Dans le ventre mou de l’Est, les charognards ne tiennent pas le bon bout !

par Teddy Perez
Publié le Modifié le

Les finalistes surprises de la conférence Est subissent un contrecoup compréhensible pour une équipe bien plus attendue que l’année passée. Les Hawks sont repartis au combat avec les mêmes œufs dans leur nid. Cependant, et malgré leurs forces, ils se frottent à des effectifs plus compétitifs qu’auparavant dans leur propre conférence.

Bulls, Wizards et Cavaliers, ces franchises qui ne figuraient pas en Playoffs lorsque Ice Trae refroidissait tout New York se classent désormais au-dessus des Hawks. La darling des Playoffs 2021 doit redevenir ce qu’elle était, quitte à entreprendre quelques changements radicaux pour reprendre son envol.

Le tout début de la saison, les faucons l’ont démarré en mode avion. Les défaites se sont enchaînées jusqu’à ce qu’à la mi-novembre le collectif rectifie le tir. S’en est alors suivi une belle série de victoires rassurante, pour finalement retrouver le visage d’une équipe en manque de confiance. Un symptôme qui s’observe lors de leurs money times, comme lors des affrontements quasiment successifs face aux Hornets, puis aux Nets à l’entame du mois. Les coups de chaud de Trae Young et l’attaque collective dans sa globalité ne suffisent plus à Atlanta pour gagner quand le score se resserre et la pression les dessert. Oui, Atlanta Chawks.

Il est grand temps de défendre son nid

Comme pour toutes les franchises de la ligue, les Hawks subissent les absences « protocolaires », mais également sur blessures de joueurs cruciaux. Nate McMillan adapte alors sans cesse son roster du soir, ce qui n’aide pas à trouver le rythme. Pour autant, il faut noter le manque de régularité des Capela, Huerter ou encore Bogdanovic qui doivent, aux côtés de Trae Young, porter la franchise dans les hauteurs d’une conférence Est bien plus dense qu’à l’accoutumer.

Enfin prolongé après une saison à de doutes, ce John Collins à 123 millions de dollars sur cinq ans — player option comprise — a, de fait, gagné en responsabilités après quatre ans en NBA. Bizarrement, cette majoration ne s’y retrouve pas dans ses statistiques. Oui, l’intérieur voltigeur doit faire plus. En particulier dans son apport défense, où il doit se révéler comme une vraie menace pour quiconque souhaite s’approcher du cercle — un secteur dans lequel il peut encore progresser.

Le coach s’adonne donc à des tests, et cela profite à Timothé Luwawu-Cabarrot. Depuis le 1er décembre, notre ailier français n’a jamais cessé d’apparaître dans le cinq de départ. Dans une NBA agitée par le Covid, Timothé se montre et apprend petit à petit aux côtés des plus grands de son équipe. Il nous a d’ailleurs gratifiés d’une affiche à 23 points lors d’une victoire à Minnesota. C’est de ce type de soldats, plus incisifs et préoccupés en défense, dont Atlanta a besoin pour rivaliser avec les meilleures attaques de la ligue.

C’est une transition parfaite pour aborder les manquements défensifs d’une équipe — soi-disant — ambitieuse. Pour ce qui est de performer en attaque, pas de problème. Les Hawks possèdent le 4e offensive rating de la ligue avec 112,8 points pour 100 possessions, mais ils ne peuvent plus se cacher derrière cela quand on connaît leurs objectifs. Le collectif est également le 7e pire defensive rating de la ligue avec 111,2 points encaissés sur 100 possessions.

Trae Young (Atlanta Hawks)
Trae Young, jeune leader des Hawks. Photo : Brett Davis / USA TODAY Sports

Le fait que Trae Young soit le leader et, par conséquent, le joueur au plus haut temps de jeu dans l’équipe met un sérieux plomb dans l’aile aux faucons. Contre les Rockets, Trae a été particulièrement ciblé par Eric Gordon et DJ Augustin dans le dernier quart-temps d’une rencontre qui a tourné en la faveur de Houston. Les deux guards avaient alors compilé 26 points dans les dernières 12 minutes.

Trop frêle et, mais avec toute l’envie du monde, Trae Young ne fera jamais le poids. C’est le risque à payer pour enflammer la NBA. Cacher un Franchise Player peu investi en défense n’est pas rare dans cette ligue. Puis, on ne le répètera jamais assez, le travail défense et une épreuve collective. Ce n’est que comme cela qu’elle sera accomplie.

Le statut d’Atlanta aurait-il (déjà) changé ?

Pour espérer revivre le coup d’éclat des derniers Playoffs, il y a sûrement quelques modifications à opérer au sein d’un roster qui, on le répète, n’est toujours pas au complet. Durant la saison précédente, nous nous inquiétons — à raison — du projet des Hawks quand ça n’allait pas entre Trae Young et Lloyd Pierce.

Une fois McMillan promu, les problèmes se sont évaporés et Atlanta a repris un souffle bien oxygéné pour la suite. Peut-être faudrait-il, cette fois-ci encore, provoquer le changement.

À l’approche des fêtes de fin d’année, on ne spécule pas seulement sur le contenu des paquets cadeaux. À Atlanta, l’avenir de Cam Reddish est remis en question. L’ailier, qui doit être un élément fort du projet des Hawks, ne fait pas encore son trou dans cette équipe malgré un temps de jeu plus que confortable — 22 minutes en commençant sur le banc.

Cameron Reddish (Atlanta Hawks)
Cameron Reddish, 10e choix de la Draft 2019, pourrait faire les frais du mauvais début de saison des Hawks. Photo : Justin Ford / Getty Images

Blessé en février 2021, il avait manqué une trop grande partie de sa saison sophomore. Il avait fait un court retour, plutôt prometteur d’ailleurs, lors de la série face aux Bucks, mais n’a pas vraiment contribuer à l’alchimie créée sur les parquets durant la postseason.

Cam Reddish serait donc disponible sur le marché des transferts, mais il ne faudrait pas se faire trop d’illusions sur les potentielles contreparties. Reddish, ses 11 points de moyenne au bon pourcentage et ses qualités athlétiques ne constituent pas une garantie pour un joueur arrivé dans la ligue en 2019. À voir désormais quelle franchise est prête à se séparer d’un joueur, ou d’un premier pick de Draft — le prix attendu d’après The Athletic — pour s’emparer de la Cam ?

En l’espace d’un an, les Hawks de Trae Young ont gagné en respect et considération. Ils sont désormais plus attendus lorsqu’ils se déplacent en ville et deviennent même un défi pour toutes les équipes qui ont ajouté les finalistes de conférence sur leur tableau de chasse.

Malheureusement, le succès et la lumière ramènent avec eux tous les ennuis du monde. Maintenant qu’ils sont allés là où personne ne les attendait, que veulent-ils viser ? Et surtout, comment peuvent-ils l’atteindre ? Il y a fort à parier que, pour tous les membres de l’organisation, une élimination en demi-finale de conférence — ou même moins — serait synonyme d’échec.

Pourtant, partis comme ils sont, imaginer les faucons planer vers un plus beau final que l’année passée est inconcevable. Ils ont des forces indéniables, un collectif qui oscille entre expérience, talent et polyvalence. En cette seconde partie de saison, il faudra désormais s’en servir pour, au moins, retrouver de la régularité et se mettre à l’abri d’une place qualificative provisoire pour les Payoffs NBA.

Photo : Adam Hagy / NBAE via Getty Images

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