Les Pelicans incarnent le succès du Play-In Tournament

par Benjamin Moubeche

Au 8 février, qui aurait pu prédire que les Pelicans finiraient en Playoffs ? À la 10e place de la Conférence Ouest, avec un bilan de 22-32, ils n’étaient pas partis pour accéder à ce stade de la compétition. Lorsque CJ McCollum et Larry Nance sont arrivés à la Trade Deadline, beaucoup pensaient que la postseason serait l’objectif de l’exercice suivant.

Pourtant, aujourd’hui, voilà La Nouvelle-Orléans qualifiée en Playoffs et prête à en découdre avec la meilleure équipe de la saison régulière. S’il faut retenir une chose scénario rocambolesque, c’est qu’il s’agit d’une grande victoire pour les partisans du Play-In Tournament.

CJ McCollum et Brandon Ingram, après leur victoire face aux Spurs dans le Play-In Tournament. Photo : Sean Gardner/Getty Images

Le 16 juin 2019, lorsque les Pelicans envoyaient Anthony Davis aux Lakers, beaucoup leur prédisaient de difficiles années de reconstruction. Perdre le visage de leur équipe, récupérer de jeunes talents et des tours de Draft… toutes les conditions étaient alors réunies pour que cette prédiction se réalise.

Seulement, la même année, la Draft de Zion Williamson — peut-être le joueur le plus attendu de ces dix dernières années à sa sortie d’Université — ne pouvait que bousculer le calendrier de la reconstruction. New Orleans venait de perdre son plus grand talent par manque de compétitivité. De peur que l’histoire se répète et que le prodige quitte le nid, David Griffin ne pouvait se donner qu’une poignée de saison pour mettre sur pied une équipe de Playoffs.

Pour le président de la franchise, l’explosion de Brandon Ingram constitue sans doute la première pièce du puzzle. Most Improved Player 2020, nouveau All-Star, il a donné à des Pelicans battant de l’aile de quoi avancer dans leur projet malgré l’absence de Williamson. Cette révélation inattendue leur a permis de gagner un temps précieux dans la composition de leur effectif.

Il faut attendre l’été 2021 pour la pièce suivante. Avec un nouveau coach en la personne de Willie Green, l’organisation espère prendre un virage à 90 degrés. L’arrivée de Jonas Valanciunas dans un transfert ne laisse aucune équivoque quant à l’objectif de New Orleans : les Playoffs, au plus vite. Dans la foulée, la Draft d’Herbert Jones et de Trey Murphy pose des bases essentielles pour la suite.

Avec ces soldats, l’effectif des Pelicans semble plus dangereux. Un retour de Zion Williamson pourrait éventuellement être synonyme de Playoffs. Malheureusement, cloué au banc par ses blessures, est dans l’incapacité de revenir avant la fin de la saison. Sous pression, il ne reste plus qu’une option à David Griffin pour essayer d’envoyer son équipe en postseason : tenter le tout pour le tout.

Le 8 février, à la Trade Deadline, les Pelicans transfèrent plusieurs tours de Draft et de jeunes talents aux Blazers. En échange, ils récupèrent CJ McCollum, Larry Nance Jr et Tony Snell. C’est ainsi que l’albatros finit par prendre son envol. Cette transaction, en particulier, marque un tournant dans leur saison.

Les années précédentes, le 10e de l’Ouest, avec un bilan largement négatif (22-32), aurait sans doute abandonné. Le tanking aurait certainement été la meilleure option, pour tenter de récupérer un plus haut choix à la Draft malgré un échec en saison régulière. Seulement, dans le nouveau système, les Pelicans étaient virtuellement qualifiés pour le Play-In Tournament. Une braise d’espoir qui, bien entretenue, pourra peut-être allumer un feu.

