Indiana programme enfin sa reconstruction — Le Courrier de L’Analyste

Tout est plus lent quand on n’a pas la connexion !

par Teddy Perez

Indiana vit une énième saison compliquée et sans saveur. Actuellement 13e de la conférence Est avec un bilan de 10 victoires pour 16 défaites, les Pacers ne sont plus du tout dans les bons coups de l’Est.

Le collectif des Pacers, prêt à exploser après plusieurs saisons dans le ventre mou. Photo : Isaiah J. Downing / USA TODAY Sports

Un sort malheureux, mais finalement peu surprenant quand on s’intéresse aux ajustements dans l’effectif effectués cet été. C’est bien simple, il n’en y a pas eu. Les leaders, qui ne sortaient pas d’une grande saison collective l’an passé, n’ont pas été bousculés à l’intersaison. Ils ont même eu l’honneur de voir débarquer dans leur rang Rick Carlisle pour redynamiser cette équipe. Mais cela ne suffit pas.

Mis à part un TJ Warren, absent et qui ne fera pas son retour avant 2022, les Pacers disposent de joueurs qui ont fait leurs preuves dans la grande ligue. Mais ces joueurs n’arrivent pas à s’unir pour devenir un groupe compétitif. Pire encore, le jeu produit est peu inspiré et — à l’image des performances des principaux représentants — très irrégulier. Les facteurs déclencheurs d’un coup de tonnerre dans l’Indiana.

Kevin Pritchard, le président des opérations basket, et son équipe dirigeante sont prêts à réaliser des changements majeurs. Ils envisagent enfin une reconstruction en se mettant à l’écoute des offres pour trois de leurs cadres : Domantas Sabonis, Myles Turner et Caris LeVert. Les bureaux risquent d’être bien agités d’ici la trade deadline de mi-février.

Les Pacers n’ont pourtant pas l’intention d’activer le mode « tanking ». La franchise compte se rebâtir avec les quelques pièces de talents arrivées récemment et d’autres nouveaux joueurs qui viendront s’ajouter au roster à la suite de trades. Malcolm Brogdon, qui a signé une extension de contrat jusqu’en 2025, et le rookie Chris Duarte ne font d’ailleurs pas partie de la liste des joueurs transférables. Une base très légère, mais on se contentera de cela avant d’y voir plus clair sur un projet à la dérive et qui souhaite viser un meilleur cap.

La renaissance de DeRozan

Depuis quelques jours, la saison NBA n’a plus la même saveur. Tout le monde s’accorde à le dire… Peu importe les performances des uns et des autres, ne plus pouvoir profiter de DeMar DeRozan — actuellement en protocole sanitaire — est un drame pour tous les fans. Une absence qui a également marqué sa franchise, lourdement défaite par les Cavaliers cette semaine.

Qui l’eût cru ? À Chicago, DeRozan ouvre une nouvelle page de sa carrière. Après trois ans d’excellente facture dans le Texas à se perdre dans un effectif en pleine transition, l’ailier de 32 ans s’éclate dans une équipe de morts de faim. Et bien qu’il partage les pleins pouvoirs avec Zach Lavine, le multiple All-Star a bien montré qu’il était un leader né, ce qu’il a déjà prouvé à Toronto et San Antonio par le passé.

Au bout de 24 matchs cette saison, il atteint sa deuxième meilleure moyenne en NBA, avec 26,4 points par rencontre à 50 % au tir. Ce qui fait de lui le quatrième meilleur scoreur de la ligue cette saison, la classe.

Sous le feu des projecteurs, DeMar DeRozan retrouve l’attention du public. Photo : Nathaniel S. Butler / NBAE via Getty Images

DeMar DeRozan a toujours su prouver, durant les saisons régulières du moins, que l’on pouvait compter sur lui et ses qualités dans un collectif fonctionnel. Tout comme sa franchise, il retrouve aujourd’hui goût au basket et surtout à la victoire. Dans un rôle de playmaker qui lui va à merveille et qu’il a tant perfectionné sous Popovich, il gère le tempo d’une équipe bien organisée en attaque.

