Draft 2021 : 8 profils incontournables en fin de premier tour

par Florian Tixier
Publié le Modifié le

Maintenant que nous nous sommes intéressés aux prospects qui devraient glaner les premières places de la prochaine Draft, puis ceux qui devraient intéresser les franchises au milieu du premier tour, penchons-nous sur une dizaine de profils destinés à la fin du premier tour.

Usman Garuba

International (19 ans) — Real Madrid — AF — Top 20

Usman Garuba, joueur du Real Madrid, fait partie des prospects internationaux les plus convoités cette année.
Photo : Sonia Canada / Getty Images

24 points et 12 rebonds en quart de finale de l’EuroLeague contre l’Efes Istanbul, élu meilleur jeune de l’Euroleague cette saison, le colosse du Real Madrid détonne sur cette fin de saison. Il suit les traces de ses prédécesseurs, comme Goga Bitadze ou encore Luka Doncic.

Le jeune intérieur n’est pas la moitié d’un athlète. Il joue avec une dimension athlétique et une énergie formidable qui lui ont toujours permis de dominer dans les catégories jeunes. Ses qualités physiques, notamment son explosivité, font de lui un défenseur d’élite sur la scène européenne et, à n’en pas douter, en NBA dans un futur proche.

Avec sa taille, son centre de gravité assez bas et sa mobilité, Garuba pourrait être le type de phénomène capable de défendre les cinq postes. En attaque, il s’agit d’un role player efficace qui comprend le fonctionnement d’une attaque huilée par son expérience au Real. Excellent sur Pick and Roll, son shoot est encore en développement, mais le potentiel est présent.

Garuba est encore aujourd’hui trop frustre pour que l’on puisse vraiment se montrer optimiste sur son futur. On aperçoit quelques fois des flashs de création offensive, mais rien de suffisamment rassurant pour le faire monter dans la Draft. Il saura défendre, mais son rendement offensif est aujourd’hui bien trop limité pour espérer un véritable temps de jeu à l’échelon supérieur. Enfin, Garuba est un petit intérieur énergique qui culmine à peine à 2,04 m, bien trop petit pour penser stopper les monstres physiques du poste 5 en NBA.

Comparaisons :

  • Kenneth Faried
  • Precious Achiuwa
  • Montrezl Harrell

Jaden Springer

Freshman (19 ans) — Tennessee — MJ/A — Fin du premier tour

Jaden Springer semble être un pari plutôt audacieux, mais il a un grand potentiel au scoring.
Photo : Mark Humphrey /  Associated Press

Nous parlions dans un article précédent de Keon Johnson, voici maintenant le deuxième membre du backcourt des Volunteers. Fac cotée, mais pas la plus populaire, cette année semble être la meilleure occasion de Tennessee de voir deux de ses prospects partir dans le top 20.

Jaden Springer est un combo-guard de 1,93 m qui a mené les Volunteers de Yves Pons vers une très belle saison. Doté d’une envergure impressionnante de 2 mètres, Springer a tout d’un potentiel défenseur élite dans la grande ligue. Il a du coffre malgré sa petite taille, est vif sur ses appuis et comprend les rotations.

En attaque, Jaden a montré au minimum qu’il serait un bon shooter sur les trois niveaux, avec un magnifique 44 % à trois points notamment. Habitué à jouer meneur de jeu, Springer possède déjà un handle qui lui permet de créer. Lorsque l’on allie cela à un mental d’acier capable de résister au jeu physique et aux pressions de la NBA, on obtient un prospect qui devrait logiquement se positionner dans le top 20 de la draft.

Springer est habitué à jouer meneur, certes, mais ce n’est pas vraiment un poste qui lui colle à la peau. Capable de créer en NCAA, il disposait d’un vivier de talent assez impressionnant autour de lui et son sens du playmaking n’a pas ébloui les observateurs. Sur cette saison NCAA, sa moyenne de passes décisives, déjà assez basse à 2,9, est à peu près la même que sa moyenne de perte de balles (2,4). Cela fait tache pour un meneur de jeu.

