Les Raptors ne sont pas en voie d’extinction — Le Courrier de L’Analyste

par Teddy Perez
Publié le Modifié le

Toronto accroche à la surprise générale la 9e place de l’Est après un mauvais départ. Les Raptors démarrent l’année de la bonne patte avec six victoires pour deux défaites. Le roster aux nombreux freaks — Chris Boucher, OG Anunoby ou le rookie Scottie Barnes — peut compter sur son combo guard Fred VanVleet pour prendre en main une équipe en développement.

Ferd VanVleet et les Raptors sont en bien meilleure forme qu’attendu. Photo : Mark Blinch / Getty Images

VanVleet a été élu joueur de la semaine à l’Est, une récompense amplement méritée. Avec Toronto, il affiche un bilan de 4-0 sur ces sept jours, avec son premier triple-double en carrière, en 37 points, 10 passes décisives et 10 rebonds s’il vous plaît ! Plein de culot et d’agressivité, Fredderick ne veut rien lâcher et il n’est pas le seul.

Dans le dur depuis quelques mois, Pascal Siakam est l’un des principaux artisans de cette réjouissante remontée. Le MIP 2019 retrouve de la régularité et de la confiance dans son jeu. Sans être éblouissant, il pointe néanmoins à 20 points cette saison. Il rassure au scoring, mais aussi dans la raquette, au global, avec plusieurs soirées à plus de 10 rebonds captés, dont celles passées dans une Scotiabank Arena vide face aux Clippers (19 prises) et aux Knicks (14 rebonds).

Pour que les Raptors puissent y croire, leurs cadres sont obligés de guider le groupe vers le droit chemin. Un groupe qui évolue de mieux en mieux ensemble sous les ordres de Nick Nurse, mais qui pourrait retrouver ses mauvaises habitudes après deux défaites face aux Suns et aux Pistons.

Entre rumeurs et changement de projet, un point à l’aube d’une trade deadline agitée

À un mois de la trade deadline, le marché des transferts s’affole déjà. Atlanta et New York ont ouvert le bal des grandes transactions avec l’arrivée de Cam Reddish chez les Knicks de son copain de fac RJ Barrett. On fait le point sur ces joueurs qui ne sont plus sur la même longueur d’onde que leur franchise et qui pourraient se voir transférer dès le mois de février.

À Detroit d’abord, Jerami Grant ne représente pas l’avenir de la franchise du Michigan. S’il s’est montré sous son meilleur jour aux Pistons (22 et 20 points de moyenne lors de ses deux saisons), il ne fait pour autant pas parti des plans pour leur reconstruction. Au contraire, sa mise sur le marché est un aimant à assets — certainement des tours de Draft — pour Motor City. Plusieurs franchises seraient intéressées par l’ailier, en particulier les Lakers à l’affut de tout ce qui bouge ainsi que les Knicks. Deux équipes aux objectifs élevés en début de saison et qui ont un retard un classement à vite rattraper.

Après avoir explosé aux Pistons, Jerami Grant pourrait retrouver un cadre compétitif. Photo : Nic Antaya / Getty Images

À l’accoutumée plutôt discrète et stable, on sent bien que du mouvement se prépare dans la franchise de l’Indiana. 13e de l’Est, Indy ne décolle pas et ce malgré les bonnes performances du double All-Star Domantas Sabonis et du retour de la mascotte de tout un État Lance Stephenson. Le premier fait d’ailleurs partie des joueurs sur la sellette, ce sera en tout cas lui ou Myles Turner. Les Pacers ne veulent plus fonctionner avec deux pivots, et le transfert du second se dessine. Pas moins de six franchises seraient intéressées : les Lakers (encore eux), les Hornets, les Knicks, Mavericks, Wolves et Blazers.

La liste est complétée par Caris Levert, qui intéresserait le backcourt amputé des Cavaliers. Il n’y aurait finalement que Malcolm Brogdon qui, parmi les « leaders », serait assuré de rester dans le système de Rick Carlisle. Ayant signé une extension de contrat en octobre, le meneur est pour le moment intransférable.

À Sacramento, il y a aussi de l’animation. La capitale californienne vit un nouveau jour sans fin dans les fonds de la conférence Ouest, sa zone de confort… De jeunes joueurs devaient composer le bel avenir des Kings. Aujourd’hui trois des plus grands noms du roster finissent pourtant dans les rumeurs. Pour trouver un nouveau souffle dans leur « projet », les Kings seraient prêts à échanger le shooter Buddy Hield — rien de surprenant — le caractériel De’Aaron Fox ou le si prometteur Tyrese Haliburton. Leur cible ? Un certain Ben Simmons, qui pourrait bien venir accompagné par Tobias Harris. Une transaction audacieuse qui permettrait en tout cas à l’un de ces gars d’enfin s’épanouir au sein d’une franchise bien moins attendue.

Enfin, des noms de vétérans aguerris et à la recherche d’une première bague sont également sortis. On pense à Eric Gordon qui n’a pas sa place parmi les jeunes Rockets en reconstruction. De même pour Thaddeus Young. L’ailier massif peut lui aussi se trouver une place sur le banc d’une équipe du haut de tableau.

Damn Dolla : les Blazers sont au plus mal !

Damian Lillard, qui n’a toujours pas mis un pied sur un parquet en 2022, sera absent pendant au moins 6 à 8 semaines supplémentaires. Le meneur a été opéré pour une blessure à l’abdomen. Son copain de la ligne arrière, CJ McCollum, quant à lui, n’a pas joué depuis le 6 décembre. Apparemment guéri de son pneumothorax, il doit encore récupérer d’un problème aux côtes. Lui pourrait revenir dès lundi.

