À Atlanta, the show must go on

par Enzo Brule

Atlanta était l’une des belles surprises de la saison passée. À la 5e place de l’Est et donc de retour en Playoffs, les Hawks ont montré que leur projet tenait la route. Mais surtout, Trae Young, John Collins, Clint Capela et leurs coéquipiers ont choqué la ligue avec l’un des shows les plus impressionnants de la saison.

Après un magnifique parcours de Playoffs, dans lequel les faucons se sont illustrés par leur courage et leur hargne, les attentes ont explosé. Désormais, les Hawks ne sont plus seulement une équipe d’avenir, ils ont posé leurs serres sur la Conférence Est et ne comptent pas les desserrer de sitôt.

2020-21 : Des bas et des hauts

La saison 2020-21 d’Atlanta peut être divisée en deux parties distinctes : l’avant et l’après McMillan.

Avant le 1er mars, la saison des Hawks est en dents de scie. Alors que les séries de victoires s’arrêtent à trois, les défaites se succèdent par séries de quatre, parfois plus. Lloyd Pierce, réputé pour avoir réussi à développer les jeunes de l’effectif, n’entretient pas de bonnes relations avec certains d’entre eux, bien au contraire.

Trae Young et John Collins, les deux stars des Hawks, ne comprennent pas les décisions tactiques de leur Head Coach et les rotations choisies en fin de matchs. Cam Reddish, lui aussi, se plaint de son entraîneur et de son rôle dans l’équipe.

Petit à petit, Lloyd Pierce perd un vestiaire dans lequel les tensions règnent, victoire ou défaite. L’un de ses assistants, Chris Jent, en arrive même à devoir jouer le rôle de « messager » entre le coach et les joueurs mécontents. C’est ainsi que le 1er mars, à la suite d’une défaite difficile contre Miami, Pierce est remercié. Les Hawks affichent alors un bilan de 14 victoires pour 20 défaites.

Nate McMillan a su remettre les Hawks sur le droit chemin. Photo : Alex Menendez / Getty Images

Nate McMillan, devenu assistant coach de Pierce avant le début de saison, prend le rôle de coach en chef par intérim. L’ancien Pacer entame son demi-exercice par une série de sept victoires, de quoi convaincre rapidement le collectif.

Entre manière, caractère et tactique, McMillan donne un nouveau souffle aux Hawks ainsi qu’un regain de confiance. Le ballon circule mieux, l’attaque devient de plus en plus efficace. Immédiatement, le nouveau coach redresse la barre et tout sourit à l’équipe.

Dans cette deuxième partie de saison, Atlanta affiche un bilan de 27-11. La franchise termine avec un bilan positif de 41-31 et se positionne à la 5e place de la Conférence Est. Ces résultats sont synonymes de Playoffs, une grande première pour la plupart des jeunes de l’équipe. Tant dans les chiffres que sur le terrain, l’expérience McMillan est un large succès.

Les Hawks arrivent en postseason avec le plein de confiance. Ils doivent se préparer à affronter une autre équipe surprise de la saison : les Knicks. Sans l’avantage du terrain, Atlanta est annoncé perdant par de nombreux observateurs. Mais entre les prévisions et le terrain, la différence est immense.

Pour le Game 1, au Madison Square Garden, Atlanta livre une prestation de qualité et gagne le match dans les dernières secondes grâce à un floater de son franchise player, Trae Young. Plus important encore, par une simple célébration, le meneur devient l’homme le plus détesté de New York. Une situation digne des années 90, qui séduit toute la ligue.

Un geste iconique, gravé dans les mémoires. Photo : Nathaniel S. Butler / NBAE via Getty Images

Pour la suite de la série, McMillan surpasse Thibodeau. Les Hawks font déjouer les Knicks par leur défense sur Julius Randle et anéantissent l’adversaire. Sans que New York puisse voir le jour, la série se termine sur le score de 4-1 en faveur des faucons.

Au deuxième tour, les Hawks sont confrontés à un obstacle de taille. Premiers de la Conférence Est, ce sont les 76ers qui leur barrent la route. La série est disputée, plus qu’attendu, et prend une tournure surprenante. Face à un Embiid affaibli par une blessure et des Sixers complètement déboussolés, les Hawks gagnent la série en sept matchs. Ce triomphe que personne n’avait vu venir montre toute la force d’Atlanta. Guidés par une détermination inébranlable, leurs joueurs brillent individuellement et collectivement.

Alors que beaucoup ne les voyaient pas passer le premier tour, les Hawks atteignent les Finales de Conférence. Cependant, aucune surprise cette fois-ci. Il arrive aux Hawks changer de visage durant la série, en déroute face à des Bucks qui ne veulent rien d’autre que le titre. Battu 2-4, Atlanta finit un exercice haut en couleur avec une seule envie : construire un effectif capable de répéter l’exploit dès la saison prochaine, avec des ambitions toujours plus grandes.

