Ousmane Dieng Draft

Draft 2022 : Ousmane Dieng et cinq talents destinés au premier tour

Dyson Daniels, Ousmane Dieng, Mark Williams, Malaki Branham, Jalen Williams, Ochai Agbaji

par Florian Tixier

Après avoir présenté 14 joueurs qui devraient occuper les premières places de la Draft NBA le 22 juin, il est temps d’aller jusqu’à la 20e place de ce qui devrait composer la majorité du premier tour. Focus sur six profils qui auront une place certaine au Barclays Center et, à n’en pas douter, un impact rapide dans la grande ligue.

Dyson Daniels

Freshman (19 ans) – G League Ignite – A/MJ – Lottery assurée

Les grands porteurs de balle, le nouveau profil représenté par Dyson Daniels en 2022. Photo : KeShawn Ennis/Getty Images

Sa cote ne cesse de monter depuis quelques semaines. Recrue de second plan derrière Jaden Hardy dans l’Ignite, il semble de plus en plus clair que Dyson Daniels partira dans le top 10 le 22 juin prochain.

Leader australien de sa classe d’âge, il s’est montré au monde lors de l’U19 de 2021 et a choisi de rejoindre la G League au lieu de rester dans le confort australien. Dyson Daniels est un très grand meneur de jeu de plus de 2,0m et dispose de capacités de playmaking hallucinantes pour sa taille. Un meneur de jeu enfermé dans un corps d’ailier, qui n’oublie pas ses attributs physiques pour autant. Daniels est un défenseur extérieur de premier plan et devrait apparaitre comme élite rapidement sur les arrières NBA.

Au-delà de son playmaking, Daniels s’est montré à son avantage lors du combine par sa capacité à scorer à mi-distance, notamment grâce à un floater efficace. Intelligent et mature pour son âge, Daniels plait, car il est capable d’être dangereux tant sur pick and roll qu’en transition.

Qu’est-ce qui peut donc poser lui poser problème pour possiblement sortir du top 10 ? Même s’il est capable d’être efficace offensivement, il a encore besoin d’avoir la balle dans les mains pour se montrer à son aise. Son handle et son agressivité n’en feront surement pas un porteur de balle principal en NBA, alors que sa capacité à se créer son propre shoot n’en font pas non plus une menace de premier ordre. Si on rajoute à cela un tir derrière la ligne encore en chantier, on obtient un prospect intéressant, mais qui trouvera meilleur que lui à l’échelon supérieur.

Dyson Daniels est un jeune avec un potentiel certain. Fort défenseur et créateur, il doit encore progresser dans son attaque du cercle et son jeu loin du ballon (déplacement et tirs) pour passer un cap. Malgré tout, il est déjà habitué au jeu NBA et s’est montré capable d’évoluer dans beaucoup de rôles dans sa carrière. Des qualités qui devraient lui assurer une place dans la lottery.

Comparaisons :

  • L’évidence Josh Giddey
  • Ricky Rubio
  • Lonzo Ball

Ousmane Dieng

Freshman (19 ans) – New Zealand Breakers – AI/A – Milieu de premier tour

Le project player de cette Draft pour un potentiel français illimité. Photo : Steve Bell/Getty Images

Cocorico, voici l’apport bleu blanc rouge de la Draft 2022. Formé à l’INSEP, Ousmane Dieng a décidé de continuer sa formation en Océanie en compagnie d’Hugo Besson, aux New Zealand Breakers.

À peine 19 ans pour 2,10m et une combinaison taille/mobilité/longueur associée à des flashs de création et de tirs. C’est peu dire si Dieng est un profil parfait pour les franchises NBA. Capable de créer grâce à un handle et une vision surprenante pour sa taille, il a impressionné tout le monde par sa progression dans le championnat Australien tout au long de l’année.

D’abord en difficulté, l’ailier a affiché une confiance et un talent débordants sur les dernières semaines de compétition avec des performances de patron. Son profil physique en fait un mismatch permanent, un potentiel créateur de premier plan depuis l’aile. Dieng a montré de réelles capacités de shotmaking, de jeu sans ballon et même un potentiel de défenseur féroce dans une ligue où il rendait de nombreuses années à ses adversaires directs.

On pourrait lui reprocher son début d’année en dents de scie du côté de la Nouvelle-Zélande. Mais peut-on vraiment reprocher un temps d’adaptation à un jeune d’à peine 18 ans qui s’exporte à l’autre bout du monde, alors qu’il a montré qu’il pouvait s’adapter durant l’année ?

