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Raccourcir la saison NBA : Pourquoi ? Pourquoi pas ? Comment ?

Les arguments et contre-arguments pour un changement de format, ainsi que les systèmes envisageables

par Benjamin Moubeche

Blessures, load management, baisse d’intérêt… un exercice de 82 matches peut parfois paraître très long. Depuis quelques années, la question d’un raccourcissement de la saison NBA prend de plus en plus de place dans le débat.

La ligue elle-même envisagerait de changer de format, s’il s’avère qu’un autre modèle apparaît comme plus pertinent. « Je ne suis pas contre l’idée de changer le format de la saison », a expliqué Adam Silver, le commissioner de la NBA, en conférence de presse. « Je suis même prêt à réfléchir à la raccourcir si nous arrivons à prouver que cela a un impact direct sur les blessures. »

Alors, pourquoi envisage-t-on de raccourcir la saison ? En quoi ce changement est-il difficile à mettre en place ? Et quelles sont les alternatives au format actuel ?

Pourquoi raccourcir la saison ?

1. Les blessures — Le premier argument pour une saison moins intense, Adam Silver le relève d’ailleurs immédiatement, est la fréquence des blessures. Dans une discipline où chaque action représente un risque pour les athlètes, un grand nombre de matches, joués sur une période restreinte, augmente fortement les chances de blessure.

En effet, il n’est pas rare de voir des injury reports particulièrement remplis à l’approche des Playoffs. Certaines absences après le All-Star Break affectent d’ailleurs beaucoup les collectifs, à l’image de Jarrett Allen avec les Cavaliers cette année.

Naturellement, les blessures impactent directement le niveau de la compétition. 2021 avait marqué un nouveau record de All-Stars absents en postseason. Cette année encore, de nombreux joueurs de premier plan ont manqué au moins un match de Playoffs. Parmi eux, Devin Booker, Jimmy Butler, Luka Doncic ou encore Khris Middleton. Des absences qui auraient peut-être pu être évitées dans une saison plus courte. Mieux vaut prévenir que guérir.

2. Le load management — Pour contourner ces problèmes de blessures, les franchises ont recourt à une méthode qui pose également question : le load management. En fin d’exercice, elles ont tendance à reposer leurs meilleurs joueurs pour éviter les blessures et assurer leur fraîcheur physique pour les Playoffs.

Ces repos déçoivent souvent les fans, notamment ceux qui ont acheté leurs billets pour voir leurs stars préférées et qui ont peut-être même voyagé pour cette occasion.

3. L’intérêt des derniers matches — Les téléspectateurs, eux aussi, sont gênés par ces absences. L’autre difficulté que pose la longueur de la saison et le load management est la baisse de l’intérêt des fans.

En effet, le classement de certaines équipes est déjà déterminé bien avant les 10 ou 15 derniers matches de la saison. Et si, en plus, les stars ne jouent plus ces rencontres, elles perdent alors énormément d’intérêt. Cela affecte non seulement l’expérience des spectateurs, mais aussi les audiences de ces confrontations.

4. Sortir de la concurrence avec les autres ligues — Steve Koonin, CEO des Hawks, soutient depuis 2020 l’idée d’un exercice qui commencerait en décembre. L’objectif : ne plus d’empiéter sur la saison de la NFL et de la MLB. Dans une saison plus courte, il serait bien plus simple de faire débuter les rencontres au mois de décembre et d’éviter les matches majeurs d’autres championnats. Contourner la concurrence avec ces ligues permettrait ainsi de maximiser les audiences.

5. Sortir de la concurrence entre équipes — Il arrive régulièrement que deux équipes NBA jouent au même moment. Si éviter les autres sports aurait un effet positif sur les audiences, ne plus programmer deux matches simultanément aurait sans doute des conséquences similaires.

