Chicago en quête de gloire

par Enzo Brule
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La saison dernière de Chicago a rimé avec surprises et déceptions. Nouveau coach, 4e choix de Draft et une star en devenir, Chicago commençait sa campagne avec de nouvelles bases et la ferme intention de jouer le Play-In. Cependant, malgré une trade deadline agitée, les Bulls se sont classés 11e de l’Est avec rien d’autre que de la frustration.

2020-21 : L’espoir puis l’inquiétude

Au moment de commencer la saison 2020-21, Chicago était entremêlé d’espoirs et de doutes. L’arrivée de Billy Donovan faisait partie de ces espoirs. L’ancien Head Coach du Thunder arrivait avec une expérience de Playoffs passés et venait de redorer son image en qualifiant OKC version CP3 en post-season. Une bouffée d’air pour Donovan, lui, si souvent abonné aux mauvaises décisions. Néanmoins, à Chicago, il a essuyé un échec pour sa première saison. Plusieurs joueurs comme Wendell Carter Jr n’ont jamais été correctement utilisés et ses choix tactiques ont coûté plusieurs matchs, trop de matchs, aux Bulls pour espérer réussir leur objectif du Play-In. Les Bulls ont terminé la saison avec un bilan de 31 victoires pour 41 défaites.

Coby White, n°7 de la Draft 2019, faisait lui aussi partie des espoirs de la saison des Bulls, c’est révélé être lui aussi un échec. Après une année rookie compliquée, où le meneur n’a jamais su comment être l’un des premiers rôles d’une franchise NBA, White a réalisé une deuxième année du même acabit. Basculé au poste d’arrière, il n’a pas répondu aux attentes placées en lui et ne s’est jamais adapté au jeu de Billy Donovan. Les doutes le concernant dépassent désormais les espoirs. Coby White a fait une saison avec 15,1 points, 4,8 passes décisives, 4,1 rebonds de moyenne. À noter tout de même des pourcentages corrects avec notamment 41,6% au tir ou encore 90,1% aux lancers.

La mi-saison de Nikola Vucevic est difficile à juger. Le pivot est arrivé à la fin du mois de mars et n’a eu que 26 matchs à jouer. Le sort des Bulls était déjà joué. Le monténégrin a réalisé une demi-saison avec 21,5 points, 11,5 rebonds et 3,9 passes décisives de moyennes. Des statistiques légèrement en baisses comparées à son début de saison au Magic.

Zach LaVine et Patrick Williams, les deux hommes forts de la dernière saison de Chicago.
Photo : Chris Schwegler / NBAE via Getty Images

Parmi les espoirs confirmés de la saison dernière sont présents Zach LaVine et Patrick Williams. Zach LaVine est devenu All-Star. L’arrière a confirmé qu’il était la star principale de ces nouveaux Bulls et qu’il fallait compter sur lui, avec une saison avec 27,4 points, 5 rebonds, 4,9 passes décisives de moyenne en 58 matchs. Leader sur le terrain, LaVine a prouvé que les Bulls étaient sur la bonne direction pour leur avenir.

Patrick Williams, choix numéro 4 de la Draft 2020, a réalisé une très bonne saison rookie. Drafté plus haut que ce qui était attendu, l’ailier-fort n’a manqué qu’un seul match et est donc le joueur des Bulls ayant le plus joué. Il a d’ailleurs figuré à 71 reprises dans le 5 majeur. Si ses stats de la saison sont basses, son impact dans le jeu a été très important et Williams a été d’une grande importance dans la saison de Chicago.

Intersaison : Les nouveaux Bulls Brothers

ArrivéesDéparts
DeMar DeRozanLauri Markannen
Lonzo BallDaniel Theis
Alex CarusoThaddeus Young
Javonte GreenDenzel Valentine
Derrick Jones Jr.Al-faruq Aminu
Tony BradleyGarrett Temple
Stanley JonhsonThomas Satoransky

La grande recrue de l’intersaison est DeMar DeRozan. Le désormais ex-ailier des Spurs a rejoint les Bulls via un sign & trade incluant Thaddeus Young, Al-faruq Aminu et des tours de Draft. DeRozan arrive avec plusieurs expériences de Playoffs et toutes ses qualités offensives. Après trois années moyennes du côté de San Antonio où il n’a pas toujours été au niveau attendu, DeRozan vient à Chicago pour jouer les Playoffs et pourquoi pas le titre. Pour rappel, il avait déclaré avant la Free Agency : “On essaie de trouver le meilleur équilibre, mais à ce stade de ma carrière, l’opportunité de gagner un titre pèse davantage, surtout au regard de ma carrière. J’ai eu la chance de gagner beaucoup d’argent. Le but ultime est toujours de se battre pour un titre.”