On peut davantage s’inquiéter sur son futur rôle dans la ligue, sans véritable poste attitré. On salive sur son potentiel, mais si l’explosion ne suit pas, Ousmane Dieng pourrait se retrouver bloqué entre plusieurs positions, et son rôle ne sera jamais assumé. Avec un tir encore en chantier, une dureté parfois remise en question et un jeu off ball trop limité, on attend de lui de sérieux progrès pour devenir le leader d’une génération française.

Ousmane Dieng est LE projet de cette Draft. Encore très vert, il devrait être sélectionné par une franchise qui saura se montrer patiente et qui voudra lui faire confiance sur le long terme.

Comparaisons :

  • Gordon Hayward
  • Kyle Anderson en plancher
  • Un potentiel à la Paul George ?

Mark Williams

Sophomore (20 ans) – Duke – P – Milieu de premier tour

Mark Williams, le pogostick de 2022, un jeune pivot venu de Duke. Photo : Tom Pennington/Getty Images

2,19m de hauteur, 2,33m d’envergure et quasiment 3 contres de moyenne en à peine 23 minutes par match du côté de Duke. Vous avez tout le profil de Mark Williams en cette simple phrase.

Pivot titulaire des Blue Devils cette année l’année, le sophomore a assuré la défense surprenante de Duke — aux côtés des futurs draftés Keels, Moore, Griffin et Banchero — en faisant le travail de l’ombre. Mark Williams est avant tout un phénomène physique monstrueux. Grand, très long et mobile, Williams a tout du pivot role player moderne. Un profil de rim runner et de protecteur de cercle qui lui va comme un gant.

Avec des statistiques au contre et au rebond aussi impressionnantes, on ne demandera pas beaucoup plus à Williams que de protéger son cercle, de courir en transition, de s’ouvrir derrière les picks pour jouer les menaces de lob et d’assurer sur les switchs. Il en est capable.

Au-delà de cela, on n’achète pas forcément Williams en lottery, car le champ des possibles reste restreint. Un rôle bien défini, certes, mais un rôle limité qui existe ailleurs dans la grande ligue. Pourquoi « gâcher » un top pick alors que l’on peut avoir ce profil au minimum en NBA ? Si on rajoute à cela une dureté parfois remise en question et un shoot en désastre complet (seulement 53 % aux lancers francs), on obtient un profil intéressant, mais qui trop limité sur le papier pour intéresser autre chose qu’une équipe à la recherche d’un vrai pivot.

Comparaisons :

  • DeAndre Jordan
  • Clint Capela
  • Bismack Biyombo

Malaki Branham

Freshman (19 ans) – Ohio State – A/AI – Milieu de premier tour

Branham, l’arrière-star qui pourrait en surprendre plus d’un. Photo : Mark Alberti/Icon Sportswire via Getty Images

Alors qu’il avait débuté tout en douceur, Malaki Branham a vu sa côte véritablement exploser ces dernières semaines, depuis qu’il a été élu meilleur freshman de la Big Ten en NCAA.

Branham est un arrière/ailier bien formé de presque 2,0m pour plus de 212 centimètres d’envergure. Toute la saison, il porté l’attaque d’Ohio State. Ce qui saute aux yeux et qui attire chez ce joueur, c’est la pression qu’il met sur le cercle en permanence. Branham est un scoreur doté d’une hallucinante capacité à attaquer le cercle, en tant que porteur de balle ou loin du ballon. Le Buckeye tourne à plus de 72 % de réussite au cercle. Avec une polyvalence offensive certaine, il peut driver férocement, mais il dispose aussi d’un jeu à mi-distance et même d’un tir à trois points tout à fait respectable, comme le montrent ses 42 % de réussite derrière la ligne.

On dispose donc ici d’un joueur très agressif et surtout efficace en attaque (63 % de true shooting, un superbe chiffre pour un arrière freshman). Mais le joueur d’Ohio State montre aussi des affinités défensives plus qu’intéressantes avec un corps puissant et réactif, quand il veut faire les efforts.

Malgré tout, certains se questionnent sur la régularité de l’arrière. A-t-il mis du temps à s’adapter au jeu NCAA pour l’éclabousser de son talent ou cette fameuse fin de saison n’est qu’un trompe-l’œil en sur-régime du côté de l’Ohio ? Alors que son handle et sa création pour les autres lui font défaut pour passer un cap, sa sélection de tirs montre aussi que le cap « porteur de balle principal » sera un mur surement infranchissable pour lui.

