Jour de fête chez les Pistons — Le Courrier de L’Analyste

par Teddy Perez
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Dans la nuit de mardi à mercredi se déroulait la traditionnelle loterie de la Draft, la soirée à ne pas manquer pour les losers de la NBA. Cette « lottery » décide de l’attribution des quatorze premiers choix de la prochaine Draft et réserve toujours son lot de surprise.

Le meilleur moment de la saison des Pistons, portés sur la bonne voie dans leur projet de reconstruction.
Photo : Steven Freeman / NBAE via Getty Images

Cette année, le grand gagnant se trouve à Detroit. Les Pistons, deuxième pire bilan de la ligue cette saison, ont hérité du Graal : « The first pick of the 2021 NBA Draft ». Un choix qui se portera très certainement sur un joueur de talent, nommé Cade Cunningham, le crack de cette cuvée. L’arrière des Cowboys aurait par ailleurs l’intention de ne rencontrer qu’une seule franchise avant sa Draft, celle du Michigan, détentrice du first pick.

Le podium est complété par deux équipes également attendues dans les hauteurs de la Draft, les Rockets avec le 2e choix et les Cavaliers avec le troisième. Les Raptors, avec pour représentant le non-drafté Fred VanVleet, ont été agréablement surpris lorsqu’ils se sont vus décerner le quatrième pick.

Le grand perdant de cette soirée est le Thunder, descendu en sixième position, alors que la franchise de l’Oklahoma avait de fortes chances de se retrouver dans le Top 4. Il aurait également pu récupérer le pick des Rockets, s’il avait été un peu plus faible. Avec les nombreux choix que possèdent Sam Presti et son Front Office, OKC pourrait néanmoins marchander ses picks et monter dans cette Draft. Après cette mise en bouche, prenez rendez-vous le 29 juillet prochain pour le dessert, la Draft NBA 2021.

Les Bleues dans le dernier carré, la médaille d’or à aller chercher

Auteurs d’un parcours sans accroc en phase de poule (trois victoires en autant de matchs), les Françaises se voyaient affronter en quart de finale de son EuroBasket la Bosnie.

Trop douces au premier quart-temps, les Bleues sont allées provoquer les fautes et ont rapidement mis dans la pénalité leur adversaire dans le deuxième acte. Sandrine Gruda, leader au scoring et Sarah Michel, la voix du collectif, ont su porter l’équipe de France et imposer leur rythme. 39-31 à la mi-temps, le collectif bleu est largement supérieur aux quelques individualités bosniennes.

Au retour des vestiaires, c’est un tout autre spectacle qui a pris place au Rhénus de Strasbourg. Il nous a été présenté par la tireuse d’élite Marine Johannes en grande réussite derrière l’arc ! Bien plus offensif en seconde période, le collectif de Valérie Garnier a convaincu. La seule véritable menace côté bosnien est venue de l’intérieure naturalisée Jonquel Jones. La joueuse WNBA a battu son record en sélection en marquant 29 points et en totalisant 24 rebonds !

L’équipe de France, qui a bien fait tourner son effectif en fin de rencontre, a remporté ce match 80 à 67.

Qualifiée pour le Final Four du championnat, c’est à Valence, en Espagne, que la France poursuivra sa compétition. Elle défiera la Biélorussie ce samedi à 17 h 30, dans une rencontre diffusée en clair sur W9. Blessée depuis plusieurs jours, la meneuse Olivia Epoupa pourrait faire son retour pour ce match. L’autre demi-finale opposera les Belges de Julie Allemand — victorieuses de la Russie en quart — contre des Serbes qui viennent de faire tomber les tenantes du titre espagnoles.

Les téléspectateurs de retour devant le poste

Voilà de quoi rassurer les dirigeants de la grande ligue durant ces Playoffs. En 2020, les audiences TV de la NBA avaient été désastreuses lors des moments les plus décisifs de la saison. La bulle NBA n’avait pas branché tout le monde, en concurrence directe avec le championnat de Baseball, la MLB. Cette année, les diffuseurs retrouvent le sourire ! Malgré l’absence de plusieurs superstars, les chiffres sont en nette hausse.