Si dans le profil, Springer paraît coincé entre deux postes, il en va de même pour son physique, petit et léger, il lui sera difficile de défendre les postes 2 physiques de NBA.

Comparaisons :

  • Marcus Smart
  • Aaron Holiday

Kai Jones

Sophomore (20 ans) — Texas — P — Fin du premier tour

Du haut de ses 2,10m pour 2,16m d’envergure, Kai Jones a le potentiel physique pour se faire une place en NBA, mais est encore au stade de « projet ».
Photo : Associated Press

Myles Turner, Jarrett Allen, Mo Bamba ou encore Jaxson Hayes… la NBA est habituée à voir de grands pivots arriver de la fac de Texas. Ce sera Kai Jones qui perpétuera cette tradition en 2021. Il partage un profil assez similaire à la majorité de ses prédécesseurs.

Passé de 3 points et 3 rebonds à 9 points et 5 rebonds, le pivot des Longhorns a bien progressé entre ses années freshman et sophomore. Haut de 2,10 m et long d’une envergure de 2,16 m, ce phénomène physique a impressionné les observateurs NCAA par son côté Freak athlétique.

Le premier atout évident de Jones reste sa défense et sa protection de cercle. C’est un défenseur intelligent qui comprend les timings et prend plutôt de bonnes décisions. Son impact en second rideau n’est plus à prouver. De plus, Jones commence à montrer quelques dispositions offensives, encore limitées à du rim run et de la pose d’écran, mais qui révèlent un certain potentiel.

Un potentiel qui ne rassure malheureusement pas tout le monde. Kai Jones est un deuxième année au physique assez démesuré pour la NCAA et pourtant, on ne l’a pas beaucoup vu dominer. « Seulement » 9 points et 5 rebonds, et moins d’une passe pour un cadre de l’équipe de Texas, c’est assez décevant. On a vu quelques flashs de création, mais sa prise de décision est assez pauvre pour le moment. On ne peut pas l’imaginer marquer autrement que par des dunks à court terme.

Enfin, Jones a un physique assez fin, maigrelet, qui manque clairement d’épaules pour réussir à peser défensivement face aux gabarits de la grande ligue. Jones est un potentiel à long terme, il faudra se montrer patient.

Comparaisons :

  • Nerlens Noel
  • Jaxson Hayes

Jared Butler

Junior (21 ans) — Baylor — MJ/A — Fin du premier tour

Jared Butler, qui doit passer un examen médical, n’est pour le moment pas autorisé à jouer ou s’entraîner en NBA.
Photo : Michael Conroy / Associated Press

Most outstanding player du final four 2021, Butler est le deuxième membre du magnifique backcourt de Baylor, champion en titre, avec Davion Mitchell. Même si ce dernier partira certainement avant Butler, les scouts portent un intérêt certain à chacun des deux.

Jared Butler est le prototype du joueur que chaque coach rêve d’avoir dans son équipe. Combo guard de 1,90 m, Butler est un joueur très intelligent au QI basket développé. Il comprend les rouages du jeu, le décortique et prend souvent les bonnes décisions.

Shooter très fiable, que ce soit en catch and shoot ou lorsqu’il s’agit de créer pour lui-même (42 % à trois points), Butler est capable de peser efficacement dans n’importe quelle attaque. Bon défenseur en NCAA grâce à de larges épaules et une grande mobilité, Butler est déjà NBA ready et semble être un pari sain.

À bientôt 22 ans, Butler apparaît comme un un produit presque fini. On parvient déjà à apercevoir son plafond. De plus sa taille, son manque d’athlétisme et de puissance physique vont forcément l’handicaper au niveau supérieur. Son profil de poste 2 scoreur naturel devra probablement s’accompagner d’un vrai gestionnaire à côté de lui, et il paraît assez peu capable de défendre les solides postes 2 de la NBA. Butler pourrait être ciblé, autant en défense qu’en attaque, où son rendement offensif se limitera possiblement au catch and shoot.

