Hugo Besson Metropolitans 92 Boulogne-Levallois

Hugo Besson, aux Metropolitans pour passer un cap

par Benjamin Moubeche

Hugo Besson a toujours du chemin à faire. Il le sait. Sélectionné en 58e position par les Bucks, le dernier pick de la Draft 2022, le Français n’a pas encore gagné sa place en NBA. Aux Metropolitans, l’arrière vient avant tout pour trouver la route qui le mènera à ses objectifs de carrière.

Lorsque son nom a été appelé au buzzer cet été, il y avait finalement assez peu de chances que Milwaukee l’intègre à son roster pour la saison. Les joueurs choisis en fin de second tour ont rarement cette chance, un constat d’autant plus vrai chez l’un des favoris au titre. Mais Besson, 21 ans, a mis le pied dans la porte et a l’intention décrocher son ticket d’entrée depuis Boulogne-Levallois.

« J’ai su à la fin de la Summer League que je n’allais pas être conservé par les Bucks », expliquait-il sur sa chaîne YouTube pendant l’intersaison. « À Boulogne, j’ai pris en compte le fait que j’allais pouvoir me développer physiquement, puisqu’on n’aura qu’un match par semaine. Le calendrier me permet de faire de la musculation tous les jours, et c’est ce que les Bucks ont demandé. Pour jouer en NBA il faut être hyper physique, et c’est ce qui me manque. »

Tout juste revenu en France, l’arrière a déjà entamé sa transformation. Il assure avoir pris 8 kg depuis le 15 août et se sentir au meilleur de sa forme. « Je bosse tous les jours à la musculation, je mange bien, je vais vite, je vais haut », énumère-t-il en conférence de presse.

Un contexte idéal pour passer un cap

Le club français a cette année construit un projet centré sur la jeunesse, autour de la pépite Victor Wembanyama — annoncé partout comme le futur premier choix de la Draft 2023. À ses côtés, Bilal Coulibaly (18 ans), Amel Traore (19) et Hugo Besson nourrissent également de grandes ambitions. Le Palais des Sports Marcel Cerdan s’est ainsi métamorphosé en centre de formation pour ces talents qui espèrent atteindre le plus haut niveau.

Le coach Vincent Collet n’aborde pas cette nouvelle année de compétition comme toutes les précédentes. Le mot d’ordre, cette fois-ci, est la progression. « Pour qu’ils deviennent les joueurs que l’on espère, et qu’ils espèrent devenir eux-mêmes, il y a des choses à apprendre. On doit travailler. On va parler, faire de la vidéo, corriger, on va apprendre », explique-t-il.

De retour de l’EuroBasket, le sélectionneur de l’équipe de France n’est pas encore tout à fait au point sur ses plans pour la saison. Il a toutefois prévu un planning d’entraînement plus intense et plus spécialisé. « Même la veille du match, on s’est entraîné pendant deux heures. […] On aura parfois des jours avec deux séances, avec du travail individuel et du travail réduit (à un groupe spécifique) », détaille Collet. Une approche qui explique la construction de son groupe, avec de jeunes joueurs volontaires et prêts à s’entraîner davantage que des vétérans.

Logiquement, le projet des Metropolitans attire de nombreux scouts. Plusieurs observateurs se sont déplacés depuis les États-Unis pour voir la première à domicile de cet effectif prometteur, Wembanyama en priorité. Un cadre idéal pour Hugo Besson, parfait pour se mettre en valeur.

Une première performance à domicile encourageante

Pour le premier match de la saison à Levallois, les locaux recevaient l’Élan béarnais de Pau-Lacq-Orthez. Les visiteurs, qui ont pourtant décroché une victoire impressionnante face à Strasbourg ce week-end, n’ont pas réellement eu leur chance dans cette rencontre. Premier succès de 2022-23 pour les Mets, avec une large avance (82-59).

Alors que la star de l’équipe a rapidement dû quitter le parquet à cause de ses fautes, Besson a pris le match à son compte. En sortie de banc, l’arrière a terminé à 18 points et 4 passes décisives en 18 minutes, à 6-8 au tir. Il a fini meilleur marqueur de la rencontre, devant les 13 joueurs qui ont obtenu davantage de temps de jeu.

Le meilleur espoir de Pro B en 2021 cherche encore ses repères dans cette équipe et dans ce championnat. De retour d’une année en Australie et d’un été en NBA, il doit se refamiliariser avec le jeu européen et s’acclimater à son rôle dans l’effectif. « Ce n’était que le deuxième match de la saison », explique-t-il. « Je n’étais pas habitué à sortir du banc, c’est nouveau pour moi. J’essaie de m’adapter. »

Cette première performance est un beau signe d’adaptation et de progrès. Chaque minute passée sur le terrain, le natif d’Angers a contribué au succès de Boulogne-Levallois dans ce match. Principal porteur de balle lorsqu’il est sur le parquet, il a initié l’attaque pour lui et ses coéquipiers.

Il a brillé par les qualités de scoreur qu’on lui connaissait déjà, ses trois points (2-4), sa capacité à terminer près du cercle (4-4) ou à provoquer des lancers (4-6). Mais il s’est également illustré par ses passes spectaculaires et sa vision de jeu. « Il a été plus créateur que vendredi. Il a été plus varié dans ses prises de risques […] et l’a fait plutôt de façon juste », a analysé son coach à la fin de la rencontre.

Surtout, si une chose ressort en particulier de son match, c’est peut-être son implication de son propre côté du terrain. « Il a fait un effort défensif qu’on ne lui connaissait pas », reconnaît Vincent Collet. « Je l’ai déjà félicité d’ailleurs. Les premiers jours, j’étais un peu affolé par ce qu’il faisait en défense, ou plutôt ce qu’il ne faisait pas. Ce soir, il a fait de gros efforts. »

Ce n’est que le début de la saison, mais Hugo Besson se montre déjà sous son meilleur jour. Physiquement, techniquement et dans tous les domaines du jeu, l’arrière montre des signes très prometteurs. Le premier pas d’une très longue série vers la carrière de ses rêves.

Photo : Metropolitans 92

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