Kemba & Blake, ces anciennes étoiles perdues dans l’univers — Le Courrier de L’Analyste

par Teddy Perez

Cette semaine avait lieu le derby new-yorkais, mais dans ce match opposant les Knicks aux Nets, deux joueurs manquaient à l’appel. Kemba Walker et Blake Griffin sont restés à tourner les serviettes en bout de banc, une responsabilité qu’ils pourraient conserver un bon moment.

Après une vingtaine de matchs, Kemba Walker ne fait plus partie des plans des Knicks. Photo : Brad Penner / USA TODAY Sports

La veille de ce classique, Tom Thibodeau annonce la couleur. Le coach des Knicks modifie son 5 majeur et écarte alors le meneur quadruple All-Star de sa rotation. Alternants entre victoire et défaite, les New-Yorkais connaissent un premier changement important qui peut déjà faire basculer une saison aux attentes élevées.

Depuis son arrivée à New York City cet été, Walker court droit vers la pire saison de sa carrière NBA avec ses 11,7 points et 3,1 passes de moyenne. Dans les statistiques comme dans l’impression visuelle renvoyée, il n’est pas au rendez-vous et impacte négativement tout un collectif.

Malgré tout le respect qu’il a pour Kemba, coach Thibodeau choisit de placer Alec Burks dans le 5 de départ et de garder le sensationnel Derrick Rose comme « petit » de la second unit. Et les deux premières titularisations d’Alec Burks donnent parfaitement raison à Thibs. Le trentenaire a inscrit 23 points dans une victoire, puis 25 dans un derby où les Knicks se sont inclinés d’un panier. Alors que Kemba se réjouissait d’évoluer dans sa ville natale, son aventure prend une tournure qu’il n’avait pas imaginée.

Blake Griffin, lui non plus, n’« avait pas vraiment vu venir » le coup de son coach. L’ancien voltigeur des Clippers semblait être un joueur essentiel du « système » de Steve Nash depuis son arrive l’an passé. Dans un rôle de col bleu, Blake s’est positionné dans le 5 majeur au cours des 17 rencontres auxquelles il a participé. Mais avec la blessure de Joe Harris, l’entraîneur canadien a été obligé de s’adapter pour gagner en efficacité derrière l’arc.

LaMarcus Aldridge, intérieur bien plus adroit à distance que Griffin, a dès lors pris sa place de titulaire. Blake Griffin se veut toujours utile à cet effectif premier de l’Est, mais, comme pour Kemba, on se passerait parfois bien de son apport sur le terrain (5,5 points à 31 % au tir).

Les deux New-Yorkais acceptent leur rôle, en espérant certainement rejouer dans une autre configuration. Si cela fait un choc de voir des coachs se passer de ces deux talents des 2010’s, c’est pour autant la suite logique à leurs deux dernières saisons très moyennes. Bien que leurs cas soient différents, ils pourraient tout de même connaître le même sort avant le printemps.

L’homme qui volait 3 milliards sort enfin du placard

Absent depuis le début de la régulière, John Wall devrait enfin faire son retour sur les parquets. Il n’aura ni le premier rôle, ni l’envie se positionner à long terme à Houston, mais pourra enfin se remettre en forme en vue d’un trade. Une transaction qui paraît inévitable, tout comme le fait de devoir faire jouer le meneur pour trouver preneur. La gestion désastreuse de son cas pose de plus en plus de questions sur la crédibilité des cadres de ce cirque texan.

En quelques mois, les Rockets ont connu une véritable descente aux enfers. Parmi les leaders de la ligue en 2019, les voilà avec le pire bilan de l’Ouest (6-16). Et même si les fusées ont décollé pour la première fois de la saison cette semaine avec cinq victoires consécutives, la plus longue série de la ligue à l’heure actuelle, il faut garder les pieds sur terre.

Le rookie Jalen Green — qui ne reste pas sur de satisfaisantes parties — est sur la touche depuis une semaine en raison d’un bobo à l’arrière de la cuisse. C’est donc Christian Wood et Kevin Porter Jr qui tiennent — avec quelques complications — la maison en ébullition.

Christian Wood et Kevin Porter Jr, leaders par défaut des Rockets et cibles de nombreuses rumeurs. Photo : Godofredo A. Vásquez / Houston Chronicles

Le premier, qui a été coupé en pleine ascension l’an passé, retrouve petit à petit son niveau d’antan, mais doit gagner en régularité. Le second, lui aussi, oscille entre bonnes et mauvaises performances, mais sa progression reste encourageante. Malheureusement, signe d’un management peu inspiré, quelques rumeurs annoncent Kevin Porter Jr comme une possible pièce de l’effectif à marchander avant la mi-février.