Comparaisons :

  • Bryn Forbes
  • Tyler Johnson

Josh Christopher

Freshman (19 ans) — Arizona State — A — Fin du premier tour

Josh Christopher est un électron libre, mais il est doté d’un très haut potentiel.
Photo : Jeff Haynes / NBAE via Getty Images

Recrue 5 étoiles d’Arizona State, Josh Christopher apparaît comme le potentiel le plus haut parmi les joueurs de cette liste. Assez pour intriguer les Front Offices disposant d’un choix dans le top 20 ?

Un potentiel offensif affolant dans une fac peu réputée, dans laquelle il avait beaucoup de liberté. À seulement 19 ans, l’arrière d’Arizona State a tout d’un fort scoreur NBA. Relativement efficace aux trois niveaux, Christopher a affiché de merveilleuses dispositions dans un environnement où il était la seule menace réelle avec Marcus Bagley.

Que ce soit en isolation, en sortie de drible ou en catch and shoot, Christopher trouve souvent une solution. Au-delà d’un grand potentiel au tir, il dispose également d’un physique et d’une explosivité pour lui permettre d’être, au minimum un solide 3 & D à l’échelon supérieur, en attendant davantage.

Malheureusement, le talent de Christopher ne vient pas sans inconvénient. Conscient de son statut, ses prises de décisions ne sont pas fabuleuses et sa sélection de tirs laisse souvent à désirer. Habitué à dominer, il aura besoin d’un meneur gestionnaire pour le placer et le cadrer dans sa folie offensive.

Pour l’instant, Christopher a tout du pétard ambulant capable du pire comme du meilleur lors de courtes séquences en sortie de banc. Un profil qui disparait dans les plus grosses équipes, il doit apprendre à épurer son jeu et à comprendre le fonctionnement d’une attaque de haut niveau.

Comparaisons :

  • Norman Powell
  • Nick Young
  • Wesley Matthews

Filip Petrusev

International (21 ans) — KK Banjica Mega — P — Fin du premier tour

Filip Petrusev a le profil type des intérieurs européens draftés ces dernières années.
Photo : Mega Bemax

Formé à Baskonia puis à la prestigieuse Montverde Academy, Petrusev avait choisi logiquement Gonzaga avant de revenir en Europe pour son année junior afin de booster ses chances à la draft. Grand bien lui en a pris, trop limité à son goût au jeu intérieur, Petrusev s’est régalé cette année au Mega Bemax au terme de son parcours plutôt original.

24 points, 8 rebonds à 61 % de réussite, dont 42 % à trois points, Petrusev a tout remporté en ligue adriatique, jusqu’à décrocher le titre de MVP de la compétition. Dans ce fameux club et centre de formation de l’EuroLeague, l’intérieur a endossé et assumé le rôle de leader scoreur.

Son corps est déjà habitué au milieu professionnel, il est puissant et assez mobile pour assumer des minutes en NBA. Offensivement, Petrusev sait tout faire. Capable de jouer au poste en face up ou post up, il s’est montré capable durant toute la saison d’écarter le jeu. Doté d’un excellent toucher, Petrusev sait créer grâce à son QI basket développé. En clair, c’est la plaque tournante d’un très bon club européen qui se présente à la Draft en Filip Petrusev.

Aussi doué offensivement qu’il puisse être, l’intérieur aura du mal à peser en défense dans la ligue nord-américaine. Assez mobile pour ne pas être un fardeau en Europe, il sera probablement ciblé sur chaque switch et son manque d’explosivité pourrait lui être fatal. Sa défense au large pèche, tout comme sa protection de cercle, déjà pas fameuse en ligue adriatique. Son impact de son propre côté du terrain pourrait sérieusement limiter son temps de jeu. Finalement, Petrusev a les défauts de la majorité des intérieurs européens de son profil de ces dernières années.