Intersaison : La priorité à la continuité

ArrivéesDéparts
Delon WrightKris Dunn
Gorgui DiengBruno Fernando
Jalen Johnson
Sharife Cooper

Le plus gros chantier de l’intersaison, ce n’est pas les arrivées ou les départs mais bien les prolongations. Sans surprise, Trae Young se voit offrir une extension maximale. Le meneur des Hawks est désormais lié à la franchise jusqu’en 2027, avec un engagement de cinq ans pour 172 à 202 millions de dollars.

Point central de l’été : John Collins, qui avait refusé de prolonger la saison passée pour obtenir un meilleur contrat, a réussi son pari en signant pour 125 millions sur cinq ans. Alors que la franchise avait peur de perdre l’une des principales pièces de son roster, elle s’assure de conserver Collins jusqu’en 2025, avec une Player Option pour la saison 2025-26.

Les Hawks vont jusqu’au bout et offrent une prolongation de deux ans pour 46 millions de dollars à Clint Capela. Travis Schlenk, le GM, met ainsi son groupe en sécurité pour l’avenir. Bien sûr, pour les encadrer, c’est Nate McMillan qui se voit proposer le poste de coach en chef définitif d’Atlanta. Une récompense pour sa saison réussie, et une garantie supplémentaire pour l’équipe.

Ce que le management peut toutefois regretter, c’est l’absence de prolongation de Kevin Huerter. L’arrière n’a encore rien signé et pourrait se retrouver dans la même situation que Collins l’année passée, sans l’assurance d’avoir la même réussite.

John Collins, Trae Young et Clint Capela, tous les trois prolongés cet été. Photo : Scott Cunningham / NBAE via Getty Images

Du côté des arrivées, nous pouvons noter celles de Jalen Johnson et Sharife Cooper par la Draft. Deux choix inattendus compte tenu de la position des Hawks. Considéré comme un joueur à fort potentiel mais difficile à canaliser, Johnson ajoute une profondeur plus que bienvenue à l’aile. Sharife Cooper, lui qui a signé un two-way contract, tentera de s’imposer comme le backup de Trae Young. Avec cette chute difficilement explicable en 48e position, Atlanta pourrait avoir réalisé un steal tout en répondant à l’un des besoins majeurs du groupe.

Delon Wright et Gorgui Dieng viennent renforcer les postes de meneur et de pivot, tout en apportant une expérience très recherchée par cette jeune équipe. Les départs de Kris Dunn et de Bruno Fernando sont quant à eux logiques au vu de ces arrivées.

Pour l’intersaison, le Front Office des Hawks a préféré la stabilité à la précipitation. On ne change pas une équipe qui gagne. L’ajout de jeunes talents, de vétérans et la prolongation de certains joueurs clés font de l’intersaison une réussite totale.

Facteur X : Vivre ou mourir avec John Collins

Il était le joueur à suivre de la saison passée pour Atlanta. John Collins a prouvé qu’il méritait un rôle plus important et qu’il pouvait apporter bien plus que sa palette offensive. Prolongé cet été avec 30 millions de plus que ce qui lui était proposé l’automne dernier, Collins porte désormais fièrement la casquette de lieutenant.

Pour l’ailier fort, cela implique qu’il devra continuer sur son excellente lancée. Il avait réalisé une saison de haut vol avec 17,6 points, 7,4 rebonds, 1,2 passe décisive, 1,0 contre par match de moyenne, en ayant pris part à 63 matchs sur 72. Si ces statistiques sont moins bonnes que celle de la saison 2019-20, son impact sur le jeu des Hawks est quant à lui bien plus important, notamment sur le plan défensif.

Le pari pris par Travis Schlenk est important. Avec la prolongation de Collins, il est désormais difficile d’imaginer de véritables évolutions dans l’effectif d’Atlanta. Le projet de la franchise se construit sur la confiance et sur la continuité, ce qui signifie que son succès devra nécessairement passer sur les joueurs déjà présents.

John Collins en extension lors de son dunk fou en présaison. Photo : Kevin C. Cox / Getty Images

Pour la saison 2022-23, les Hawks ont déjà garanti 115 millions de dollars de salaires. Ce total ne prend pas en compte les 22 millions de Team Options pour Hunter, Reddish et Okongwu, ni le contrat à venir de Huerter.

Jusqu’en 2025, les finances de la franchise seront essentiellement réparties entre Collins, Young et Capela. Cela bloquera sans doute la franchise pendant la Free Agency, et même pour prolonger les autres joueurs prometteurs de l’effectif.

C’est donc simple : les Hawks doivent vivre ou mourir avec les trois piliers de leur effectif. Parmi eux, Collins est sans doute celui dont le potentiel est le plus difficile à évaluer. L’ailier fort forme un formidable duo avec Trae Young depuis trois ans. Son niveau de jeu s’est élevé sous Nate McMillan, ses qualités athlétiques et sa réussite au tir ont été primordiales dans le parcours de l’équipe en Playoffs.

