La loi de Russell, les Pelicans aux ailes cassées, le problème play-in, tout plane aux Hawks — Le Courrier de L’Analyste

par Teddy Perez
Publié le Modifié le

La loi de Russell, quand la norme prend un tout autre level

Tenir pour acquises des performances qui relèvent de la sorcellerie, voilà comment l’on interprète le jeu du meneur le plus à l’ouest de la ligue, la bête Russell. Depuis plusieurs semaines, Westbrook a enjambé les critiques du début de saison pour nous rappeler quel joueur aussi fantastique qu’unique il est.

Russell Westbrook est un joueur unique en son genre. Photo : Stephen Gosling / NBAE via Getty Images

Le mode « Triple-Double » a été activé, pour l’immense plaisir des Wizards et le plus grand malheur de ses adversaires. Le bonhomme a dépassé la trentaine de triple-doubles cette saison et finira — c’est déjà acté — en TD de moyenne sur cette nouvelle régulière, pour la quatrième fois de sa carrière en cinq ans.

Le boulimique du triple-double n’est jamais rassasié. Il l’a encore montré cette semaine lors d’un affrontement décisif face aux Pacers, dans lequel il a ajouté à ses 14 points quelque 21 rebonds et 24 passes décisives (Scott Skiles en sueur).

Washington n’est plus le cancre de décembre et janvier, en majeure partie grâce aux exploits individuels de son n° 4, faisant ainsi briller tout le collectif. La franchise finira autour des places huit et dix, synonymes de Play-in et de potentiels Playoffs. Un objectif qui semblait hors de portée avant que l’équipe accomplisse une série de dix victoires en onze rencontres au mois d’avril.

Tout comme lors de sa saison MVP, Westbrook s’apprête à dépasser un nouveau record d’Oscar Robertson, son prédécesseur dans le domaine statistique. Après les 42 triples-doubles effectués en 2016-2017, Russell Westbrook s’attaque à encore plus lourd : le record de TD en carrière de Big O, fixé à 181. Alors qu’il ne reste que six matchs dans la régulière de Russ pour franchir cette barre, son compteur affiche déjà 179. Le record peut donc être aisément battu dès cette saison quand on connaît la détermination et les facultés du Brodie.

Joueur atypique qui divise la communauté NBA, Russell Westbrook entre un peu plus dans la postérité.

Deux ailes cassées pour les Pelicans

Dans la course pour le play-in, les Pelicans auront bien du mal à continuer leur vol avec les deux ailes cassées. 11e de l’Ouest, New Orleans n’a plus que cinq matchs à disputer cette saison, à Charlotte, Memphis, Dallas, Golden State et contre les Lakers. Malheureusement, le sort de leur saison semble avoir été scellé par les blessures.

La franchise a annoncé jeudi que Zion Williamson serait absent pour une durée indéterminée, gêné par une fracture de l’annulaire gauche. À 8 jours de la fin de la saison, les chances de revoir le gaucher sur un parquet sont très minces. La saison de Williamson était pourtant en bonne voie. Avec 27 points, 7,2 rebonds et 3,7 passes par match, les sophomore déjà All-Star réalisait alors un exercice de haut vol.

Plus important encore, sur les 66 matchs de son équipe cette année, l’ailier fort n’en avait jusqu’alors manqué que 5. Pour David Griffin, président des Pelicans, cette blessure était évitable. Il dénonce un arbitrage injuste, qui serait selon elle à l’origine de celle-ci. « La violence est plus autorisée dans la peinture contre Zion Williamson que contre n’importe quel joueur que j’ai vu depuis Shaq », a-t-il affirmé en conférence de presse.

Dans la foulée, Griffin en a profité pour annoncer que Brandon Ingram, blessé à la cheville, serait également indisponible pour une durée indéterminée. Le MIP de la saison précédente tentera possiblement un retour à la fin de la saison, mais à quoi bon ?

Coupée en plein vol, la saison des volatiles de Louisiane arrive prématurément à son terme. Les Pelicans restants auront l’occasion de se démener pour éviter une descente en piqué, mais la bataille semble perdue d’avance.

Le Play-in problématique ? En voilà une nouvelle qu’elle LeBron !

Reconduit pour une seconde saison, le tournoi préliminaire aux Playoffs — accordant la 7e et la 8e place de chaque conférence en vue de la postseason — agite les débats. Mais qu’on le veuille ou non, le Play-in aura bien lieu dans moins de deux semaines.

« Celui qui a eu l’idée de cette merde devrait être viré », la déclaration choc de LeBron James à propos du play-in tournament. Photo : Nelson Chenault / USA TODAY Sports

Lors de cette saison écourtée à 72 matchs où les écarts au classement sont minces, et où les blessures et absences pour risque sanitaire ont faussé les résultats, le Play-in prend un véritable sens. Il ajoute davantage de compétitivité jusqu’au dernier match de régulière pour les places 9 et 10, qualificatives au Play-in, et décourage le tanking.

