Les Jeux échappent de peu aux Français malgré une performance exemplaire

par Teddy Perez
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Du 26 au 30 mai se déroulait le tournoi de qualification olympique à Graz, en Autriche. Sous l’installation de la FIBA, le Thunderdome, ce sont plus de 160 joueurs et joueuses qui ont participé à la compétition avec pour objectif commun de décrocher leur qualification olympique. Le tournoi comptait vingt nations chez les femmes comme chez les hommes et n’offrait que trois billets pour Tokyo à chaque genre. Les places étaient alors très chères, mais les deux équipes de France ont remué ciel et terre afin de réaliser leur rêve olympique.

Charly Pontens lors de son premier match sous le dôme.
Photo : FIBA 3×3

Mercredi : la solide entrée des Bleus dans le tournoi

Lors de la première journée, ce sont les garçons qui étaient à l’honneur sur le terrain autrichien, avec deux matchs en début d’après-midi.

Pour entamer ce TQO, nos Bleus ont affronté dans leur poule C la solide équipe de Slovénie. Une entrée en matière difficile à négocier. Première action et premier panier derrière la ligne des deux points de Raphaël Wilson. Antoine Eito et Dominique Gentil l’accompagnent rapidement au scoring pour mener 5-1 après une minute de jeu. Les Slovènes recollent à 6-4 alors qu’il reste plus de sept minutes à jouer. Un premier temps mort est pris, les deux équipes ne trouvent plus facilement le panier.

Pour cette entame du tournoi, le match est aussi physique que défensif et chaque action compte. La France ne trouve plus le cercle à longue distance alors que les Slovènes enchaînent avec des percées dans la raquette. Alors que la moitié du temps est joué dans cette rencontre, la France perd 10 à 7. Toujours en tête, les Slovènes se rapprochent dangereusement des 21 points fatidiques pour la France. 13-11 à trois minutes du terme. Le travail au rebond défensif et au contre des Français est admirable. Antoine Eito et Raphaël Wilson bataillent durement !

En attaque, Charly Pontens, à deux minutes de la fin, fait même passer les Bleus devant au score avec un shoot derrière l’arc : 15-14. Dominique Gentil assassine une minute plus tard les espoirs des Balkans. Ça switch longue distance : 18-14 France ! Plus en jambe et avec une efficacité retrouvée, les Français « se dirigent vers une belle première victoire. À trente secondes de la fin, la Slovénie réduit l’écart, mais au final, c’est toujours la France qui gagne. 19-17 à l’issue du combat.

C’est une équipe de France soudée qui a entamé le tournoi.
Photo : FIBA 3×3

À 14 h 30, ils se sont opposés à la République dominicaine revancharde suite à leur défaite contre le Qatar plus tôt dans la journée. En début de match, les deux équipes cherchent à marquer à deux points. Antoine Eito, pour les Bleus en tunique blanche, règle la mire et trouve le cercle de prêt comme de loin. Après trois minutes de jeu, la France mène déjà 9 à 2. Les dominicains ne connaissent pas la même précision que nos Français et prennent leur temps mort pour stopper l’hémorragie, en vain…

Les Français récitent un magnifique basketball, à l’image de Raphaël Wilson qui, après avoir intercepté la balle, trouve un passe et va avec Dominique Gentil dans l’attaque suivante. Cela fait 12-2. Les cinq premières minutes viennent de s’écouler et l’EDF décide d’écourter son passage sur le terrain. Ils ne se suffisent pas de leur avance et continuent d’être agressifs à chaque possession. 17-5 et il ne reste que 4 minutes à jouer. Le Manceau Antoine Eito, la torche humaine, finit le travail avec un deux-points sur la tête de son défenseur. Les Français remportent ce deuxième match 21 à 7.

Vendredi : Une première place à aller chercher

Pour leur seconde journée de phase de poule, les Bleus ont débuté la bataille face à l’équipe des Philippines. Le match débute sur un faux rythme avec deux équipes qui cherchent le duel physique et qui ont du mal à trouver le chemin du panier. Jouer à l’horaire inhabituel de 13 h n’arrange rien à cela et l’adresse de nos Français n’est pas au rendez-vous. Après cinq minutes de jeu, le score affiche un très maigre 3-1 pour la France.