Les Bulls sont deuxièmes de l’Est et ne faiblissent pas malgré le retour des Bucks. Au contraire, les spectaculaires Chicagoans n’ont plus peur de regarder vers l’avant en se situant à une longueur de Brooklyn. Et ça, DeMar DeRozan, le poison offensif aux moves « Mambesque », y est pour quelque chose !

La Saga Africa repart pour une nouvelle danse : attention les secousses !

La première édition de la Basketball Africa League, en 2021, avait tenu toutes ses promesses. Le 5 mars 2022, la ligue qui réunit les meilleures équipes du continent entamera ainsi sa seconde saison.

L’événement sportif reprend avec la volonté de s’élargir à davantage de pays et de faire une deuxième saison « encore plus incroyable » que la première, pour citer Amadou Gallo Fall, le président de la BAL. Douze équipes seront réparties dans douze pays différents pour trente matchs de saison régulière et huit rencontres de playoffs.

Pour faire partie de cette ligue de « classe mondiale », les heureux élus devront passer par un tournoi qualificatif organisé par la FIBA. La compétition finale se déroulera en trois étapes : la première à Dakar (Sénégal), la deuxième sur les terres du champion en titre — le Zamalek Sporting Club — au Caire (Égypte) et une troisième décisive au Rwanda du 21 au 28 mai.

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Depuis quelques saisons, le Jazz revient à la mode. Photo : Rocky Widner / NBAE via Getty Images

Q : Le Jazz peut-il être considéré comme un contender ? — Vincent A.

R : À écouter Rudy Gobert après sa prestation « clutch » face aux grands Cavaliers et qui qualifiait le Jazz d’une future « grande équipe », je pourrais aisément répondre par la positive. À regarder le chantier de notre pivot français contre Joël Embiid (17 points et 21 rebonds), je me positionnerais toujours dans ce sens. Enfin, à admirer les résultats du mois (10 victoires en 12 matchs) de ce collectif sur le podium de la Conférence Ouest, j’affirmerais de nouveau que le Jazz nous joue la joyeuse musique d’un contender au titre.

En témoigne cette belle dynamique, avec la récompense de joueur de la semaine octroyé à Donovan Mitchell et ses cartons à plus de 30 points. L’ailier scoreur, parfois un poil irrégulier, apparaît plus déterminé que jamais. La valeur de son duo avec Gobzilla a souvent été questionnée, mais elle est aujourd’hui à ne plus remettre en cause. À eux deux, ils sont les leaders d’une équipe aux multiples qualités.

Le sage et discret Mike Conley vient néanmoins bien les aider pour faire réussir cette équipe. Quand il n’est pas présent, ce n’est pas la même danse. Nous l’avions vu lors de la série de Playoffs contre les Clippers. Nous l’avons observé à deux reprises cette saison avec un revers quand il n’est pas aux affaires.

La panoplie de « role players » — le terme est ingrat pour les qualifier — est toujours là, elle aussi ! Clarkson, Ingles, Bogdanovic ou encore O’neale : ils ont également les clés de la maison, et ils la font briller à tour de rôle depuis le début de la saison.

Car oui, tout en gardant le socle solide qui a fait son succès lors de la précédente régulière, l’effectif de Quin Snyder a su se saisir de nouveaux joueurs très compatibles dans son roster.

Rudy Gay, le scoreur affamé, Hassan Whiteside, le back-up intérieur repenti, et le jeune Eric Paschall se sont parfaitement adaptés à leurs nouvelles couleurs. Un signe qui ne trompe jamais et qui est souvent affilié aux contenders.

Cette intégration immédiatique s’explique finalement par le fait que c’est un groupe qui se connaît bien, qui a vécu — pour ses plus anciens membres — de grandes désillusions, mais qui s’est malgré tout relevé pour repartir vers son seul objectif : la conquête du titre. La concurrence est rude, mais au sein d’une conférence Ouest en peine pour plusieurs de ses franchises, l’ambitieux Jazz a pris, comme à son habitude, le bon wagon.

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