Le talent et les flashs qu’a montré Malaki Branham sont malgré tout trop importants pour passer à côté. Potentiel guard de premier plan pour une équipe qui va loin, les front offices de la lottery ne devraient pas laisser passer le meilleur joueur formé à Saint Vincent St Mary depuis un certain… LeBron James.

Comparaisons :

  • Malik Beasley
  • Malik Monk plus solide

Jalen Williams

Junior (21 ans) – Santa Clara – AI/A – Milieu de premier tour

Jalen Williams, un role player de qualité. Photo : Kamil Krzaczynski/NBAE via Getty Images

C’est la surprise de ce dernier mois avant la draft. Annoncé en fin de second tour depuis plusieurs mois, Jalen Williams se fraie un chemin pour le milieu de premier tour, voire la lottery d’après certains front office NBA.

Ce n’est pas facile tous les jours de se montrer à la lumière du grand public quand on joue dans une petite fac comme Santa Clara, c’est pourtant ce qu’a réussi Williams. L’ailier est un junior de 21 ans, mesuré à plus ou moins 2,0m dont l’envergure se rapproche clairement de celle d’un oiseau avec plus de 2,18m. Avec un corps prêt, une envergure monstrueuse, des instincts défensifs de premier plan et un joli 40% à trois points, Jalen Williams voit sa côte exploser, car il et LE 3&D de cette draft.

Pour toute franchise qui veut le rôle player parfait, plug and play immédiat capable d’apporter sur plusieurs contrats, Jalen Williams est le profil idéal. Alors qu’on l’a même vu créer en NCAA, il est capable d’avoir ce playmaking offensif, d’avoir ce trio dribbler/passer/shooter qui nous laisse entrevoir plus qu’un 3&D à l’échelon supérieur. Un profil caché depuis trois ans à Santa Clara, en train de faire tourner la tête à beaucoup de managers à l’approche de la draft.

Attention malgré tout à ne pas sur-vendre ce joueur. Role player sûrement excellent dans la grande ligue, ne devient pas Kawhi Leonard qui veut. Alors qu’il s’est montré capable de créer en NCAA, on parle tout de même de Santa Clara, minuscule programme NCAA. Ses capacités athlétiques sont dans la moyenne et il ne dispose d’aucune véritable capacité offensive élite. Sera-t-il capable de sortir de ce rôle de 3&D à terme ?

Comparaisons :

  • Mikal Bridges
  • Andrew Wiggins
  • Devin Vassell

Ochai Agbaji

Senior (22 ans) – Kansas – AI/A – Milieu de premier tour

Ochai Agbaji, qui a amené ses JayHawks jusqu’au titre, débarque à la draft avec le titre de meilleur joueur de la March Madness. Photo : Jamie Squire/Getty Images

Alors que la mode va aux jeunes dans les hauteurs de la draft, voici un joueur qui pourrait être récupéré en lottery malgré ses 22 ans bien passés. Attention malgré tout à ne pas limiter ce joueur à son âge.

Ochai Agbaji est un ailier physique et imposant, sans doute le joueur le plus NBA ready de cette classe. 2,0m pour 2,12m d’envergure et dépassant facilement les 100 kilos sur la balance, il dispose d’un corps plus que parfait pour performer dans le sport de haut niveau. Une masse graisseuse au plus bas et une dimension athlétique folle, Agbaji est surtout un excellent joueur de basket qui a affiché des chiffres d’efficacité sur le terrain jamais vus depuis des dizaines d’années. Excellent défenseur, intelligent et mature, capable de driver férocement et d’avoir une superbe adresse à trois points, toutes ses caractéristiques feront sûrement de lui un role player et un 3&D de haut niveau en NBA.

Malgré tout, peut-il vraiment dépasser ce plafond  ? Alors qu’il aura 23 ans dans l’année, son potentiel semble assez limité pour imaginer autre chose. Même s’il n’a explosé que tardivement, peu voient en lui un joueur capable de poser la balle au sol dans la grande ligue. Sa création et son shotmaking restent limités alors que son handle et notamment sa main gauche demeurent un point noir.

Agbaji est un joueur pourra certainement impacter le jeu dans la grande ligue. Il pourra même sûrement signer plusieurs contrats en NBA, en tant que role player de qualité au minimum. Mais ce profil vaut-il une sélection dans le top 15, devant des joueurs au potentiel plus élevé ? Réponse le 22 juin prochain pour le joueur de Kansas.

Comparaisons :

  • Gary Harris
  • Lu Dort
  • Desmond Bane

Photo : Graham Denholm/Getty Images

Lisez aussi

Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Accepter En savoir plus