Draft 2022 : le bilan de la Conférence Est

par Florian Tixier

Ce 23 juin se déroulait le draft des 75 ans de la NBA, une édition 2022 remplie de surprise qui a étonné un bon nombre de spécialistes durant toute la soirée.

Une cuvée 2022 parfois décriée par son manque de talents supérieurs ou « franchise player » potentiel mais qui reste assez impressionnante de profondeur. En effet, des joueurs draftés au second tour semble posséder un potentiel de role player assez certain et il ne serait pas étonnant de voir beaucoup d’équipes utiliser leurs rookies l’an prochain.

Pour connaitre leurs noms et surtout ce qui explique leur sélection lors du 23 juin dernier, penchons-nous tout d’abord sur la conférence est, franchise par franchise.

Les coups magiques d’Orlando !

Paolo Banchero (1) – Caleb Houstan (32)

On attendait Jabari Smith en premier choix de la draft depuis des semaines, c’est finalement sur l’ailier fort de Duke que John Hammond a jeté son dévolu. Pierre de base du projet de reconstruction d’Orlando, Banchero a cet avantage sur Smith qu’il sait créer de l’attaque à partir de rien, c’est sans doute ce profil de créateur offensif supérieur qui a fait pencher la balance de son côté.

Avec Fultz souvent blessé, Suggs partiellement décevant et Anthony très peu efficace sur ses prises de décisions, Orlando avait besoin de créer de l’attaque et Banchero apporte cette dimension offensive supérieure dès l’an prochain. Scoreur brutal au toucher soyeux accompagné d’une playmaking et d’un jeu de passes au-dessus de la moyenne pour son poste, les shooters et les joueurs de cut d’Orlando se régaleront rapidement de leur nouvelle star.

Paolo Banchero, nouvelle star de la Floride aux côtés de son futur shooter Caleb Houstan
Photo : Orlando Magic Getty Image

Un besoin de shooters d’ailleurs partiellement comblé par l’arrivée de Caleb Houstan en choix 32. Talent de premier tour, le Canadien est un grand ailier qui a fait une saison très moyenne dans le Michigan, mais présente ce profil de grand 3&D efficace à côté de porteurs de balles.

Une draft logique et positive pour les fans du Magic, qui sans faire de folies s’assure les premières bases d’un futur encourageant.

Detroit Pistons : les grands gagnants de la soirée ?

Jaden Ivey (5) – Jalen Duren (13) – Gabriele Procida (36)

Cartons pleins dans le Michigan, les Pistons viennent de braquer la banque et se présentent comme grands vainqueurs de la draft 2022 avec Houston.

On attendait le prodige de Purdue en 4e position, mais les Kings et leur besoin obsessionnel de jouer les Playoffs sont passés par là pour offrir Jaden Ivey à Detroit sur un plateau d’argent. Detroit rêvait d’associer ce genre de profil de bombe athlétique à Cade Cunningham. Shooteur en pleine progression, défenseur plus qu’honnête, playmaker de premier ordre capable de pousser la balle en transition, de jouer le Pick&Roll, mais également de se mettre en retrait derrière un meneur de jeu comme il l’avait fait lors de la coupe du Monde U19 de 2021, Ivey fait exploser le plafond de Detroit et ce dès demain.

À voir ce que cela signifie pour Killian Hayes, mais les trois peuvent évoluer ensemble dans ce triple profil de combo guard, Detroit aura toujours un créateur qui excelle sur Pick&Roll sur le terrain, dimension parfaite pour la NBA actuelle.

L’exploit de la draft pour Detroit, deux joueurs annoncés top 10 qui rejoignent une superstar en Cunningham
Photo : Brad Galli / TV Detroit

Et quel tour de force d’être allé chercher Jalen Duren aux mains de Hornets en 13e choix, brute physique d’à peine 18 ans, Detroit vient de mettre la main sur son pivot du futur. Défenseur brutal, vertical, capable de switcher et de défendre son cercle, le pivot de Memphis va pouvoir progresser tranquillement dans un environnement sain en complément de I. Stewart.

Quand on rajoute à cela, l’ajout de l’italien Gabriele Procida, profil de 3&D sérieux en provenance de Bologne, le young core de Detroit commence à faire peur à toute la ligue pour les prochaines années.

Et tous les autres …

Indiana Pacers : Bennedict Mathurin (6) – Andrew Nembhard (31) – Kendall Brown (48)

Indiana aurait tenté d’aller chercher Ivey toute la soirée en 4e choix, ils se sont consolés avec l’autre arrière sophomore star de 2022, le canadien star d’Arizona : Bennedict Mathurin. Certains voulaient Shaedon Sharpe pour le potentiel, mais les Pacers, petit marché a préféré la sécurité d’un joueur qu’on a vu performer l’an dernier.