Charly Pontens enclenche la deuxième et renoue avec le scoring. Les prochaines minutes tourneront d’ailleurs réellement à l’avantage de nos hommes. La balle circule de mieux en mieux, ce qui permet aux Français de mener 12-5 à deux minutes de la fin. La rencontre serait-elle déjà jouée ? Et bien non, et cela est la principale leçon à tirer du 3×3. En une minute seulement, les Philippins reviennent à 13-11 grâce à une rugueuse défense et une efficacité retrouvée. Les Bleus se font peur jusqu’au bout, mais remportent finalement leur troisième match 15 à 14.

Avant d’entamer l’ultime match de leur poule, les Français savent déjà qu’ils sont assurés de participer aux phases finales puisque la Slovénie a perdu sa confrontation face à la République dominicaine. La France s’avance face au Qatar le cœur plus léger. Les joueurs — en blanc pour cette fois — se baladent et n’ont besoin que de sept minutes pour se défaire des Qataris. L’adresse longue distance est retrouvée. Raphaël Wilson inscrit sept points, Dom » Gentil 8 points, la France gagne 21 à 10.

Dimanche : Le jour de gloire est arrivé !

Avant d’entamer les phases finales du TQO, les deux sélections tricolores sont encore en course pour décrocher leur ticket olympique. Le plus difficile reste à venir, mais, à l’image du président de la FFBB Jean-Pierre Siutat sur les réseaux sociaux, on y croit !

Le premier match est déjà une étape bien complexe à passer. Sur la route des Français se dresse l’ogre brésilien. L’entame de match tourne à l’avantage des Sud-Américains. André Ferros et ses coéquipiers provoquent les fautes et connaissent une meilleure adresse. Au bout de deux minutes, le score affiche 6-2 pour le Brésil. L’écart de quatre points se maintient malgré des Français vaillants. 13-9 à six minutes de la fin, le Brésil ne joue pas les difficiles.

Cependant, à l’image de ses valeurs, la Team France ne se démonte pas et sonne sa remontada. Antoine Eito s’est fait cibler durant tout ce match, mais cela ne l’a pas empêché de briller, bien au contraire. Le gaucher a inscrit quatre tirs à deux points durant la rencontre et a délivré de précieuses passes décisives. À quatre minutes de la fin, il permet à la France de passer devant : 16-15 pour nos Blancs.

Sur l’ensemble du tournoi, Dominique Gentil s’est révélé très précieux pour l’équipe de France.
Photo : FIBA 3×3

Une minute plus tard, le score est toujours aussi serré : 18 partout après le panier de Dominique Gentil dans la raquette. Le match se poursuit et le Brésil prend une courte avance. Les Français ne passent pas très loin de l’élimination, mais heureusement le Brésilien rate le panier. Les deux équipes sont à 20 points à 1 min 50 s du terme et la tension monte sous le Thunderdome. Après une action qui fait débat, les arbitres ont besoin de la vidéo pour prendre la bonne décision. Le ballon est rendu aux Français et c’est Dominique Gentil qui se charge de rentrer le point de la victoire. Il part à droite du panier, shoot à une main en suspension contre la planche : PANIER. L’équipe de France remporte ses quarts et s’ouvre la voie des demi-finales en fin d’après-midi !

Dernière ligne droite pour un billet tant convoité

À 19 h ce dimanche, les hommes avaient pour objectif de prendre le même chemin que les Bleues juste avant eux. Ils faisaient face à une nation forte de 3×3, les Pays Bas, vainqueurs des USA en quarts de finale. La quête olympique a bien débuté pour nos Français. Une minute de jouer et déjà 3-0 d’entrée ! Le match se poursuit à une folle cadence et c’est Antoine Eito qui rythme le jeu de l’équipe de France.

Hollandais, en retard au départ, commencent rapidement à s’imposer physiquement face à des Bleus qui ne trouvent pas de solution pour arrêter leurs percées proches du panier. Il reste 6 min 30 s à jouer et le score est de six partout. Le match bascule deux minutes plus tard, en défaveur des Français. Les joueurs des Pays-Bas inscrivent trois tirs du parking pour désormais mener 12-7. Cette avance considérable leur met déjà un pied dans l’avion, direction le Japon ! Mais la France et son « Mister Big Shot » Antoine Eito n’ont pas dit leur dernier mot. 15-12 et trois minutes à jouer.