6. Des déplacements plus simples — Composer le calendrier est un véritable casse-tête logistique. Il n’est pas rare, par exemple, que certaines équipes partent pour de très longs road trips, car leur ville ou leur salle est occupée par un événement. Sur ces périodes, le programme devient alors difficile pour ces franchises qui enchaînent les rencontres à l’extérieur.

De plus, au moment de prévoir les voyages, il faut prendre en compte la disponibilité de l’équipe à l’extérieur ainsi que celle qui joue à domicile. C’est ce qui pousse dans certains cas des franchises de l’Est à se rendre à 2 ou 3 reprises en Californie en cours de saison. En effet, lors de leur premier road trip, l’une des quatre équipes qui jouent dans cette zone doit parfois disputer une autre rencontre. Moins de matches permettraient donc de limiter ces occurrences et d’organiser des déplacements plus simples, moins fréquents et moins fatigants.

Réduire le nombre de confrontations par saison devrait, en théorie, résoudre ces six problèmes au moins partiellement. Dans un exercice moins long, il y aurait probablement moins de blessures et moins de load management, ainsi que des joueurs en meilleure forme pour les Playoffs. De même, les matches seraient dans l’ensemble plus intéressants, plus regardés et plus simples à programmer.

Changer de modèle : pourquoi est-ce compliqué ?

En réalité, le problème est bien plus compliqué qu’il n’y paraît. La ligue ne s’accrocherait pas à sa saison de 82 matches sans raison.

1. Les droits TV — Si la NBA veut changer de format, elle devra renégocier les droits TV locaux et nationaux, ce qui n’est jamais une mince affaire. La fin du contrat actuellement en place est fixée à 2025, ce qui représente sans doute la première fenêtre pour envisager de raccourcir la saison. Ce problème est à l’heure actuelle perçu comme le plus grand obstacle à ce projet.

Moins de matches, c’est également moins d’argent. Toutefois, la NBA s’attendrait à une augmentation majeure du montant du prochain accord. La ligue devrait demander 75 milliards de dollars, bien plus que les 24 milliards du précédent deal. Ses revenus passeraient ainsi de 2,6 milliards à 8 milliards de dollars par an.

Certes, l’offre finale sera certainement moins élevée avec des saisons plus courtes, mais elle devrait tout de même représenter une grande augmentation par rapport aux revenus actuels de la ligue. D’autant plus que cette différence devrait en partie être compensée par la maximisation des audiences et un nouveau calendrier qui n’empièterait plus sur d’autres diffusions sportives.

Il n’est donc pas tout à fait question de pertes, mais de manque à gagner. Ce ne sera sans doute pas facile à accepter, mais cela reste bien plus réaliste que si nous parlions de véritables pertes.

2. La billetterie — La deuxième raison est elle aussi financière. Les franchises et leurs propriétaires bénéficient grandement de la longueur du calendrier. En effet, 41 matches à domicile représentent 41 occasions de remplir la trésorerie.

Dans l’absolu, moins de rencontres signifient moins de revenus pour chaque équipe — ce qui serait difficile à faire passer auprès des propriétaires — et pour un vrai écosystème économique. Les joueurs, coaches et exécutifs ne sont pas les seuls à travailler pour les franchises NBA. De nombreux salariés et business dépendent également de la saison et pourraient être grandement affectés par ce changement.

Pour compenser, les équipes seront sans doute tentées d’augmenter le prix du billet. Cela ne laisse que trois solutions aux propriétaires : accepter de perdre de l’argent sur la billetterie, augmenter le prix des billets ou, plus simplement, refuser de modifier le format de la saison.

3. Le manque de garanties — Il est difficile de prouver qu’un plus petit nombre de matches réduirait véritablement la fréquence des blessures. Certaines restent de l’ordre du simple accident. « Bien sûr, si les joueurs ne sont pas sur le terrain, ils ne se blesseront pas. Mais nous n’arrivons pas à identifier pour le moment une claire hausse des blessures en cours de saison à cause de la fatigue », a notamment commenté Adam Silver.