Les principaux canaux de retransmission TNT, ABC et ESPN les ont d’ailleurs vu grimper de 39 % entre les demi-finales de conférence de 2020 et celles de 2021. Des pointes à pratiquement sept millions de téléspectateurs ont même été enregistrées lors du Game 7 de Bucks – Nets et plus de 6,2 millions de personnes assistant à l’ultime rencontre de Sixers — Hawks devant leur poste de télévision. Les passionnés se sont également beaucoup plus intéressés au League Pass que l’année précédente (+ 22 % sur le nombre total de souscriptions).

Le retour des fans, devant leur poste ou dans les salles, est un véritable soulagement pour la ligue et pour les joueurs.
Photo : Keith Birmingham / MediaNews Group / Pasadena Star-News via Getty Images

Grâce au niveau de jeu des acteurs de la ligue et au suspens mis dans chaque série, le spectacle proposé plaît au public. Les audiences surpassant ainsi d’autres grands événements sportifs, tels que l’Open de Golf aux US, et atteignant des sommets que la NBA n’avait pas connus depuis plusieurs mois. Et c’est tant mieux ! Pourvu que cela dure lors de la suite de ces phases finales, car les calculs sont très bons, Devin.

Changement de maison pour le prospect français

Le pivot de 17 ans Victor Wembanyama quitte son club formateur, Nanterre 92, pour rejoindre l’ASVEL. Le prodige de 2,23 m et probable lottery pick à la Draft 2023 — il aura alors l’âge minimum pour s’y présenter – restera donc dans l’Hexagone la saison prochaine. Cette année, le « meilleur espoir » de la Jeep Élite a pu montrer une partie de ses talents au plus haut niveau avec les verts, mais également au sein de l’équipe du Centre Fédéral qui évolue en NM1.

Malgré son très bon développement en région parisienne, Victor Wembanyama s’en va vers le club rhodanien. Une prise de risque pour la suite de sa carrière, qui peut cependant se révéler payante. L’ASVEL prendra de nouveau part à l’Euroligue, un énorme plus pour progresser à vitesse grand V. L’équipe de Tony Parker connaîtra beaucoup de turnovers durant son intersaison, surtout au poste d’intérieur puisque Guerschon Yabusele, Moustapha Fall et Amine Noua sont sur le départ. Victor, bien qu’encore un peu frêle pour le jeu au poste et très physique de la future Betclic Elite, aura l’occasion de se faire une place de choix dans un effectif très compétitif.

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Monty Williams, parmi les finalistes pour le trophée de Coach of the Year au terme de la saison régulière, fait briller les Suns en Playoffs.
Photo : Nell Redmond / USA TODAY Sports

Q : Quel est le meilleur coach sur ces Playoffs ? — Enzo V.

R : Alors que les Finales de conférences ont magnifiquement démarré depuis plusieurs jours, les premiers bilans de ces Playoffs 2021 peuvent être dressés. Et cela concerne bien évidemment les tacticiens des bancs.

Sans aucun doute, ce sont bien les entraîneurs encore en compétition que je vais cibler pour cette question. Trois en particulier retiennent mon attention. Pour autant, un coach sort du lot et réalise une campagne dans la lignée d’une saison admirable.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, les candidats Tyronn Lue et Nate McMillan sont à saluer dans ce « classement » tant ils ont respectivement dominé au coaching leur vis-à-vis sur lors des deux premières séries. Malmené à chaque début de confrontation, le capitaine des Clippers a su redresser le navire et a effectué les ajustements qu’il fallait pour prendre l’avantage. Tout comme Nate McMillan, il est passé par un Game 7 et a su mobiliser ses troupes mentalement et physiquement. Contre le Jazz, il a de nouveau fait ce travail en l’absence de Kawhi Leonard et contre le meilleur collectif de saison régulière.

En ce qui concerne l’entraîneur des Hawks, il a tout simplement pris le dessus sur l’homme élu coach de l’année, puis sur celui qui avait fini en tête de l’Est après 72 matchs. Disposant d’un groupe mixte — à la fois jeune et expérimenté, doté de qualités très variées —, mais jamais favori sur le papier, Nate McMillan a trouvé les angles morts de ses adversaires afin de porter son équipe en Finales de Conférence.