Si Mathurin confirme tout le bien qu’on pense de lui sur ce profil d’énorme shooteur aux qualités athlétiques monstrueuses et qu’il se donne (enfin) en défense, on dispose ici d’un joueur ultra précieux à associer à Haliburton pour les prochaines années. Si le Canadien vient pour jouer tous les ballons, être la star et se dormir dessus en défense, le mariage ne se passera pas bien, mais les dirigeants sont confiants pour cadrer ce talent particulier.

Mathurin peut-il être la seconde star des Pacers aux côtés d’Haliburton ?
Photo : via Ron Hoskins Getty Image

Un second tour plus que réussi pour les Pacers en plus de Mathurin en récupérant deux profils différents :

Andrew Nembhard, meneur de jeu senior de Gonzaga, il apporte une vraie stabilité, un sérieux et du QI basket derrière Haliburton, à voir ce que cela représente pour l’avenir de Mcconnell dans l’Indiana.
Kendall Brown en 48e, beaucoup parlent d’un steal à cette position. Annoncé lottery Pick en début d’année, l’ailier de Baylor a déçu par son manque de QI basket, de sérieux et d’efficacité, mais reste un talent physique qui peut tout faire sur un terrain, attention à la pépite sur un profil absent à Indianapolis, il aura sa chance.

Whashington Wizards : Johnny Davis (10) – Yannick Nzosa (54)

Fallait-il échanger ce pick pour satisfaire Beal et le convaincre de rester ? Peut-être par manque d’offre, Washington a préféré aller chercher le talent du sophomore de Wisconsin, Johnny Davis.

Le choix semble logique tant Washington veut continuer à jouer leurs cartes pour les playoffs autour de Bradley Beal, Davis est un ailier fort scoreur, créateur de tirs qui peut rentrer dans le moule de Wes Unseld Jr par ses qualités de glue guy scoreur et défenseur, un profil parfait à mettre aux côtés des Beals, Kuzma et Porzingis tant aucun meneur de jeu n’était vraiment du talent d’un top 10.

Cleveland Cavaliers : Ochai Agbaji (14)– Kalifa Diop (39) – Isaiah Mobley (46) – Luke Travers (56)

Une draft sans grande surprise dans l’Ohio. On souhaitait entourer son projet de jeunes aux dents longues de joueurs sérieux capable de garder cette dimension athlétique et défensive tout en amenant toujours plus de shooteurs, c’est ce qui a été fait.
Les Cavs voulaient apparemment Jalen Williams, mais il est parti en 12, ils sont donc partis sur Ochai Agbaji, MOP du dernier final four qui apporte un shoot, de la défense et du QI Basket à l’aile de Cleveland. Beaucoup critiquent ce choix, car AJ Griffin, au potentiel beaucoup plus élevé, était toujours disponible, mais Cleveland a préféré miser sur un joueur mature pour les aider à gagner rapidement.

La draft de Isaiah Mobley, frère d’Evan va également dans ce sens, grand shooter depuis le poste intérieur, il devrait avoir sa chance pour l’an prochain. De leurs summer leagues dépendront le sort de Diop et Travers pour peut être un Two Way contracts.

Charlotte Hornets : Mark Williams (15) – Bryce Mcgowens (40)

Les Hornets voulaient un pivot, c’était le secret de polichinelle de l’édition de 2022 et ils avaient apparemment jeté leur dévolu sur le sophomore de Duke. Alors que Jalen Duren était à leur portée, le front office de Michael Jordan a préféré miser sur Williams, un choix douteux qui devrait attirer beaucoup de doutes si Duren performe comme on l’annonce à Detroit.

Par sa taille, sa protection de cercle et son profil moderne, Williams devrait se régaler rapidement aux côtés de créateurs comme Ball et Rozier l’an prochain.
Sur le poste 2-3, Charlotte a réussi à mettre la main sur un des freshmen les plus impressionnants de l’année en Bryce McGowens. L’immense arrière de Nebraska devra cependant passer devant James Bouknight dans la rotation pour avoir du temps de jeu, meilleur défenseur, mais moins bon shooteur, la concurrence a parfois du bon et le meilleur en sortira grandi.

Atlanta Hawks Aj Griffin (16) – Tyrese Martin (51)

Le slider de cette draft, parfois annoncé jusqu’en 6, Aj Griffin va finalement chuter jusqu’en 16e position. Les franchises étaient surement effrayé par le passif de blessures de l’ailier star de Duke anciennement numéro 1 avant sa double blessure aux genoux, car talentueux, Griffin l’est.