Il en va de même pour le load management. Pour que leurs joueurs arrivent toujours plus frais en Playoffs, il n’est pas impossible qu’ils soient mis au repos même sur un calendrier moins condensé.

La corrélation entre la longueur de la saison, le nombre de blessures et le load management semble évidente. Toutefois, sans données pertinentes, on ne peut pas parler d’autre chose que d’intuition. En l’état, un exercice plus court ne présente aucune garantie.

4. Départager les équipes — Quel qu’il soit, il faut que le format de la saison régulière soit assuré de correctement départager les équipes pour être fonctionnel. Suffit-il d’une cinquantaine de matches, de 70, de 82 ? C’est un point de tension majeur, que nous essaierons d’éclaircir plus tard, et qui conforte la NBA dans son système actuel.

5. De nouveaux standards statistiques — Certains y voient également un problème statistique. En effet, la plupart des records ont été établis dans des saisons de 82 matches. Un changement de format compliquerait la comparaison entre les joueurs et équipes de différentes époques. Ce n’est sans doute pas dissuasif, mais on ne peut négliger aucun aspect du débat.

Pour toutes ces raisons, diminuer le nombre de rencontres par saison avant 2025 semble irréaliste. Et si les droits TV pourraient ne plus être un problème cette année-là, il reste tout de même de multiples questions qui devront trouver une réponse d’ici là et de sérieux obstacles à ce projet.

Quelles sont les alternatives à la saison de 82 matches ?

Pour changer de format, il ne suffit pas de dire qu’une « cinquantaine de matches » sont assez pour établir un classement. Encore faut-il proposer une alternative viable au modèle actuellement en place.

Au total, selon le format effectif, chacune des 30 franchises de la NBA dispute 82 matches au cours d’une saison régulière. Pour le moment, voici comment est composé le programme d’une équipe :

  • 4 matches contre les 4 autres équipes de la division (16 au total)
  • 4 matches contre 6 autres équipes de la conférence (24)
  • 3 matches contre les 4 équipes restantes de la conférence (12)
  • 2 matches contre les 15 équipes de la conférence opposée (30)

L’exercice 2021-22 a commencé le 19 octobre et s’est terminé le 10 avril. Sur 173 jours, soit 25 semaines, chaque équipe a donc joué une moyenne de 3,3 matches par semaine.

Ce format n’est peut-être pas parfait, mais certains principes de construction doivent être préservés. Pour un minimum d’équité, chaque franchise doit disputer au moins deux matches face à chaque adversaire — un à domicile, l’autre à l’extérieur. Aussi, il est préférable de jouer plus de rencontres contre les équipes de la même conférence, puisqu’elles sont plus importantes pour le classement.

Soulignons d’ailleurs que la composition du calendrier est guidée par deux principes : l’équité compétitive et les coûts. Il faut ainsi garder en tête ces deux éléments dans la construction d’un format potentiel. Il est par ailleurs essentiel de définir des « tie-breakers », des moyens de départager les équipes à égalité dans le classement. Ils reposent actuellement sur sept facteurs, dont six liés au bilan.

Ces composantes ne laissent que trois alternatives pertinentes au modèle de 82 matches : 72 et 58 matches.

Note : les tableaux qui suivent ne sont pas des projections des formats envisagés, mais le bilan des équipes après x rencontres. Beaucoup de facteurs, tels que la composition du calendrier et le nombre de jours de repos entre chaque match, n’ont pas été pris en compte. Il s’agit seulement de montrer si, après x matches, les résultats étaient déjà sensiblement similaires à ceux d’une saison à 82 matches.