Malheureusement, les Hollandais non plus ne comptent pas laisser la victoire filer entre leurs mains. Toujours plus efficaces au shoot et trop embêtants défensivement, ils maîtrisent cette fin de match. Les Français fatiguent et commettent plusieurs erreurs fatales à base de tir trop court ou de perte de balle : 18-13 à deux minutes du terme. Cette dernière montée en puissance des Pays-Bas scelle quelques secondes plus tard leur victoire (21-13). Slagter, Vonn et le reste du groupe se qualifient pour les Jeux Olympiques. Quant à nos Bleus, le TQO n’est pas encore terminé pour eux, il reste une place à aller chercher.

La Team France a eu le droit à sa seconde chance pour obtenir le premier sésame l’envoyant, tout comme les femmes, à Tokyo. Les hommes devaient surpasser la Lettonie du numéro 1 au classement FIBA, Nauris Miezis. Le début de match est tendu et les équipes peinent à trouver la marque. La défense est dure, mais celle des Français — un peu trop tactiles — est sanctionnée à plusieurs reprises.

Les Lettons en profitent et se mettent dans le rythme aux lancers. Leurs percées sont également plus incisives que celles des Bleus. Après deux minutes de jeu, le score affiche 8-4 pour la Lettonie. Raphaël Wilson, absent depuis le début du match, rentre un magnifique shoot à deux points qui permet à la France d’éviter un net écart. 9 à 6 et le banc français, occupé en partie par les Bleues victorieuses, lève le poing rageur. Mais cette joie est de trop courte durée. Les Lettons gardent le cap et réalisent coup sur coup d’efficaces offensives et des stops défensifs.

Alors qu’il reste plus de sept minutes à jouer, la Lettonie gagne 12-6 après un shoot longue distance. Les Français ne tardent pas à prendre un temps mort pour éviter le pire. Antoine Eito et consorts, au terme d’une compétition de haute intensité, n’affichent pas le même visage qu’en début de tournoi. Les Lettons se trouvent mieux et poursuivent leur lancée en attaque. Pour autant, « Mister Nice » dans la raquette et « Mister Moustache » derrière l’arc recollent au score. Il y a 17-14 alors que la moitié du temps vient de s’écouler.

De nouveau — et pour l’ultime fois dans ce TQO — l’éclaircie passe rapidement son chemin. Les Lettons foudroient la Team France, dépassée, et se qualifient pour les JO grâce à leur formidable efficacité au tir et à une hargne dont il faudra se méfier cet été !

Le parcours des hommes en bleu s’achève à la porte de l’embarquement, la pire des places. Ils nous ont fait rêver durant ces cinq journées de compétitions, et là est l’essentiel. Plusieurs joueurs n’étaient pas disponibles pour disputer ce TQO, et pourtant la Team France a aligné un cinq compétitif. Alex Vialaret — qui est resté sur la touche en Autriche — faisait partie de ce groupe prometteur.

Antoine Eito inconsolable aux côtés de ses coéquipiers. « J’étais décomposé… », confie-t-il à Ouest France.
Photo : FIBA 3×3

Et le reste du monde…

Chez les femmes, les Bleues ont décroché leur ticket pour le Pays du Soleil Levant non sans efforts. Team USA, qui avait battu la France en début de TQO, s’est elle aussi qualifiée pour ces JO en battant l’Espagne en demi-finales. Pour le match de la dernière chance, les Espagnoles ont alors affronté les tombeuses de l’EDF, les Japonaises. Et ce sont les joueuses du pays hôte de ces Jeux Olympiques qui se sont qualifiées pour l’événement de cet été.

Chez les hommes, la Pologne complète le trio de qualifiés, comprenant les deux adversaires vainqueurs des Bleus, les Pays-Bas et la Lettonie.

La grande famille du 3×3 français s’agrandit et est fière d’emmener à Tokyo une belle équipe de France qui pourra aisément chercher une médaille olympique. Cette qualification est la récompense du travail acharné de tout un collectif — joueuses et staff compris — effectué durant plusieurs années. Félicitations à nos dames, et à la semaine prochaine pour un nouveau numéro de votre série d’été préférée !

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