S’il est clair que ces Rockets occuperont les fonds de leur conférence, il est quand même regrettable de voir ce jeune effectif à développer entre les mains de gestionnaires aussi peu fiables. À Houston, on vit au jour le jour, et cela ne présage rien de bon pour le lendemain.

Le village s’endort, les loups-garous se réveillent

Les Wolves font sensation ! Menée par un trio de jeunes loups autant affamés que complémentaires, la meute du Minnesota est très plaisante à voir évoluer cette saison. Malgré le fâcheux contexte en interne avant le démarrage de la régulière, les Wolves ont su déjouer les pronostics en s’appuyant sur tout un collectif.

L’effectif de Chris Finch compose avec trois loups alpha : D’Lo, Ant Man et KAT. Respectivement à 19, 22 et 24 points de moyenne en ce début de saison, les trois joueurs tiennent, ensemble ou à tour de rôle, la maison de Minneapolis.

Si le franchise player n’est pas encore bien identifié, il ne fait aucun doute que la franchise possède dans ses rangs un potentiel incroyable en Anthony Edwards. Une bête spectaculaire, confiante de son talent et développant de plus en plus de polyvalence dans son jeu. Le sophomore était l’arme qu’il fallait pour faire passer un cap aux Wolves d’un Karl Anthony Towns souvent mal accompagné.

Mis à part un trio de tête qui se dessine de plus en plus, la Conférence Ouest se tient dans un mouchoir de poche. Au sein de celle-ci, les Wolves partagent les mêmes rangs que des équipes aux problématiques variées et capables de vite décrocher. Avant qu’il ne soit trop tard, nos loups doivent impérativement chasser une place en Playoffs.

Avec 7 victoires en 10 matchs, les Timberwolves sont devenus menaçants, et même réguliers ! Une première depuis de longues années. Néanmoins, Minnesota dispose d’un calendrier assez dense qui pourrait quelque peu déséquilibrer cette dynamique.

Teddy vous assist

Vos questions, nos réponses. Chaque semaine, nous répondons aux questions que vous nous avez envoyées par mail ou sur nos réseaux sociaux. Pour nous faire parvenir vos questions, envoyez un mail à contact@lanalyste.fr

À l’approche de Noël, le retour de Klay Thompson se précise. Photo : Ezra Shaw / Getty Images

Q : Que peut-on attendre de Klay Thompson et James Wiseman en G League ? — Pierre G.

R : Absent depuis deux ans et demi et sa chute au match 6 des Finales 2019, Klay Thompson programme son retour sur les parquets NBA au 20 décembre prochain. D’ici là, il a fait un saut avec l’équipe de G League des Warriors pour finir sa rééducation. Le second, James Wiseman, a subi une déchirure du ménisque et ne joue pas depuis le mois de mars.

Tout comme Thompson, James Wiseman devrait passer par la case G League. À la différence de son ainé, l’intérieur débutera sa saison — sa seconde chez les professionnels — seulement en 2022. Pour le moment, le sophomore poursuit son travail de renforcement musculaire avant de faire du « scrimmage ».

Envoyer en G League un NBAer accompli pour retrouver son niveau et prendre en confiance après une période d’absence devient tendance. Il y a deux semaines, c’est Serge Ibaka qui s’était prêté au jeu de l’antichambre de la NBA avant d’assurer son retour à 100 % pour une treizième saison au plus haut niveau. Une mise en route efficace puisqu’il a engrangé 15,5 points de moyenne en moins de 28 minutes de jeu.

Imaginer Klay en G League reste assez cocasse et promet un festival de la torche humaine. Mais l’objectif est tout autre. L’arrière ne jouera pas le moindre match. C’est ce qu’a en tout cas indiqué le coach des Santa Cruz, Seth Cooper. Les Warriors l’ont envoyé pour que le joueur retrouve des sensations maintenant qu’il n’a plus de restriction. Un temps propice pour enchaîner les filoches et se réhabituer à des systèmes de jeu collectif.

Voilà ce que l’on attend du passage de Klay avec l’équipe de G League. Un choix qui correspond à la philosophie des Warriors et qui a été bien accepté par Thompson. D’autant plus que Golden State, parti jouer à l’extérieur, n’était pas en ville cette semaine pour accueillir Klay à l’entraînement.

Sportivement, il n’y a rien à attendre de cette dernière étape. Pour autant, l’initiative de Golden State est vraiment à saluer. Elle va permettre de relancer en douceur ses deux protégés au lieu de les envoyer directement sous le feu des projecteurs et au sein d’une équipe qui fonctionne très bien sans eux. Atténuer la pression et parfaire la guérison, c’est bien ça l’utilité de les envoyer en G League, surtout après une période de dépression pour le Splash Brother.

Écouter cet article

Lisez aussi

Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Accepter En savoir plus