Draft 2022 : 5 prospects attendus dans les lottery picks

AJ Griffin, Keegan Murray, Johnny Davis, Jalen Duren, Shaedon Sharpe

par Florian Tixier
Publié le Modifié le

Certes, la Draft 2022 semble beaucoup moins profonde que la précédente. Il faut néanmoins remarquer le profil très intéressant des joueurs qui devraient composer le top 14 et qui pourraient en surprendre plus d’un.

Après avoir étudié les quatre profils qui devraient occuper les premières places de la Draft en juin, il ne faudrait pas oublier les autres prospects qui ne manqueront pas d’occuper l’esprit des Front Offices dans le prochain mois.         

Penchons-nous donc sur les futurs lottery picks, avec un zoom sur cinq talents qui devraient entendre leur nom très tôt dans la soirée du 23 juin, au Barclays Center.

AJ Griffin

Freshman (18 ans) – Duke – AI/A – Sortie de top 4

Sans les blessures, AJ peut-il s’imposer comme le leader de sa classe ? Photo : Grant Halverson/Getty Images

Fils d’Adrian Griffin Sr, ancien ailier des Bulls, AJ était annoncé top pick pendant un temps avant de chuter ces deux dernières années. La faute à de trop nombreuses blessures qui nous ont empêchés de l’observer sur le terrain.

Certains le considèrent pourtant comme le joueur avec le potentiel le plus important de la Draft. Lorsque l’on regarde AJ Griffin jouer, on voit un joueur avec un plafond offensif illimité. Si son corps le laisse tranquille, le talent de l’ailier de Duke pourrait bien transformer une équipe.

On voit des flashs de création, de shotmaking et de scoring qui auraient dû le porter jusqu’à un premier choix indiscutable. Ce qui impressionne chez AJ, c’est avant tout son poignet. L’ailier est un joueur capable de tirer à plus de 44 % à trois points dans une saison difficile.

Avec un corps NBA ready — plus de deux mètres, 2,13 m d’envergure pour un joueur qui devrait rapidement atteindre les 100 kg —, il est puissant et athlétique. Sa polyvalence en fait un prospect de premier plan, avec un QI développé et de vraies qualités défensives.

Malgré tout, son corps fait peur. Faut-il vraiment prendre le risque de drafter un joueur sans plafond s’il ne peut jouer qu’une année sur trois ? Souvenons-nous du cas de Michael Porter Jr.

Au-delà de ses blessures, les flashs qu’il montre sont impressionnants… mais ne restent que des flashs, comme le soulignent ses détracteurs. Y a-t-il vraiment plus que du potentiel chez ce joueur ? Sera-t-il capable de passer ce gap offensif de la création malgré un handle hésitant pour l’heure pour devenir le monstre que l’on attend ? Autant de questions qui feront sans doute douter les équipes dans le haut de la Draft.

On a avec AJ Griffin le premier et principal pari de la Draft. Il pourrait être le meilleur joueur de sa classe, tout comme ne plus jouer dans cinq ans à cause d’un corps trop fragile. Malgré tout, il faut lui reconnaitre une mentalité et une persévérance impressionnante. Hors de la rotation de Duke en début d’année, l’ailier s’est imposé par la force de son talent comme le co-leader avec Banchero d’une équipe de Final Four.

Parfois leader offensif, parfois glue guy parfait, peut-on vraiment laisser passer cette pépite en dehors d’un top 5 ?

Comparaisons :

  • Jaylen Brown
  • Jimmy Butler en meilleur shooter
  • Saddiq Bey si la progression n’est pas aussi haute qu’attendue

Keegan Murray

Sophomore (21 ans) – Iowa – AF – Sortie de top 4

Une seule année surprenante vaut-elle vraiment un top 5 pour Murray ? Photo : Zach Bolinger/Getty Images

Le chouchou des Américains. Un joueur qui a tout emporté sur son passage cette année, avec plus de 23 points et 9 rebonds de moyenne à Iowa.

2,03 m pour plus de 100 kilos. Keegan Murray est un beau bébé qui dispose d’un talent offensif à n’en pas douter. Athlétique, intelligent et puissant sur ses drives, il intéresse surtout les franchises par sa capacité à se créer son tir et mettre dedans avec consistance comme en témoigne son 39 % de réussite cette année.

Poste 4 moderne, voire petit poste 5, sa polyvalence offensive en font un prospect très intéressant. Capable de scorer sur les trois niveaux, l’ailier est un joueur complet, bon rebondeur et pas avare d’efforts. Il dispose toutes les qualités nécessaires pour avoir une longue carrière.