Néanmoins, l’entraîneur auquel je souhaite décerner ce prix honorifique passe l’été dans l’Arizona. Monty Williams mène une équipe dépassant toutes les attentes vers les Finales NBA, rien que cela ! Sur le parquet, les joueurs de Phoenix sont guerriers au service du collectif, quitte à saigner du nez en fin de journée. Les Suns connaissent des Playoffs tellement ensoleillés que je prévoie déjà un temps caniculaire lors de la parade de juillet.

Williams a renversé le champion en titre, certes affaibli et en manque de rythme, pour ouvrir le bal. Puis il a sweepé les Nuggets en ne laissant aucune chance de contestation. Demandez au Joker MVP, il ne vous dira pas le contraire. Pour le moment, dans les Finales de l’Ouest, Monty n’a pas eu peur d’accorder plus de minutes à un Cameron Payne royal, alors que CP3 était privé de sortie par le protocole sanitaire. Phoenix n’a jamais été aussi proche de retrouver les Finales NBA, 28 ans après leur dernière participation. Et cela, on le doit au Coach of the Playoffs, Monty Williams.

Q : Une idée de transfert pour Ben Simmons ? — Simon P.

R : Simon qui pose une question sur Simmons, il faut le voir pour le croire ! Tu t’inquiètes donc pour ton homologue et comme je te comprends… La fin de série que nous a réservé le « meilleur défenseur de la ligue », si on l’écoute parler, ne lui présage rien de bon pour son avenir proche en Pennsylvanie.

Plus que sa réussite catastrophique aux lancers, c’est bien son attitude de supposé leader qui a profondément déçu. Incapable de prendre le moindre shoot dans les moments clés, même ouvert, Ben Simmons s’est forgé une sale réputation. Depuis le début de sa carrière, ce sont sans cesse les mêmes faiblesses de son jeu qui sont pointées du doigt. Cet été, travailler sur son tir devra être une priorité.

La valeur marchande de l’Australien n’a jamais été aussi basse. Pour autant, si j’étais à la tête des franchises adverses, je n’hésiterais pas à téléphoner rapidement à Daryl Morey, président des opérations basket des Sixers. De nombreux entraîneurs ont bougé en peu de jours et il n’est pas impossible que beaucoup puissent s’intéresser à lui pour construire leur effectif respectif.

Toutefois, un transfert ne serait pour le moment pas envisagé. Des discussions germeraient déjà entre l’agent de Ben Simmons, Rich Paul de Klutch Sport, et le management de Philly, histoire de faire perdurer une sereine collaboration et de se concentrer sur la gestion du joueur.

Dans la première année d’un contrat de 117 millions de dollars sur quatre ans, le meneur/ailier fort de 25 ans — drafté en première position en 2015 — reste toujours une pièce centrale de la franchise. Et bien que les résultats collectifs soient loin des espoirs placés en lui, sa présence est essentielle au sein de l’effectif.

Le problème, c’est que l’on demande à Simmons d’également tenir la maison au scoring, un rôle qui ne lui correspond pas. Ben Simmons est bon lorsqu’il joue le rôle du liant dans le groupe, en rythmant les attaques, mais pas en les finissant. Après cette débâcle, celle de trop, les Sixers doivent-ils se débarrasser de Ben Simmons ?

Durant toute la régulière, l’association Simmons — Embiid fonctionnait. Par le passé aussi. Pendant les Playoffs 2019, les Sixers emmenés par un Jimmy Butler leader au scoring n’ont jamais eu besoin de remettre en cause la place de Benjamin. Et pourtant, ses derniers Playoffs nous laissent un goût amer. Néanmoins, je ne suis pas sûr que de l’avoir associé à Mathis Thybulle, piètre créateur offensif, ait été bénéfique aux Sixers dans la série. Et oui Doc Rivers, c’est bien toi qui es visé !

Tout cela pour te dire mon cher Simon que je n’ai pas d’idée de transfert pour Benny. Ma réponse aurait pu tenir en une phrase, mais j’ai trouvé plus intéressant de t’expliquer brièvement la situation du garçon. Il est encore trop tôt pour faire des suppositions sur un quelconque scénario. Cependant, il sera — j’en suis sûr — l’un des joueurs à suivre cet été.

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