Pour autant, il contraint les joueurs concernés à puiser encore plus profondément dans leurs ressources pour s’assurer l’aventure en postseason. Les franchises n’ont pas le droit à l’erreur, garantissant ainsi le suspens, mais à quel prix ? La santé et le niveau de jeu des acteurs pourraient se retrouver affectés par ce nouveau système avant même le début des réelles festivités.

Après le coup de gueule de Luka en avril, voilà que King James a piqué sa crise contre l’invention de ce tournoi. Des timings — à chaque fois — bien choisis, puisque les Mavericks et maintenant les Lakers figurent parmi les participants potentiels du Play-in. Et l’on peut comprendre leur mécontentement.

Dans une conférence Ouest ultra-concurrentielle, la menace est omniprésente. Alors quand on se bat pour se faire une place parmi les huit premiers, la pilule peut rester en travers dans la gorge si l’on se fait doubler après ce qui ressemble initialement à la ligne d’arrivée. Ce ressenti laisse ainsi sortir des déclarations bien salées.

Le nouveau format, accepté par l’association des joueurs, serait-il plus difficile à avaler une fois la régulière arrivée à son terme ? Le Play-in est certainement à retravailler pour que le système soit réellement juste et équilibré. Mais tournoi ou pas, comme chaque saison, des équipes méritantes seront laissées aux portes des Playoffs. Et cela, tout le monde l’a déjà accepté depuis longtemps…

Nouveau coach rime avec changement majeur chez les Hawks

On vous en avait parlé au moment des faits : Lloyd Pierce a laissé sa place de coach principal à son second, l’expérimenté Nate McMillan, en mars dernier. Aujourd’hui, cette éviction a du très bon dans le nid des faucons. Preuve en est, Atlanta pointe à la 5e place de sa conférence avec un bilan de 21 victoires pour 10 défaites depuis la sortie du All-Star break. Des résultats utopiques après la crise pressentie au sein de l’effectif, les rapaces ont trouvé leur Aile-Dorado.

Le jeu des Hawks s’est nettement amélioré avec une défense (re) trouvée et des leaders assumés. Trae Young a repris de sa superbe à la passe et au scoring. Le charognard Clint Capela s’impose toujours sous les cercles pour inscrire des points faciles, gober du rebond et contrer du grand garçon. En l’absence de Cam Reddish et De’Andre Hunter — inactifs depuis déjà un moment — les recrues ont su s’ajuster sur les lignes arrières.

Lou Williams et Danilo Galinari font le travail en sortie de banc alors que leur coéquipier Bogdanovic s’est vu (enfin) promu dans le cinq de départ. Le Serbe, très bien remis de sa blessure, occupe un rôle important dans l’ascension d’Atlanta au classement. Il avait d’ailleurs été le principal artisan d’une victoire notable face aux Bucks en avril, dans laquelle il avait marqué 32 points.

Les Hawks planent donc sous la houlette de McMillan. Cinquièmes à deux semaines de la fin de la régulière, ils disposent d’un calendrier plutôt clément avec quatre rencontres à domicile dont une face au Magic, puis une contre les Rockets. De quoi prétendre aisément à la quatrième place de l’Est, leur offrant alors l’avantage du terrain pour entamer les Playoffs.

Inscrivez-vous à notre newsletter pour ne rien manquer.

Teddy vous assist

Les deux plus gros marchés de la NBA, New York et Los Angeles, sont actuellement au mieux de leur forme. Photo : Elsa / Getty Images

Vos questions, nos réponses. Chaque semaine, nous répondons aux questions que vous nous avez envoyées par mail ou sur nos réseaux sociaux. Pour nous faire parvenir vos questions, envoyez un mail à contact@lanalyste.fr

Q : Los Angeles ou New York, quelle est la meilleure ville sur la carte de la NBA cette année ? — Adrien M.

R : Cela ne fait aucun doute, cette saison les deux villes sont des territoires où le Basketball s’est fait une place de choix. Clippers et Lakers sont tous deux dans la course aux Playoffs, sans être en tête de leur conférence, malgré des parcours bien différents. Ils possèdent depuis 2019 deux des effectifs les plus dominants de la ligue et le Staples Center avait encore, l’été dernier, toutes les lumières braquées sur lui.

À New York, le chemin pour devenir la « meilleure ville » NBA est tout autre. Loin d’être dans la discussion il y a encore quelques mois, les deux équipes new-yorkaises figurent dans les hauteurs de l’Est. Pour les Nets, il n’y a rien de très surprenant compte tenu de la composition du roster. Bien installé sur le podium de leur conférence, Brooklyn se montre — pour le moment — à la hauteur des attentes. Cela malgré toutes les blessures et la construction récente de ce collectif.

