas Brazdeikis
 Freddie Gillespie

Le move le plus important de l’été d’Orlando est logiquement la Draft de Paolo Banchero. Premier choix, l’ailier fort américano-italien débarque en Floride avec la ferme intention d’assumer de grandes responsabilités. Préféré à Chet Holmgren et Jabari Smith, il devrait récupérer les clés de l’attaque dès sa saison rookie. Les attentes sont très fortes autour de l’ancien de Duke, qui a rapidement été retiré du roster de Summer League après deux matchs de bonne facture. Au second tour, le Magic a jeté son dévolu sur Caleb Houstan, ailier shooter, un test peu coûteux pour le Magic.

Deux autres moments cruciaux de l’intersaison : les prolongations de Mo Bamba et Bol Bol. Pour Bamba, c’est un contrat de 21 millions de dollars sur deux ans, avec seule la première année garantie. Pour lui, c’est peut-être l’occasion ou jamais de prouver sa valeur en NBA.

En ce qui concerne Bol Bol — récupéré lors d’un transfert la saison passée —, l’intrigant pivot a également signé un contrat de deux ans, mais pour 4 millions de dollars. Malgré son potentiel, l’ancien de Denver n’a jamais réellement prouvé qu’il avait sa place en NBA et cette offre est une superbe opportunité pour lui.

Le joueur à suivre : Jonathan Isaac

Arrivé à la Draft 2017, Jonathan Isaac n’a jamais satisfait les grandes attentes autour de lui. « Injury Prone », l’ailier fort n’a pas joué depuis deux saisons, une éternité dans la grande ligue. Il a pourtant signé, l’an passé, une prolongation à hauteur de 69 millions sur quatre ans, dont une seule année garantie.

Isaac devrait enfin faire son retour sur les terrains en 2022-23. En forme pour le training camp, il sera intéressant de déterminer s’ik est capable de reprendre sa place dans l’effectif. Actuellement, c’est le nouveau Banchero qui devrait se voir attribuer le poste 4 dans le cinq majeur, tandis que Moritz Wagner et Chuma Okeke se battent pour les mêmes minutes.

Jonathan Isaac sous le maillot d’Orlando. Photo : Harry Aaron/Getty Images

Cette nouvelle année est l’occasion de prouver sur plusieurs points : celui de la santé et celui du jeu. Pour la santé, il sera primordial pour lui de se montrer apte à jouer sous les ordres de Jamahl Mosley. Pour le jeu, si Isaac était considéré comme un défenseur d’élite avant sa blessure, il y a une forte inquiétude sur sa capacité à se rapprocher de son niveau d’antan.

À quoi s’attendre cette saison ?

Le cinq majeur idéal :

  • Markelle Fultz
  • Jalen Suggs
  • Franz Wagner
  • Paolo Banchero
  • Wendell Carter Jr

La saison 2022-23 devrait s’inscrire dans la continuité de 2021-22. Si le Play-In ne semble pas si impossible à atteindre, il n’est pas dans l’intérêt d’Orlando de le jouer. L’objectif est de continuer à développer les jeunes et de laisser le head coach solidifier son groupe et l’améliorer tactiquement — car lui aussi est en saison sophomore. Cependant, même si on retrouvera la franchise dans le bas de tableau, le Magic s’annonce comme l’une des équipes les plus plaisantes à suivre.

Detroit Pistons

En pleine reconstruction, les Pistons ne cherchaient pas à jouer le top de la Conférence Est l’année dernière. 14e avec 23 victoires pour 59 défaites, Detroit a seulement fait jouer ses jeunes et tenté d’obtenir le plus haut choix de Draft possible.

Parmi les rares satisfactions, Cade Cunningham. Premier choix en 2021, il a pleinement assumé les attentes malgré un début de saison compliqué dû à une blessure. En 64 matchs, il affiche des moyennes de 17,4 points, 5,6 passes décisives, 5,5 rebonds en 32,6 minutes par match. Une saison très réussie qui lui a valu des mentions régulières dans la course au titre de Rookie of the Year.

Cade Cunningham, leader de ces nouveaux Pistons. Photo : Nic Antaya/Getty Images

De leur côté, Isaiah Stewart et Saddiq Bey se sont imposés comme d’excellents role players. Stewart, dans son année sophomore, a montré qu’il était le pivot du futur pour Detroit. Avec 8,3 points, 8,7 rebonds et 1,1 contre par match, il a beaucoup progressé depuis sa saison rookie.

À 23 ans, Bey s’est également imposé comme une pièce centrale du projet des Pistons cette année. Avec 16,1 points et 5,4 rebonds de moyenne, l’ailier sort d’un exercice très abouti et très rassurant pour l’avenir de la franchise. Deux cadres parfaits pour entourer Cade Cunningham.