Seulement, pour assurer le succès de son groupe, John Collins doit désormais s’imposer parmi les meilleurs ailiers forts de la ligue. Il représente la principale force du secteur intérieur des Hawks, mais également leur plus grand espoir sur le plan défensif.

Le niveau de jeu de Collins, principalement en défense, sera certainement la clé de la réussite — ou de l’échec — de l’équipe. Il doit continuer de progresser et de prendre son rôle au sérieux pour justifier l’investissement d’Atlanta et de Travis Schlenk.

Qui à la mène derrière Trae Young ?

L’une des principales problématiques que devra résoudre Nate McMillan cette saison, c’est de veiller à ce quelqu’un assure à la mène lorsque Trae Young se repose sur le banc.

Deux statistiques de la saison passée révèlent un véritable axe d’amélioration pour Atlanta. Avec 24,1 passes décisives de moyenne, Atlanta se classe à la 19e position de la NBA sur cette statistique. Pourtant, Trae Young, du haut de ses 9,4 passes décisives par match, est le 2e meilleur passeur de la ligue. Entre eux, les Hawks s’échangent en moyenne 274,1 passes par rencontre, soit le 5e plus faible total en NBA.

Sans équivoque, Trae Young est le meilleur playmaker et passeur de cette équipe. Mais malgré les améliorations de McMillan concernant la circulation du ballon, les Hawks dépendent trop de leur meneur. Cette saison, qui aura les épaules pour le suppléer lorsqu’il sera mis au repos ?

Arrivé cet été, Delon Wright pourrait être une première réponse à cette problématique. Véritable poste 1, il affichait des moyennes de 10,2 points, 4,3 rebonds et 4,4 passses décisives en 2020-21. Avec sa bonne adresse (46,3% au tir, dont 37,2% à trois points), il devrait logiquement être le principal remplaçant de Young.

Lou Williams, transféré à Atlanta en échange de Rajon Rondo, pourrait également reprendre son rôle de deuxième meneur. Plutôt arrière que meneur lors de ses meilleures saisons, Williams est devenu un combo-guard efficace lors de ses années Clippers. En 2020-21, il tournait à 11,3 points et 3,4 passes décisives par match, à 41 % au tir, dont 39,9 à trois points. 

Lou Williams, potentiel deuxième meneur derrière Young ? Photo : Jesse D. Garrabrant / NBAE via Getty Images

Les deux joueurs ont un rôle à jouer dans l’effectif des Hawks. Lou Williams apporte davantage d’expérience, mais le profil défensif de Wright pourrait bien séduire McMillan. Mais la réponse pourrait bien se trouver dans l’association de ces deux joueurs, tous les deux capables de créer en sortie de banc. Et si deux meneurs remplaçants valaient un Trae Young ?

L’évolution de Sharife Cooper, passeur d’élite en devenir, sera également à surveiller. Avec 8,1 passes décisives de moyenne à Auburn — une moyenne très élevée à ce niveau de jeu —, impliquer ses coéquipiers est sa grande spécialité. Les problèmes de Cooper sont ailleurs, ils se situent sur le plan défensif et physique. Mais en veillant à le développer et à l’utiliser intelligemment, McMillan pourrait bien en faire une très bonne alternative à la mène.

Ce problème de circulation du ballon ne concerne pas seulement le poste de meneur, cela va sans dire. Plusieurs joueurs dans l’effectif pourraient sans doute s’améliorer sur le plan du sens collectif et de la création. Bogdan Bogdanovic et Kevin Huerter semblent avoir des qualités à exploiter sur ce point. John Collins et Clint Capela, eux, ne peuvent que progresser. Impliquer tout le roster dans la résolution de ce problème pourrait bien permettre aux Hawks de passer un nouveau cap.

Le 5 majeur potentiel

  • MJ : Trae Young
  • A : Bogdan Bogdanovic
  • AI : De’Andre Hunter
  • AF : John Collins
  • P : Clint Capela

Notre pronostic : 48-34 (4e)

Après une si bonne saison, difficile d’imaginer une très grande marge de progression pour Atlanta cette année. En jouant la carte de la continuité, Atlanta ne peut espérer beaucoup mieux que de s’inscrire durablement parmi les places fortes de l’Est. Avancer vers la 4e place de l’Est serait déjà satisfaisant au vu de la concurrence.

Les jeunes faucons veulent répéter leurs exploits de la saison dernière. La progression des jeunes et la dynamique du collectif pourraient bien leur permettre de faire encore mieux. Les Hawks ont de grandes ambitions, et cela les mènera loin. Que l’ensemble de la Conférence Est soit prévenu. 

Photo : Mark Brown / Getty Images

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