Beaucoup avaient annoncé le steal de la draft à Atlanta, en recherche de taille, de défense et de shoot. Les Hawks mettent la main sur l’un des plus gros potentiels de la draft s’il reste éloigné des blessures. Une aile composé de Griffin et Hunter pourrait être utra complémentaire et efficace à côté d’un intérieur moderne avec un Trae Young à la baguette. On n’attendait pas grand-chose d’un 16e choix pour Atlanta qui n’avait pas l’air de tenir plus que ça à sélectionner un joueur à cette place, ils ont finalement peut-être mis la main sur le meilleur ailier de sa génération.

Tyrese Martin va devoir batailler pour obtenir autre chose qu’un two way contract dans un effectif rempli sur les ailes.

Aj Griffin peut-il éviter les blessures et faire passer un cap au projet des Hawks ? Photo : Aj Griffin Instagram

Chicago Bulls : Dalen Terry (18)

On attendait du renfort intérieur dans l’Illinois, mais le profil du meneur d’Arizona était apparemment très populaire chez les front offices NBA et Chicago ne s’est pas fait prier.

Guard de très grande taille, Terry apporte une dimension toujours plus physique et athlétique à une équipe de Chicago qui dit vouloir mettre l’accent sur la défense cet été. Playmaker capable, défenseur intraitable et shooteur en progression, Terry va apporte ce vent de fraicheur et de brutalité sur la ligne arrière aux côtés des Ball, Caruso et Dosunmu l’an prochain, un signe que Cobi White n’est plus en odeur de sainteté chez les taureaux.

Milwaukee Bucks : Marjon Beauchamp (24)

L’émotion de la soirée, courez regarder les images d’un Marjon Beauchamp en pleurs lors de l’annonce de son nom. Au dela d’un joueur au parcours atypique et émotif, Beauchamp apporte un vrai profil aux anciens champions NBA. Joueur agé et accompli, l’ailier de l’Ignite amène de la course, de la défense et du sérieux, et ce, dès l’an prochain. Les Bucks ont préféré miser sur un joueur impactant tout de suite qui malgré un shoot en chantier va leur permettre d’avoir cette profondeur et cette variété de profils à l’aile sur leur banc.

Une arrivée en NBA sous le signe de l’émotion pour l’ancien de l’Ignite. Photo : Getty Image

Miami Heat : Nikola Jovic (27)

Un Pj Tucker de 37ans, un Markieff Morris blessé, un Duncan Robinson hors de la rotation et un Max Strus qui débute sa carrière NBA, l’aile de Miami était l’un de leurs points faibles lors de leur dernier run de playoff et c’est dans cette optique que le génial serbe débarque sur les plages de Floride.

Un profil que l’on a rarement vu de ce côté de la Floride et qui devrait faire beaucoup de bien à une attaque parfois en panne et trop reposée sur les épaules de Jimmy Butler l’an dernier. Jovic est un playmaker et un shooteur de premier ordre compte tenu de son âge (19ans) et de sa taille (2m12) et apporte une nouvelle dimension dans les mains de coach Spoelstra. À voir comment il sera utilisé, car il n’a jamais eu trop l’habitude d’être loin du ballon et d’évoluer dans un rôle.

Toronto Raptors : Christian Koloko (33)

La faiblesse de Toronto l’an dernier était criante, de la taille et des muscles, c’est ce qu’apportera le pivot d’Arizona dès l’an prochain. Le Camerounais était en concurrence avec les Kamagate et Diop comme meilleur pivot du second tour, c’est lui qui est parti en premier.

Protecteur de cercle, rim runner de qualité et joueur de Pick&Roll, il sera en rotation sur le poste de pivot et devrait montrer le bout de son nez sur quelques séquences.

New York : Trevor Keels (42)

New York possédait le 11e choix de la draft mais on a vite compris que la sélection d’un jeune n’était pas du tout leur priorité. En bazardant ce choix pour récupérer des assets futurs et ainsi dégager du cap pour la free agency, New York a sacrifié sa draft 2022, un choix vivement critiqué.

Il ne faut malgré tout pas oublier qu’ils ont réussi à mettre la main sur un joueur souvent annoncé au premier tour en choix 42. Trevor Keels, meneur de Duke d’encore 18ans, possède un potentiel certain. Meneur de jeu au corps ultra tanké, il peut défendre férocement et shooter avec consistance, attention à la possible très bonne prise de New York au second tour.

Boston Celtics : Jd Davison (53)

Brad Stevens avait ciblé les besoins des Celtics en pointant du doigt le manque de création offensive et de scoring en sortie de banc, le meneur d’Alabama est pour ainsi dire le profil parfait de pétard en sortie de banc qui pourra mettre le feu sur certaines séquences. Il parait néanmoins peu concevable qu’il puisse réellement mettre le pied sur le terrain d’une équipe contender. Loin d’être prêt à jouer, Davison va devoir se contenter d’un two way ou de G-League avant de pouvoir assumer un rôle en NBA.

Photo de couverture : John Minchillo

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