Un été fait d’opportunités

ArrivéesDéparts
Jaden IveyJerami Grant
Jalen DurenLuka Garza
Bojan BogdanovicCarsen Edwards
Kevin KnoxSaben Lee
Buddy BoeheimKelly Olynyk
Nerlens Noel 
Alec Burks 
Gabriele Procida (reste en Europe) 

L’intersaison a été mouvementée pour Detroit. À la Draft, Jaden Ivey (5e choix), Jalen Duren (13), Gabriele Procida (36) et Buddy Boeheim (non drafté) ont posé leur valise dans la Motor City. De jeunes talents qui pourraient jouer un rôle déterminant dans l’avenir de l’équipe. Ivey étant l’arrière qui devrait former le backcourt avec Cunningham, il est la véritable star de cette intersaison.

Les arrivées de Nerlens Noel et Alec Burks sont là pour entourer ces jeunes joueurs et offrir de la fiabilité au roster dans les seconds rôles. Tout comme Bojan Bogdanovic, fraîchement arrivé du Jazz, qui devrait être titulaire au poste 4 et qui apporte une expérience cruciale à l’effectif.

Le joueur à suivre : Marvin Bagley III

Arrivé la saison passée dans un transfert avec Sacramento, Marvin Bagley n’a jamais montré le niveau attendu d’un deuxième choix de Draft. Souvent raillé pour avoir été sélectionné devant Luka Doncic ou encore Trae Young, il a l’opportunité d’enfin prouver sa valeur en NBA. Dans une équipe concentrée sur les jeunes, il aura certainement du temps de jeu régulièrement durant la saison.

Sur ses 18 petits matchs joués dans le Michigan, dont huit en tant que titulaire, Bagley tourne tout de même à 14,6 points, 6,8 rebonds et 1,1 passe décisive de moyenne. Son pourcentage au tir est lui aussi correct (55,5 %). Cependant, il doit nettement progresser à trois points et aux lancers francs, où il affiche seulement 22,9 % et 59,3 % de réussite.

Marvin Bagley sous les couleurs de Detroit. Photo : Nic Antaya/Getty Images

En concurrence avec Bogdanovic, Isaiah Livers et éventuellement Stewart, l’ancien joueur des Kings a une carte à jouer au poste 4. Mis à part Bogdanovic, Stewart n’est pas un ailier fort de formation et Livers sera probablement en bout de banc. Un contexte propice pour trouver des minutes et prouver ses capacités d’adaptation.

Cet été, Detroit lui a offert une prolongation à hauteur de 37 millions sur trois ans, un gage de confiance, mais aussi une opportunité de relancer sa carrière. À voir si on devra qualifier Marvin Bagley de « bust » dans les années à venir ou s’il se révélera enfin.

À quoi s’attendre cette saison ?

Le cinq majeur idéal :

  • Cade Cunningham
  • Jaden Ivey
  • Saddiq Bey
  • Bojan Bogdanovic
  • Isaiah Stewart

L’effectif de Detroit a des qualités, mais elles sont limitées. Le Play-In semble une marche encore trop haute pour les hommes de Dwane Casey. On devrait voir les Pistons — qui auraient avantage à drafter haut — encore dans les bas-fonds de la Conférence Est, en attendant de construire un effectif taillé pour leurs ambitions futures.

Killian Hayes, Cade Cunningham, Saddiq Bey ou encore Isaiah Stewart vont bénéficier d’une année supplémentaire pour se montrer. En ce qui concerne le premier, il doit montrer qu’il a le niveau pour conserver sa place dans l’effectif. Les autres doivent continuer sur leur lancée.

Cleveland Cavaliers

Cleveland faisait partie des équipes les plus suivies de la ligue l’année dernière. Avec un bilan de 44 victoires contre 38 défaites, on peut dire que la fin de saison des Cavaliers est un peu décevante. Étant l’une des équipes les plus agréables à voir jouer et l’une des plus surprenantes, ceux que tout le monde voyait accéder aux Playoffs ont chuté à la 9e place de l’Est après la blessure de Jarrett Allen.

Pour le Play-In, les Nets n’ont laissé aucune chance à Cleveland, définitivement éliminé par les Hawks au match suivante. Une conclusion qui contraste avec la saison folle de cette équipe.

Au-delà du résultat final, l’essentiel est positif. L’effectif a connu une majorité de belles surprises, principalement Darius Garland et Evan Mobley.

Garland a réalisé une troisième saison de très haut niveau. Devenu le leader du roster, il a été récompensé par une sélection All-Star Game, chez lui, à Cleveland. Avec 21,7 points, 8,6 passes décisives et 3,3 rebonds de moyenne, il est peut-être la révélation de 2021-22.