Attention cependant à ne pas survendre ce profil de déjà 21 ans. Son potentiel reste relativement limité compte tenu de son âge et seul son shoot semble vraiment pouvoir se transposer pleinement en NBA. Sa capacité à créer pour lui et pour les autres présente des limites évidentes — à peine une passe par match, pour une première option — qui nous poussent à l’imaginer comme un futur role player plus qu’autre chose.

En ajoutant une défense très moyenne à cause de sa mobilité restreinte et de sa protection de cercle très moyenne, on obtient un ailier que l’on aurait envie de faire jouer 4 pour sa polyvalence offensive. Mais il sera peut-être destiné à jouer petit 5 en raison de ses carences défensives et de sa capacité à écarter le jeu.

Murray est destiné à faire carrière en NBA grâce à sa capacité à écarter le terrain et à briller en jeu rapide lorsqu’on le met dans les bonnes conditions. Attention malgré tout à ne pas s’emballer trop vite sur un potentiel limité dans un top 5 pour une seule saison de haute volée en NCAA.

Comparaisons :

  • Kyle Kuzma
  • Obi Toppin
  • Michael Porter Jr avec beaucoup moins de shotmaking

Johnny Davis

Sophomore (20 ans) – Wisconsin – A/ AI – Lottery pick assuré

L’arrière de l’année en NCAA peut-il s’imposer dès sa première année en NBA ? Photo : John Fisher/Getty Images

La progression chez les sophomores est commune dans cette Draft, et l’arrière de Wisconsin ne déroge pas à la règle. Assez méconnu en début d’année, Jonathan Davis a fini l’année en tant que meilleur joueur de la Big Ten avec des moyennes de 20 points, 8 rebonds et plus de 2 passes par match. Il est même allé jusqu’à remporter le Jerry West Award, qui récompense le meilleur arrière du pays.

L’international américain est un scoreur reconnu. Ultra performant à mi-distance, il peut scorer à tous les niveaux et peut largement poser la balle au sol pour driver efficacement. Alors qu’on veut le vendre en potentiel bon shooter, Johnny Davis a détonné en provoquant plus de 6 lancers francs par match. Il est capable de provoquer cette pression sur le cercle, en plus de son poignet.

Chargé de créer la majorité de ses shots, Davis semble capable de performer en fin de chaine en NBA, avec plus de 47 % de réussite depuis les corners. Défenseur très honnête et surprenant, le sophomore a un coffre solide, une bonne mobilité et déploie une activité débordante sur le terrain comme en témoignent ses 8 rebonds de moyenne pour son poste.

Côté à travailler : sa création, notamment pour les autres, reste en chantier alors. Pour le moment, il fait encore la majorité de ses passes sur des drive and kicks. Aussi, Johnny Davis est un bon athlète pour la NCAA, mais reste assez moyen pour l’étage supérieur. Incapable de jouer au-dessus du cercle et sans un premier pas incroyable, son rôle en NBA devrait, au début, n’être que celui d’un role player de fin de chaine — sûrement plus au poste 2 qu’au poste 3 d’ailleurs.

Certains ont des appréhensions sur sa progression et de son futur rôle, dans la mesure où on trouvera toujours dans une équipe meilleur créateur ou meilleur shooter. À lui de continuer à surprendre son monde.

Comparaisons :

  • Ben Mclemore
  • Kentavious Caldwell-Pope
  • Devin Booker s’il arrive à exploser son plafond

Jalen Duren

Freshman (18 ans) – Memphis – P – Lottery pick assuré

Un corps taillé dans la pierre pour un rôle qui colle à la peau de Jalen Duren. Photo : Ron Jenkins/Getty Images

Attention, voici l’animal physique de 2022 : 2,11 m, une envergure de 2,26 m pour plus de 115 kilos. Jalen Duren est le joueur le plus massif et imposant de la Draft, mais aussi et surtout le plus jeune d’entre tous. Il n’aura même pas 19 ans lors de la Summer League dans quelques mois.

Alors qu’on annonçait un dynamic duo entre les deux surclassés des Tigers, Emoni Bates et lui, c’est bien le pivot qui a pris le leadership de cette équipe et qui s’est imposé comme son homme fort.

Duren est un athlète exceptionnel qui allie une puissance et une mobilité rare. C’est un pivot que l’on pourrait dire « traditionnel ». En effet, il ne crosse pas les adversaires et ne tire pas à trois points. Lui est occupé à s’imposer dans la raquette pour y régner en maitre et dominer.

Ce qui saute aux yeux au-delà de son physique de titan demeure sa défense et sa protection du cercle. Plus de 2 contres de moyenne sur un temps de jeu assez limité et dans une équipe de Memphis qui joue plus à l’envers qu’autre chose. Tout cela à seulement 18 ans. Duren est un game changer défensif.