Comparaisons :

  • Nikola Vucevic
  • Mike Muscala
  • Nikola Jokic

Cam Thomas

Freshman (19 ans) — LSU — A/MJ — Fin du premier tour

Cam Thomas nous a gratifié d’une saison de très haute volée avec Louisiana State.
Photo : Gus Stark

Top scoreur en NCAA, Cameron Thomas a montré à toute la planète basket l’étendue de son talent à Louisiana State cette année, avec notamment une moyenne de 28,5 points lors de la March Madness 2021.

L’arrière des Tigers est un scoreur prolifique et boulimique avec 23 points de moyenne sur la saison. Ses pourcentages ne sont pas extraordinaires, mais il était à peu de choses près la seule menace du côté de la Louisiane. Afficher un true shooting pourcentage de 55 % dans ces conditions reste un très bon signe. Son potentiel de gros shooter risque d’attirer de nombreuses franchises à la recherche d’un joueur productif en sortie de banc, un rôle qui devrait lui coller comme un gant de par ses qualités et son côté « peur de rien ».

Malheureusement, Cameron est petit et manque clairement d’explosivité. À seulement 1m93, il souffrira certainement en NBA, où son petit physique devrait en faire la cible des extérieurs.

Plus que son physique, Cameron Thomas ne défend pas et n’en a pas vraiment montré l’envie. Certes, il assumait l’entière responsabilité de la charge offensive à LSU, mais il devra s’investir davantage de l’autre côté du terrain pour espérer se faire une place dans la ligue. Enfin, le Tiger est assez unidimensionnel : scoreur et seulement scoreur. Un profil spécifique, qui pourrait attirer une franchise qui en aurait besoin, mais qui risque de freiner la plupart des sélectionneurs.

Comparaisons :

  • Lou Williams
  • Jordan Clarkson
  • E’Twaun Moore

Ayo Dosunmu

Junior (21 ans) — Illinois — MJ/A — Fin du premier tour

Ayo Dosunmu fait partie des prospects favoris de nombreux experts cette saison.
Photo : Scott W. Grau / Icon Sportswire via Getty Images

Dosunmu avait fait parler de lui suite au titre d’Illinois dans le tournoi de la Big 10 en reprenant la fameuse pose de Kobe Bryant avec son premier titre. Élu meilleur meneur de la NCAA sur cette saison, les spécialistes n’ont, eux, pas attendu cet honneur pour s’intéresser à son talent.

Grand meneur de jeu de 1,98 m, Dosunmu a réussi le petit exploit de placer Illinois sur la liste des contenders au titre NCAA. Leader dans l’âme, il est allé jusqu’à remporter le Bob Cousy Award 2021 pour récompenser ses talents de meneur. Ayo dispose d’un physique assez impressionnant, explosif et athlétique, il est très souvent plus grand et physique que son adversaire direct.

Défenseur féroce, Dosunmu devait rassurer sur sa polyvalence offensive, ce qu’il a très bien fait cette année. Avec 20 points à 39 % de loin, accompagnés de 5 passes et 6 rebonds par match, le joueur d’Illinois semble capable de tout sur un terrain de basket.

A 21 ans et avec un corps déjà formé, Dosunmu ne pouvait que dominer cette saison. Il ne fait que progresser, mais sa marge future semble bien en deçà des autres meneurs de jeu de cette classe. Autre souci qui inquiète, l’ancien joueur de Team USA ne semble être élite dans aucun domaine, il domine par sa polyvalence et sur un pourcentage d’utilisation de la balle qu’il n’aura jamais en NBA. Alors qu’en fin de premier tour, les franchises recherchent souvent des joueurs de devoir qui excellent dans un rôle particulier, trouvera-t-il sa place ?

Comparaisons

  • Delon Wright
  • Reggie Jackson

Photo de couverture : Ricardo B. Brazziel l/ American-Statesman via USA TODAY NETWORK

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