Dans ce transfert, la plus grosse perte est celle de Thaddeus Young. L’ailier-fort avait signé en 2019 et n’a donc passé que deux ans à Chicago. Une perte surtout défensive pour Billy Donovan, mais qui était inévitable pour accueillir DeMar DeRozan.

DeRozan et Caruso lors du premier match de présaison. Photo : Jeff Haynes / NBAE via Getty Images

L’autre grande recrue de l’intersaison des Bulls est Lonzo Ball. Chicago recherchait son nouveau meneur principal pour avoir de la stabilité. Lonzo Ball, lui, souhaitait recharger son capital confiance auprès d’une équipe prête à l’accueillir les sabots ouverts. L’ancien de UCLA tiendra un rôle très important chez les Bulls et aura la lourde responsabilité de donner assez de ballons aux autres stars de l’effectif sans en perdre pour lui-même.

L’arrivée d’Alex Caruso rentre dans les meilleurs coups des Bulls cet été. L’ex-Laker a signé un contrat de 37 millions sur quatre ans, très avantageux pour les Bulls. Carushow vient renforcer la rotation de Chicago après de belles années chez les Lakers où il aura démontré toutes ses qualités.

Lauri Markkanen a été transféré chez les Cavaliers. Le finnois n’a jamais été à la hauteur des attentes depuis sa Draft et n’a pas convaincu à Chicago. Derrick Jones Jr arrive en provenance de Portland pour surtout pallier le manque de joueurs sur les postes plus défensifs et faire partie de la rotation, tout comme Tony Bradley.

Facteur X : Une alchimie à trouver

L’une des clefs de la réussite de Chicago cette saison est de trouver de l’alchimie sur le terrain entre tous les leaders de l’équipe. Lonzo Ball, Zach LaVine, DeMar DeRozan et Nikola Vucevic seront tous les quatre sur le devant de la scène cette saison. “Il n’y a qu’un ballon sur le terrain” est une phrase clichée dans le basketball mais qui peut rapidement être une réalité pour les Bulls et un véritable casse-tête pour Billy Donovan.

Lonzo Ball aura le rôle le plus important sur le terrain. Étant meneur, il devra alterner entre systèmes et improvisations pour être le plus efficace possible, car c’est lui qui gèrera la distribution de balle. Depuis la saison dernière, Ball a su s’améliorer sur son jeu offensif, notamment sur sa palette offensive et ses tirs à 3 points.

Lonzo Ball, nouvel homme clef de Chicago. Photo : Jeff Haynes / NBAE via Getty Images

Zach LaVine semble être le perdant de toutes ces additions. Plus grande star l’an passé, LaVine va devoir céder un certain nombre de ballons touchés et revoir son positionnement sur le terrain. L’arrière va devoir s’effacer sur certaines occasions et prendre la lumière sur d’autres pour le bien de l’équipe. Une tâche différente de celle qu’il a connue jusqu’à maintenant. Cependant, LaVine resterait la première option offensive des Bulls.

DeMar DeRozan, nouvel ailier, va certainement devenir quant à lui la deuxième option offensive. Ayant des qualités différentes de LaVine, l’ancien joueur de Toronto va devoir s’adapter dans une nouvelle équipe et dans une situation qu’il n’a jamais connue lui aussi. La permutation offensive entre lui et LaVine sera à suivre.

Nikola Vucevic lui, sera probablement le joueur le moins impacté dans cette histoire. Pivot, il sera toujours servi au poste et jouera les picks & rolls. Cependant, il pourrait toucher moins de ballons, notamment derrière la ligne des 3 points où il n’est plus l’un des meilleurs joueurs derrière l’arc.