Son rôle en NBA est déjà connu, on demandera au pivot trois choses essentielles : faire du cercle à cercle en débordant d’énergie, poser des écrans durs en s’ouvrant efficacement pour jouer les lobs, et défendre son cercle. Trois qualités qui font du Duren un potentiel pivot titulaire pour la décennie à venir. Si l’on rajoute à cela quelques flashs de création, un petit shoot à mi-distance en progression et un passing game surprenant, on obtient un joueur qui pourrait bien nous surprendre.

Malheureusement, ce n’est pas pour rien que Jalen Duren sort du top 5 de la Draft. Il a parfois tendance à se reposer exclusivement sur ses qualités athlétiques et physiques. Il arrive que le jeu aille trop vite pour lui et il tente de se rattraper par son athlétisme. Mais les joueurs intelligents qui pourront profiter de ce défaut en NBA sont légion. La compréhension du jeu est un peu légère, à parfois oublier de box out par exemple, alors que les détracteurs de son tir mettent en avant un pourcentage aux lancers assez suspect.

On parle malgré tout d’un pivot qui ne peut acheter de l’alcool en France que depuis quelques mois. Jalen Duren reste un adolescent, même si son corps nous le fait parfois oublier. Quoi de plus normal que d’avoir des sauts de concentrations et de la difficulté à lire le jeu lorsque l’on a à peine 18 ans ? Duren est un diamant brut qui ne devrait pas échapper à une franchise du top 10 qui voudra bien se montrer patiente.

Comparaisons :

  • Dwight Howard
  • DeAndre Jordan
  • Andre Drummond

Shaedon Sharpe

Freshman (18 ans) – Kentucky – A/ AI – Lottery pick assuré

Un joueur que l’on aurait tant aimé voir autrement qu’en tenue d’entraînement sous les couleurs de Kentucky. Photo : Todd Kirkland/Getty Images

Après le plus jeune joueur de 2022, voici le deuxième bambin de cette classe. Annoncé pour l’édition de 2023, Sharpe a réussi à obtenir son diplôme fin 2021 pour rejoindre Kentucky dès janvier et se présenter à la Draft dès cette année.

Alors que l’on s’attendait à le voir porter le bleu légendaire, Sharpe n’a jamais enfilé le bleu de chauffe pour défendre les chances de Kentucky pour la March Madness.

Sharpe est le mystère de cette Draft. Arrière/ailier de 18 ans, il faut regarder des matchs de High School, où le basket n’est pas le plus beau et épanoui, pour évaluer ce prospect. Pourtant, malgré les doutes, cette pépite devrait intéresser beaucoup de monde.

Annoncé top 5 de 2023, Sharpe dispose d’un corps et d’un talent particulier pour le basket de haut niveau : 198 centimètres sous la toise qu’il met à profit pour un jeu offensif de haute volée. Sharpe peut scorer sur les trois niveaux. Il dispose d’un shoot soyeux, d’un jeu à mi-distance en progrès et met une pression sur le cercle très intéressante grâce à des qualités athlétiques de premier ordre. Les optimistes voient en Shaedon Sharpe un potentiel de première option offensive.

Son physique est plus que parfait pour son poste et l’arrière a véritablement explosé au basket dans sa dernière année de lycée. Cela montre d’une part une certaine éthique de travail, mais qui suggère surtout un potentiel loin d’être atteint pour ce joueur spécial.

Qu’est-ce qui nous empêche donc de voir en Sharpe un potentiel top 3 de 2022, alors qu’il était annoncé plus haut dans l’édition plus forte de 2023 ?

Les images tout simplement. On ne connait de ce joueur que ses qualités, impressionnantes certes, mais face à une concurrence plus que douteuse en High School. Trop de questions entourent le joueur. Est-il capable de jouer face à des joueurs plus physiques, lorsque le jeu va plus vite, lorsqu’il est ciblé par des défenseurs plus féroces ?

Sa défense était déjà douteuse en High School, qu’en sera-t-il en NBA ? De même, son premier pas et son handle ne rassurent pas pour un arrière que l’on présente comme une potentielle première option. Tout cela fait douter les scouts et front offices, qui ne peuvent que se demander pourquoi il n’est pas entré sur le terrain pour aider Washington et Tshiebwe à sortir du premier tour de la March Madness…

On a en Shaedon Sharpe un potentiel monstrueux, un jeune joueur à polir qui peut devenir très brillant, mais dont l’avenir reste pour l’instant extrêmement flou.

Comparaisons :

  • Pour les optimistes : Brandon Roy ou Bradley Beal
  • Pour les pessimistes : Terrence Ross
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