Mobley a quant à lui fait forte impression dès son arrivée dans la ligue. Devancé par Scottie Barnes pour le trophée de Rookie of the Year, il a tout de même signé une année digne de ce titre. Il affiche des moyennes de 15 points, 8,3 rebonds, 2,5 passes décisives et 1,7 contre, avec un impact défensif très important.

Un été pour briller

ArrivéesDéparts
Donovan MitchellOchai Agbaji
Ricky RubioLauri Markkanen
Robin LopezCollin Sexton
Raul NetoMoses Brown
Isaiah MobleyTacko Fall
 Denzel Valentine
 Ed Davis

L’arrivée de Donovan Mitchell représente un véritable séisme pour Cleveland. Transféré par Utah, le triple All-Star vient former un backcourt explosif avec Darius Garland. Son transfert a coûté à Cleveland Ochai Agbaji, tout juste drafté, Lauri Markkanen et Collin Sexton, mais surtout une lourde compensation à la Draft, dont trois premiers tours.

Donovan Mitchell, entouré de Koby Altman (à gauche) et JB Bickerstaff (à droite). Photo : David Liam Kyle/NBAE via Getty Images

Le second recrutement le plus important est en fait un retour, celui de Ricky Rubio. Blessé la saison dernière après de bons débuts, il avait été envoyé en Indiana dans le transfert de Caris LeVert. Retrouver ce vétéran, qui apporte une expérience et une maîtrise certainement très utiles, n’a pas coûté cher au Front Office — 18 millions de dollars sur trois ans.

Mais rien n’arrive sans sacrifice et Cleveland a tout de même dû se séparer de deux éléments importants de son roster. Au fil de l’été, la prolongation de Collin Sexton semblait de plus en plus probable. Seulement, celui que les Cavaliers avaient drafté au 8e choix de la Draft 2018 ne semblait plus avoir sa place avec l’explosion de Garland et a été envoyé au Jazz dans le trade de Mitchell.

Lauri Markkanen a également fait ses valises pour Salt Lake City. Arrivé en 2021, il n’y aura finalement passé qu’une seule saison. Avec des hauts et des bas, il s’était révélé intéressant dans la rotation de JB Bickerstaff.

Il faut bien sûr noter la récente extension de contrat de Dean Wade. L’ailier fort de 25 ans a signé un contrat de trois ans pour 18 millions de dollars pour clôturer l’intersaison.

Le joueur à suivre : Isaac Okoro

Drafté par Cleveland en 2020, le 5e choix a souvent été reconnu pour ses qualités défensives. Véritable atout de son propre côté du terrain, il a aussi souvent déçu offensivement. À l’aube de ses deux dernières années de contrat rookie, Isaac Okoro aura sans doute à cœur de montrer qu’il a bien sa place dans la rotation de JB Bickerstaff.

Défensivement, son activité sur le terrain ne se retranscrit pas dans les statistiques. 3 rebonds, 0,8 interception et 0,3 contre en 29,6 minutes de moyenne la saison dernière, un bilan numérique tout de même faible. Il gagnerait certainement à ce que son impact défensif se ressente plus souvent dans sa production statistique.

Isaac Okoro aura du travail la saison prochaine. Photo : Michael Reaves/Getty Images

Offensivement, c’est là que le bât blesse. Avec 8,8 points de moyenne la saison passée, sur des pourcentages de 44,6 % au tir et 35 % à trois points, il est généralement la dernière option offensive quand il est sur le terrain. Son efficacité lui est très souvent reprochée. Dans une NBA axée sur l’attaque, son profil de spécialiste pose parfois problème. Une progression sur ce point serait pour lui un grand pas en avant.

Compte tenu du talent du backcourt, Okoro devra impérativement s’imposer au poste d’ailier. Ses compétences permettraient de combler le manque défensif du duo Garland — Mitchell. À lui désormais de mériter ses minutes dans la rotation, voire sa place dans le cinq majeur.

À quoi s’attendre cette saison ?

Avec l’arrivée de Donovan Mitchell, Cleveland est passé d’équipe de Playoffs à une équipe qui peut, à terme, viser le titre. Si Koby Altman a été clair et qu’il ne souhaite mettre aucune pression sur son équipe, une saison similaire à la précédente serait un échec cuisant. Le roster a les qualités pour finir dans les six premiers de la Conférence Est et enfin revoir la postseason, sans LeBron James.

Leur donner le statut de contender dès le début de saison serait sans doute précipité. L’effectif est encore jeune et l’intégration de Mitchell prendra du temps. Mais, quoiqu’il en soit, Cleveland est devenu l’une des équipes les plus intéressantes de la ligue et devrait le rester pendant plusieurs années.

Photo : Fernando Medina/NBAE via Getty Images

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