Cette alchimie va prendre du temps et évoluera. Il y aura forcément des moments dans la saison où des joueurs seront moins bons et les autres devront prendre la relève, et inversement. Il ne faudra donc pas compter tout de suite sur une équipe qui fonctionnera parfaitement. D’autant plus qu’il y a d’autres joueurs comme Patrick Williams à bien intégrer dans un rôle différent, lui aussi, dans cette nouvelle équipe des Bulls.

Cette cohésion n’est cependant pas garantie. Nombreuses sont les équipes qui se sont heurtées à de gros obstacles, car les joueurs et les coachs n’ont jamais pu faire fonctionner leur projet comme ils le voulaient. Même si les profils recrutés par Chicago semblent pouvoir cohabiter, la réussite n’est pas forcément garantie.

Un été pour gagner ?

Lorsque des arrivées et des départs sont effectués dans une franchise, la statistique que l’on mentionne rapidement est le Estimated Win Added. Dans le cadre des Bulls, les arrivées de Ball, Caruso, DeRozan et Bradley permettraient aux Bulls de gagner cette saison 4,5 matchs de plus par rapport à la régulière dernière, ce qui augmenterait donc leur bilan à 35 victoires. Pour les départs de Markkanen, Temple, Theis, Arcidiacono et Theis, l’Estimated Win Added est à 0,74, ce qui porterait le bilan – en comptant les arrivées – à 36 victoires.

La bonne entente entre DeMar DeRozan et Zach LaVine, les deux leaders présumés, sera essentielle pour la réussite de l’équipe.
Photo : Jonathan Daniel / Getty Images

On peut interpréter de plusieurs manières cette statistique, mais elle traduit quelque chose : les Bulls ont réalisé leur intersaison avec l’unique objectif de gagner. Il y a évidemment plus de facteurs pour qu’une équipe gagne des matchs qu’ajouter des bons joueurs dans un effectif et faire partir les joueurs moins bons du projet. Les Bulls ont un coup à jouer dans une conférence Est qui se renforce. Et l’équipe qui était passée proche du Play-In la saison dernière passe directement à l’objectif Playoffs.

Le groupe a été créé avec la volonté de donner un nouvel élan à des Bulls légèrement au ralenti depuis le départ de Jimmy Butler et leurs derniers Playoffs. Si la saison ne se passe pas comme elle est espérée, il est possible que des changements aient rapidement lieu. Notamment sur le coaching staff et Billy Donovan qui n’avait pas convaincu la saison passée et se retrouvent avec du diamant brut à polir le mieux possible.

Cependant, d’autres doutes surviennent sur une potentielle réussite des Bulls cette saison. Des doutes centrés sur le banc. Si ce dernier est fourni en qualités sur les postes de meneurs et arrières, il l’est moins sur le front court. La rotation est un élément important pour la réussite d’une équipe et il est difficile de croire que celle de Chicago permettra d’atteindre tous leurs objectifs. Car si Tony Bradley ou Derrick Jones Jr peuvent apporter, Stanley Johnson ou Alize Johnson risquent rapidement de montrer des limites pour l’envie de succès de Chicago. Un manque cruel de profils dans l’effectif chicagoan. L’inquiétude est bien présente par rapport à l’attaque où les profils offensifs ne manquent pas. Les Bulls pourraient se retrouver dans les meilleures attaques, mais aussi dans les pires défenses. La blessure de Patrick Williams, seul véritable profil défensif de cette équipe, risque de lui faire manquer le début de saison.

Le 5 de départ potentiel

  • MJ : Lonzo Ball
  • A : Zach LaVine
  • AI : DeMar DeRozan
  • AF : Patrick Williams
  • P : Nikola Vucevic

Notre pronostic : 45-37 (6e)

Après avoir fini 11e de la Conférence Est la saison dernière, les Bulls devraient avoir une belle progression qui leur permettrait d’accéder directement aux Playoffs. Un effectif offensif alléchant pour une 6e place directement qualificative pour les Playoffs malgré une défense peu prometteuse. Les attentes placées envers Chicago sont grandes. L’équipe peut devenir une de ces franchises agréables à regarder et qui joueraient les trouble-fête pendant la régulière face aux grosses cylindrées.

À Billy Donovan de prendre le taureau par les cornes et de bien diriger son troupeau pour refaire de Chicago une place forte de la ligue.

Photo de couverture : Jonathan Daniel / Getty Images

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