Damian Lillard ne cesse de réaffirmer sa fidélité pour les Trail Blazers, ses belles paroles pourraient néanmoins être râpées avec une franchise prête à changer de disque à RIP City.

Cette saison sera-t-elle celle de trop pour le projet des Blazers ? Photo : Abbie Parr / Getty Images

10e avec un bilan à 16 succès pour 25 revers, leur saison est pour le moment dramatique et l’issue pourrait l’être tout autant si rien ne bouge. Nous n’avons jamais été aussi proches de mettre fin à un cycle historique dans la franchise de l’Oregon. Dans leur malheur, les Blazers redécouvrent un meneur loin d’être mauvais en la personne d’Anfernee Simons. À 22 ans, Anfernee est davantage responsabilisé et, malgré des erreurs de jeunesse dans la gestion du jeu, il progresse au scoring. Avec une marque à 43 points et un match à 23 points et 11 passes décisives face aux Nets, la réussite d’Anfernee Simons encourage encore plus la franchise à tourner une page Lillard — McCollum.

Installer Chauncey Billups au poste de Head Coach pour prendre le relais d’un Terry Stotts incapable d’aller au-delà d’une Finale de conférence en neuf ans n’a pas relancé l’équipe.

Le prochain mois, les Blazers pourraient être très actifs sur le marché des transferts. C’est en tout cas ce qu’on leur souhaite pour éviter de collectionner de lourds échecs, comme défaite de 32 points contre les Nuggets il y a deux nuits.

On vous avait déjà parlé de cette légende qui dit que la ville de Portland s’était bâtie sur un cimetière indien ?

Teddy vous assist

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En novembre 2020, notre première newsletter s’ouvrait sur la rupture du tendon d’Achille de Klay Thompson. Aujourd’hui, il est de retour. Photo : D. Ross Cameron / USA Today Sports

Q : Avec Klay Thompson en forme, peut-on considérer les Warriors comme les favoris à l’Ouest ? — Emma C

R : Naturellement ovationné pour son retour dans le cinq de départ des Warriors dimanche dernier, Klay Thompson entraîne avec lui un élan positif dans la Baie. Le Splash Bro a retrouvé — en douceur — ses potos, même si ces derniers n’avaient pas besoin de lui pour réaliser une grande saison, tant dans les résultats que dans le jeu.

Après deux saisons où Golden State a voulu se mettre dans la peau du voisin de Sacramento, l’équipe de Steve Kerr s’est remise à jouer comme en 2016. Les Warriors ont déjà dépassé la barre des 30 victoires cette saison et se classent deuxièmes de la ligue, juste derrière les Suns, finalistes l’an passé. Alors oui, si l’on ajoute à ce collectif un Klay Thompson à 100 %, réhabitué à tous les systèmes, la machine de San Francisco peut tourner à plein régime.

Les Warriors ont connu le statut de favori et ont su, avec des leaders qui n’ont pas changé — Curry, Green, Thompson et Kerr — remporter par cinq fois le titre de la conférence Ouest. Les grands rendez-vous et la pression, ils maîtrisent. Ils sont également très bons lorsqu’il est question d’inclure dans le navire de la Win des role players investis et rigoureux avec eux.

Avoir des stars, c’est bien, mais lorsqu’il est question d’aller chercher les sommets, c’est tout un collectif qu’il faut savoir engager. Ce collectif, ils l’ont et il est même plutôt profond. Les postes sont doublés et on y retrouve de la jeunesse fougueuse et athlétique, de l’expérience et des tireurs d’élite.

Leur victoire de 42 points face aux Bulls, la meilleure équipe de la Conférence Est, en est un formidable exemple. En l’absence de Klay Thompson et Draymond Green, Golden State a dominé son adversaire par le collectif. 22 points et 5 passes pour Jordan Poole, 21 points et 6 passes pour Andrew Wiggins, 19 points pour Curry et un double-double à 10 points et 12 rebonds pour Kevon Looney. Même le rookie Jonathan Kuminga, jusqu’ici plutôt timide, s’est révélé précieux avec ses 25 points à 10-12 au tir, en 26 minutes de jeu.

Même légèrement bousculés depuis quelques rencontres — les Grizzlies et les Bucks peuvent en témoigner —, les Warriors démarreront favoris de l’Ouest à la veille de la postseason.

Q : Qui serait votre favori pour un concours de 1v1 au All-Star Game ? — Nathan S.

R : Le premier nom qui m’est venu est celui de Kevin Durant. Comment ne pas mentionner cette arme létale pour quiconque le croiserait sur son chemin ? Le MVP 2014 et candidat à cette même course cette saison est capable de tout faire sur un terrain, avec une efficacité et une élégance sans pareil. KD excelle aussi dans le domaine défensif et peut s’adapter — avec toute la polyvalence qu’on lui connaît — à un tas de profils différents face à lui. Sa mobilité et sa technique, à 2,08 m, font de lui un adversaire injouable.

Pour le moment, le 1v1 au All-Star Game reste un doux fantasme. Ce qui est sûr est que l’épreuve paraît bien plus excitante que ce que le concours du Skill Challenge donne à voir. Si tous les fans plaident pour sa création, est-elle pour autant dans les tuyaux des institutions dirigeantes ? Pour le 75e anniversaire de la NBA, on se met tout de même à en rêver !

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