Plutôt que de baisser les bras, New Orleans a préféré miser sur une qualification en Playoffs par la petite porte. Vétéran confirmé, CJ McCollum affiche alors des moyennes de 20,5 points, 4,5 passes et 4,2 rebonds. Avec Larry Nance Jr et son énergie débordante, il est la clé d’une réussite inattendue.

Jose Alvarado, CJ McCollum et Larry Nance Jr, trois joueurs qui ont fait la différence pour les Pelicans à partir du milieu de saison. Photo : Sam Forencich/NBAE via Getty Images

L’arrivée d’un arrière scoreur et créateur transforme complètement l’équipe sur le plan offensif. D’un Offensive Rating de 108 avant l’arrivée de McCollum, les Pelicans passent à 117. Une progression fulgurante, marquée par un bilan globalement à l’équilibre après la Deadline (15-14).

Pendant ce temps, Herbert Jones, 35e choix de la Draft, se faisait remarquer pour son excellence défensive en verrouillant les meilleurs joueurs de la ligue soir après soir. Vient ensuite la révélation Jose Alvarado, précieux energizer de la second unit. Au fur et à mesure, les étoiles s’alignent.

Lorsque les Lakers descendent à la 11e place, sans possibilité de remonter, l’opportunité est presque trop belle. Les Pelicans peuvent ainsi se préparer à affronter les Spurs pour le premier match du Play-In, une équipe tout à fait à leur portée.

Le soir du Play-In, derrière les 32 points de McCollum, La Nouvelle-Orléans peut compter sur les 22 points de Vanciunas, la défense de plomb de Jones (37 minutes et +10 de +/—) et l’énergie d’Alvarado. Le recrutement de la saison et les choix de Draft portent clairement leurs fruits dans cette confrontation décisive.

Brandon Ingram, lui, est le facteur X de la rencontre. Sur ses 27 points, il inscrit les plus importants dans le quatrième quart-temps, alors que San Antonio commence à revenir dans le match. Ainsi, s’appuyant sur tout ce qu’ils avaient construit cette saison, les Pelicans se qualifient pour le second match du Play-In Tournament.

Face à des Clippers orphelins de Paul George — testé positif au Covid-19 le jour du match — Willie Green et ses hommes peuvent compter sur les mêmes éléments. 43 minutes pour Ingram, 42 pour McCollum, 33 pour Jones, 25 pour Valanciunas et sensiblement la même chose pour Murphy et Nance. En dehors de Brandon Ingram, les 6 joueurs avec le plus de minutes sont arrivés à l’été 2021 ou plus tard.

Comme un signe du destin, c’est dans les dernières minutes que New Orleans bouscule Los Angeles pour se frayer un chemin vers la victoire. Mené de 10 points à la fin du troisième quart-temps, Green a su réveiller ses joueurs au meilleur moment pour enfin s’imposer sur le score de 105-101.

Au terme de ce périple, New Orleans a atteint les Playoffs, envers et contre tout. Au premier tour, ils affronteront les Suns, meilleure équipe de la saison régulière, après une qualification sur le fil. Il serait fortement improbable de voir les Pelicans réaliser l’upset — remporter un seul match serait une grande satisfaction —, mais leur saison est déjà une large réussite pour eux comme pour la ligue.

Cette qualification en Playoffs, après avoir terminé à la 9e place de la régulière, affirme définitivement le succès Play-In Tournament. Au lieu de tanker en milieu d’exercice, les Pelicans ont préféré se renforcer coûte que coûte pour arracher leur ticket pour les joutes printanières.

Ce nouveau système pousse les équipes de milieu de tableau à s’accrocher, à continuer de viser la victoire plutôt que d’accepter la défaite. Pour les audiences, cette absence de tanking est déjà une excellente chose. Quand, en plus, les matchs de Play-In marquent des records d’audience sur la saison, la NBA peut se targuer d’avoir réussi son coup sur le plan marketing et sur le plan compétitif. Et jusqu’ici, aucune équipe n’incarne mieux le succès du Play-In Tournament que les Pelicans.

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