Le système de 72 matches

Format saison NBA 72 matches

Composition :

  • 3 matches contre les 14 autres équipes de la conférence (42 au total)
  • 2 matches contre les 15 équipes de la conférence opposée (30)

Différences notables par rapport aux résultats de la saison 2021-22 :

  • 34 différences de position par rapport au format de 82 matches
  • Les Cavaliers qualifiés en Playoffs à la place des Raptors
  • Les Timberwolves qualifiés en Playoffs à la place des Nuggets
  • Les Lakers participent au Play-In au lieu des Spurs
  • Changements majeurs dans le tableau des Playoffs à l’Est

Rythme : 2,9 matches par semaine (-0,4)

En cas de changement du format, il y a fort à parier que la NBA décide d’adopter ce modèle spécifique. En 2020-21, pour s’adapter à la pandémie de Covid-19 et après la bulle d’Orlando, la ligue avait décidé de composer son calendrier de cette manière. Il a donc été testé et constitue sans doute le meilleur compromis entre toutes les possibilités.

En effet, la réduction de 10 matches permet aux équipes de bénéficier d’un jour de repos supplémentaire toutes les deux semaines. Cela offre une marge de manœuvre supplémentaire pour éviter les back-to-backs, et ainsi limiter les blessures et le load management. Cette flexibilité permettra également d’éviter les grandes affiches de la NFL et de la MLB dans la plupart des cas.

En disputant trois rencontres face à chaque équipe de la conférence, les tie-breakers sont plus faciles à définir. Au sein de la même conférence, il suffit de prendre en compte les affrontements directs et de choisir l’équipe au bilan positif (2-1). On peut toujours se reporter aux méthodes actuellement en place pour départager deux franchises de conférences opposées. L’équipe qui joue deux matches à domicile contre son adversaire est déterminée de manière aléatoire.

Toutefois, si la saison 2021-22 avait été jouée en 72 matches, l’issue aurait pu en être bien différente. La participation des Cavaliers aux Playoffs, par exemple, aurait peut-être pu changer le cours de la compétition. De même pour celle des Lakers et des Nuggets au play-in.

Surtout, on observe que les dix derniers matches de la saison ont été déterminants pour le seeding de la postseason. Les Bucks, au lieu des Bulls, auraient dû affronter l’équipe sortant du play-in — probablement les Nets ou les Raptors — au premier tour. Ils auraient d’ailleurs rencontré les Sixers ou les Cavaliers au deuxième. Les Celtics, en Finales NBA cette année, auraient dû affronter les Bulls, puis le Heat dès les demi-finales de conférence. Ils n’auraient pas eu l’avantage du terrain face aux Bucks ou aux 76ers.

À l’Ouest, les Wolves auraient pris la place des Nuggets face aux Warriors. Les Grizzlies, eux, auraient dû jouer contre l’équipe sortant du play-in. De même, les Mavericks n’auraient pas eu l’avantage du terrain contre le Jazz, dans une série qui s’est terminée en sept matches à Dallas. Des changements majeurs dans la compétition.

Encore une fois, il faut rappeler que le classement n’aurait pas tout à fait été le même dans un véritable format à 72 matches. Cependant, si l’on présente les dernières rencontres de l’année comme peu importantes, on observe tout de même qu’ils ont joué un rôle crucial cette année.

Quoiqu’il en soit, ce format constitue au premier abord le meilleur compromis entre réduction du nombre de confrontations et équité de la compétition. De plus, les 150 matches de moins par saison (sur 1230 actuellement) pourraient largement être compensés par la renégociation des droits TV.

Le système de 58 matches

Format saison NBA 58 matches

Composition :

  • 2 matches contre les 29 autres équipes de la ligue (28)

Différences notables par rapport aux résultats de la saison 2021-22 :

  • 68 différences de position par rapport au format de 82 matches
  • Les Cavaliers qualifiés en Playoffs à la place des Raptors
  • Les Lakers et les Blazers participent au Play-In au lieu des Spurs et des Pelicans
  • Changements majeurs dans le tableau des Playoffs à l’Est

Rythme : 2,3 matches par semaine (-1)

58 matches est le minimum que la NBA devrait considérer en cas de réduction du nombre de rencontres. Ce format d’« allers retours », que l’on retrouve notamment dans le football, revient à jouer à l’extérieur et à domicile face à chaque équipe. Il maximise l’équité sportive, la flexibilité, ainsi que le repos des athlètes.

