JJ Redick : Un role player aux multiples facettes

par Clément D.
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J.J. Redick a annoncé par l’intermédiaire de son podcast qu’il se retirait des parquets. Reconnu par ses pairs comme l’un des meilleurs spot-up shooteur, le père de famille veut désormais consacrer son temps à ses enfants. Pendant quinze ans, le gamin du Tennessee a inscrit des tirs à 3 points avec classe, rigueur et panache. L’Analyste vous dresse le portrait du 15e meilleur tireur à trois points de l’histoire de la ligue, le tout à 41,47%.

Illustration : Hugo Holgado – @TreizeStudio

La statistique qui le définit : 60,2% au True Shooting percentage

Alors certes un chiffre ne peut pas condenser une carrière si longue. Mais en ce qui concerne J.J. Redick, cette aventure a semblé si linéaire qu’une statistique s’y prêtait à la perfection. Et puis pour les plus cartésiens d’entre nous, ce chiffre peut résumer la rationalité et la rigueur dont cet homme a fait preuve au fil des années.

  • Petit rappel : Le true shooting percentage est une statistique avancée qui rassemble l’ensemble des données liées aux tirs (2pts, 3pts et lancers-francs). Comme l’explique ESPN, un true shooting percentage de 50 est moyen, 55 est bon et vers 60, cela est exceptionnel.

Sachant que l’arrière sorti de Duke était un joueur unidimensionnel axé essentiellement sur le tir à 3 points, 60.2% de TS en carrière vous classe la greatness du basketteur. J.J. Redick est parvenu à obtenir cette excellence grâce à de nombreux paramètres.

Grâce à son travail, l’arrière d’1m90 a développé une créativité et l’a amené à perfectionner l’art du spot-up. Nombreux sont les défenseurs qui ont été pris au piège du malicieux et vif Redick, capable de sortir d’un écran et d’enchaîner du catch-and-shoot destructeur à la pelle. L’une de ses plus grandes prestations a été d’inscrire 41 points face à Texas en décembre 2005. À l’époque, les Texans sont classés numéro 2 du pays et les hommes de Mike Krzyzewski sont, quant à eux, numéro 1. Ce choc universitaire oppose deux candidats au titre de champion universitaire. Face à Lamarcus Aldridge et ses coéquipiers, le meilleur joueur NCAA 2005 et 2006 a pris feu en arrosant de tous les côtés. En marquant 41 points ce jour-là, l’arrière a permis à Duke de l’emporter facilement sur le score de 97 à 66. Mais, il a surtout marqué les esprits des spectateurs présents ce soir-là en exposant sa vivacité d’appui, son endurance et son goût de l’effort.

Une histoire : la réunion d’une vie

À l’instar de Grant Hill, J.J. Redick est reconnu comme étant un nice guy sur et en dehors des parquets, mais cela n’a pas toujours été le cas.

Au cours de ses quatre années à Duke, J.J. Redick n’a pas été très professionnel. Ses soucis de comportements ont su ternir sa réputation pendant ces deux premières saisons. Mais pire que ses débordements, les fans et les joueurs des équipes adverses lui ont causé le plus grand mal. Comme l’avaient subis Christian Laettner au début des 1990’s et Grayson Allen il y a peu, Jonathan était vu comme la vilaine star « blanche » de Caroline du Nord que l’entièreté du pays se devait de haïr. Une chose difficilement surmontable à 18 ans.

Dans un épisode de son podcast avec Coach K en invité, il a révélé que son année sophomore fut l’une de ses plus grosses épreuves. À l’occasion de la venue de sa sœur sur le campus, il lui a évoqué son envie d’arrêter le basketball à cause de cette pression nocive et toute cette haine générée par son statut. « Tu as payé le prix d’être célèbre » assure le coach universitaire. Selon ce dernier, Redick n’était pas préparé de par son jeune âge et de son manque d’expérience. Mais en traversant ce pont tumultueux, Redick a grandi en tant qu’homme.

Vidéo du podcast entre JJ Redick et son coach universitaire, Mike Krzyzewski.

Une discussion cruciale survenue le 21 mai 2004 a transformé la vie de l’athlète. Ce jour-là, les deux hommes se réunissent dans le cabinet de Mike Krzyzewski. Redick n’était pas au mieux mentalement. Il la décrit comme étant la journée la plus importante de sa carrière de basketteur. Beaucoup d’affections ressorts de cette réunion, car Mike Krzyzewski lui a montré qu’il était entouré de gens qui l’aimaient et qui savaient passer outre ses actes. « Je ne pensais pas mériter une seconde chance, mais le fait que tu m’accordes cette seconde chance et que tu me dises que nous allons t’aider à faire ça bien […] Cela a été un changement de vie» proclame le retraité. Et la suite, nous la connaissons !

L’un des meilleurs arrières tireurs à trois points de tous les temps avec un timing et des courses marathoniennes ayant inspirés des joueurs comme Duncan Robinson. J.J. Redick a joué en playoffs 13 années consécutives. Il fait aussi partie du panthéon des joueurs de l’Université de Duke en étant le meilleur marqueur de l’histoire (2,769 points) devant Johnny Dawkins. Un modèle de régularité avec une éthique de travail exemplaire.

Ses réussites dans la grande ligue

JJ Redick raccroche ses sneakers sans avoir remporté le moindre de titre de champion NBA. Pour autant, sa carrière n’a rien à envier à certains bagués. Il a même su briller et être une pièce essentielle au sein de multiples projets.

À Orlando, il connaît ses premières et uniques Finales NBA. En sortie de banc, il se fait la main dans un collectif polyvalent et huilés autour du Superman et féroce défenseur Dwight Howard. Il reste pendant six saisons en Floride et pourtant, c’est peut-être son passage en Californie que l’on retient le plus. Intégré dans un roster ambitieux à Lob City, il est un titulaire indiscutable au côté de CP3 sur les lignes arrières. Tournant à plus de 15 points de moyenne sur chacune de ses saisons passées sous le soleil de Los Angeles, J.J. Redick surpasse les attentes – à défaut d’atteindre le titre dans un collectif qui s’essouffle peu à peu.

Dans la continuité de ce qu’il a apporté aux Clippers, il part à Philadelphie tenir ce même rôle de « serial shooter ». Là-bas, il réalise ses meilleures saisons sur le plan individuel. Joueur abouti, il se fond parfaitement dans l’effectif d’un « Process » en net développement. En 2017-2018, il réalise pour la troisième fois de sa carrière une saison en 50/40/90. L’année suivante, il atteinte sa plus haute moyenne au scoring avec 18.1 points par match.

Aux Clippers, comme aux Sixers par la suite, JJ Redick a été un élément crucial au rendement du collectif.
Photo : Bill Streicher / USA Today Sports

À l’été 2019, il s’engage avec les Pelicans et tente un dernier défi dans son aventure avec la grande ligue. Il entoure des stars en devenir, tels que le phénomène Zion Williamson et le freak Brandon Ingram, et espère se qualifier une nouvelle fois en Playoffs – comme il l’a toujours été durant toute sa carrière. Un objectif malheureusement vain. J.J. Redick se montre une ultime fois sur nos parquets avec le maillot des Mavs.

Impressionnant de régularité, il fait parti de ces joueurs spécialisés dans le tir longue distance qui ont – c’est certain – inspiré et ouvert la voie à la génération actuelle. Sa voix, il l’a prête désormais dans ses Podcasts. Un autre type de production dans lequel il excelle.

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