Miralem HALILOVIC

Miralem Halilovic : « Je pourrais écrire un livre avec les problèmes que j’ai eus aux Balkans »

par Hugo Le Vay

Si Jusuf Nurkic était bel et bien la star de la sélection bosnienne à l’EuroBasket, Miralem Halilovic n’a pas à rougir de sa très bonne compétition. Arrivé en 2017 en France, le pivot de 31 ans sort d’une bonne saison avec les Mets de Boulogne-Levallois (10,7 points, 5,9 rebonds) et vient de rejoindre Nanterre et son coach Pascal Donnadieu.

Présent au Media Day de la Ligue Nationale de Basket, L’Analyste a pu échanger avec Halilovic sur sa signature chez les Verts, ses problèmes avec les clubs des Balkans et son EuroBasket avec la Bosnie-Herzégovine.

L’Analyste : Vous avez signé à Nanterre, comment vous sentez-vous après cette signature ? 

Miralem Halilovic : Je trouve ça super. L’équipe s’est intéressée à moi pendant la saison. C’était super de travailler avec coach Pascal (Donnadieu). Je pense que son jeu offensif et son style vont bien avec moi, que ça va être bon pour moi. C’est une bonne signature et je reste dans la région parisienne. J’aime cet endroit, cette culture.

Qu’est-ce que vous aimez dans la ligue française ? En quoi est-elle différente des autres ligues ? 

Miralem Halilovic : Je dirais que c’est la ligue la plus structurée, la mieux organisée, la plus intéressante. Il y a un All-Star Game, la ligue est diffusée. C’est bien de la suivre et d’en faire partie. La sécurité financière est importante quand on la compare au pays des Balkans. Là-bas, on n’est pas toujours payé à temps, donc ça fait une grosse différence. Pour ma famille, en particulier, c’est bien de vivre en France avec l’école et la sécurité sociale. C’est un super endroit, je l’aime bien et c’est pour ça que je reste.

« Je pourrais écrire un livre avec les problèmes que j’ai eus aux Balkans. »

Vous avez eu des problèmes pour être payé dans les pays des Balkans ? 

Miralem Halilovic : Oh, mon dieu, je pourrais écrire un livre avec les problèmes que j’ai eus aux Balkans. Parfois, j’étais payé jusqu’à six mois en retard. Quand j’étais en France, je vérifiais tout le temps si j’avais mon salaire, par habitude. C’est arrivé dans de grands clubs. Tout le monde sait, ce n’est pas un secret. Il y a peut-être quelques équipes qui payent dans les temps, mais pas la plupart.

Vous avez joué avec l’équipe nationale de Bosnie lors de l’EuroBasket, comment était-ce de retrouver la sélection ? Avez-vous le sentiment que la Bosnie aurait pu espérer un meilleur résultat ? 

Miralem Halilovic : La situation était très mauvaise avant l’EuroBasket. On a changé le coach, on a eu de gros problèmes financiers. On n’était même pas sûr de pouvoir se rendre à l’EuroBasket. L’atmosphère était très mauvaise autour de l’équipe et de la fédération. On voyageait dans des conditions terribles. On s’est rendus au Monténégro en bus, ça a pris 16 heures. Il y a une photo de Jusuf Nurkic et moi assis en classe économique dans un avion, sans aucune place. On parle d’un mec payé 17 millions par les Trail Blazers.

Quand on prend tout cela en considération, on a quand même réussi à gagner contre la France et la Slovénie. On peut se dire que ce n’était pas si mal. Même ces deux victoires ont été une véritable joie. On n’a pas passé les phases de groupes, mais l’équipe s’est battue, a travaillé dur. On a vu que les gens de notre pays étaient heureux. On a montré aux gens qu’on pouvait le faire, c’était génial.  

Quel est le plus beau souvenir de votre carrière ? 

Je dirais que c’est cette victoire contre la Slovénie. J’ai plein de souvenirs en club, mais vous ne pourrez jamais avoir cette émotion ailleurs qu’en équipe nationale. Parce que quand vous jouez pour un pays, il y a plein de gens pour qui vous jouez. Vous pouvez voir les larmes dans leurs yeux. Surtout dans nos pays. On est passés par la guerre, il y a beaucoup de problèmes, notamment des problèmes d’argent. Une victoire comme celle contre la Slovénie représente tellement de choses pour notre peuple. Cela va au-delà du sport. Il y a de vieilles dames qui nous arrêtent dans la rue pour nous remercier. Ça n’a pas de prix. C’est pour ça que c’est surement le plus beau souvenir de ma carrière. 

Photo : Hugo Pfeiffer/Icon Sport via Getty Images

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