En arrangeant les choses, ce format pourrait justement permettre à la NBA de débuter sa saison en décembre pour éviter au maximum le calendrier de la NFL et de la MLB. La légèreté du programme permet bien sûr de limiter les confrontations simultanées pour la télévision, ainsi que les back-to-backs pour les joueurs. Surtout, il diminue le nombre de road trips, réduisant donc grandement les frais de déplacement et la fatigue des athlètes.

Il est toutefois le modèle le plus coûteux à mettre en place. En effet, chaque équipe ne jouerait plus que 29 matches à domicile, soit près de 30% de rencontres en moins. Il faudra également que la NBA accepte de vendre 870 affiches aux diffuseurs, au lieu de 1230. La maximisation des audiences et la renégociation des droits compenseront en grande partie, mais le manque à gagner reste particulièrement important.

Avec ce système, il sera aussi plus difficile de départager les franchises à égalité. Il sera plus rare que deux équipes se départagent sur les confrontations directes avec seulement deux matches joués, et donc de grandes possibilités d’arriver à 1-1. Le principe de divisions n’a plus de sens non plus dans cette composition. Il restera cependant les cinq facteurs suivants pour trancher.

D’un point de vue compétitif, les changements sont majeurs. Si la saison 2021-22 s’était arrêtée après 58 matches, les brackets de Playoffs auraient été bien différents. Les Lakers et les Blazers auraient disputé le Play-In à la place des Pelicans et des Spurs, ce qui aurait pu changer beaucoup de choses à l’Ouest. Encore une fois, les Mavericks n’auraient pas eu l’avantage du terrain face au Jazz.

À l’Est, les choses auraient été radicalement différentes. Les Bulls, 6e de la conférence après 82 matches, auraient fini à la première place où ils auraient affronté une équipe sortant du play-in. Par la force des choses, cette équipe aurait pu être les Raptors, puisque les Cavaliers se seraient qualifiés directement en Playoffs. Ces derniers se seraient retrouvés face aux 76ers avec l’avantage du terrain. Boston aurait dû jouer contre Miami dès le premier tour, en tant que 6e seed.

Après 58 rencontres, la saison 2021-2022 n’aurait certainement pas eu la même issue. La chute des Bulls est sans doute le meilleur argument en faveur de la pertinence des 24 confrontations suivantes. Nous pouvons donc, à juste titre, nous demander si cela suffit à réellement départager les équipes en saison régulière.

Autres considérations

Il est aussi possible d’envisager un système à 62 matches, avec une rencontre supplémentaire face à chaque équipe de la division. Ce format ne diverge pas beaucoup du modèle à 58 confrontations. Toutefois, il permettrait d’organiser deux matches de plus à domicile, avec des déplacements sur de courtes distances.

Se pose également la question de l’expansion. Si Adam Silver a affirmé que la NBA ne discutait pas pour le moment d’une implantation dans de nouvelles villes, il a en outre annoncé que l’expansion aurait lieu tôt ou tard. La présence de deux franchises supplémentaires dans la ligue pourrait justement être l’élément déclencheur vers ce changement de format.

L’ajout de nouvelles franchises, sans modification du programme, compliquerait grandement l’organisation du calendrier. Il faudrait aussi prévoir plus de déplacements, ce que la NBA cherche à éviter. Dans ce cas, réduire le nombre de matches permettrait de minimiser les problèmes logistiques et les déplacements. Les deux équipes d’expansions compenseront également en partie les rencontres supprimées, ce qui limitera l’impact de ce changement de format sur la renégociation des droits TV.

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