Quant aux Knicks, l’histoire est autant différente qu’elle est surprenante. De façon inattendue, les locataires du Garden sont sur une excellente lancée pour se qualifier en Playoffs à deux semaines de la fin de la régulière. Et la postseason, l’équipe emblématique de NYC ne l’a plus connue depuis 2013.

Au-delà même de leurs bons résultats, le collectif de Thib’s est organisé et produit un jeu bien léché. Fidèles à l’identité de leur nouveau coach, les Knicks font partie des meilleures défenses de la ligue. Un grand changement qui a d’ailleurs permis à l’équipe vivre un dernier mois remarquable, avec neuf victoires consécutives pour terminer avril avec un bilan à 11-4. L’effectif emmené par RJ Barrett, D-Rose, mais surtout le néo All-Star et prochain MIP Julius Randle, a déjoué tous les pronostics et ravivé la hype.

Ce « trophée », que l’on aurait facilement pu décerner l’an passé aux Californiens, doit en 2021 revenir à la mégalopole new-yorkaise. Puisque ce n’est pas seulement une, mais bien deux franchises qui réussissent à se hisser parmi les meilleures équipes de la NBA, on ne pouvait faire autrement que de mousser la Queens des villes, qui sort enfin d’une si longue période de sécheresse.

Q : La course au ROY est-elle déjà terminée ? — Léo L.

R : Les nouveaux arrivés dans la grande ligue ont su trouver leur place, malgré une préparation d’avant-saison aussi courte que leurs poils au menton. Certains ont démarré en douceur — jeunesse oblige — quand d’autres ont rapidement su s’imposer au sein de leur effectif. Deux cadors ont particulièrement pris le lead dans la course au rookie de l’année, mais rien n’est encore joué à une semaine de la clôture de la régulière.

Qui de Killian Hayes ou d’Obi Toppin décrochera le premier prix ? C’est ce que nous verrons lors de la cérémonie. Trêve de plaisanterie, le trophée reviendra avec certitude à l’un de ses deux hommes : le first pick de la Draft 2020 Anthony Edwards ou bien le plus français des frères Ball, le cadet LaMelo.

Le dernier cité a dominé la course au ROY durant toute la première partie de la saison, jusqu’au moment où le guard des Hornets s’est fracturé sa main droite fin mars. Cette saison, il l’a débutée en sortie de banc avant de devenir indispensable au cinq de Charlotte. Grâce à lui, son équipe a fière allure et développe un jeu attrayant, qui lui permettra peut-être de se frayer un chemin vers les Playoffs. Avec une ligne statistique à quasiment 16 points, 6 passes et 6 rebonds de moyenne, LaMelo Ball a tout d’un parfait prétendant au titre.

Personnage surmédiatisé depuis son adolescence, il n’a finalement rien d’un bust comme beaucoup le pensaient. Je ne serai pas (L) avare de compliments : son flow est magistral. Sur les parquets, il respire la joie de vivre, le basketball facile et le spectacle. Et ce ne sont pas ses incroyables caviars à la passe qui vous diront le contraire.

Pour autant, la blessure du garçon vient tacher son CV. Absent durant 21 matchs en seconde partie de saison, dans une régulière qui compte seulement 72 rencontres, LaMelo Ball ne fait plus l’unanimité comme c’était le cas il y a encore deux mois. Pire que cela, un autre monsieur lui a même volé la vedette pendant sa convalescence.

Trop discret en début de saison, Anthony Edwards s’est réveillé fin février et nous offre depuis un exercice d’excellente facture. Le bestiau a mis du temps à trouver son rôle, il aura fallu un changement d’entraîneur pour que le jeune loup devienne le chef des lignes arrières de la meute. En confiance dernièrement, il culmine désormais à 18,5 points de moyenne avec des performances de grand patron NBA, comme en témoignent ses marques à 42 points face aux Suns mi-mars et aux Grizzlies cette semaine.

Anthony Edwards n’a pas manqué une seule rencontre cette année, une assiduité qui pèsera forcément dans la balance au moment du vote. Ce qui joue donc contre lui, c’est d’une part l’avance prise par LaMelo Ball, qu’il a réussi à rattraper pas à pas. D’autre part, c’est son bilan collectif avec Minnesota qui fait grise mine. Les Wolves se situent avant-dernier de leur conférence avec 20 victoires pour 45 défaites. Si Anthony Edwards se voit honorer d’un trophée aussi prestigieux devant une réelle concurrence, les critiques seront inévitables.

Mon cher Léo, la bataille n’est donc pas terminée. LaMelo Ball peut, sur les cinq matchs qui lui restent, s’assurer de recevoir le trophée qui lui revient de droit. Sa performance à 27 points — malgré un joli 0-7 à trois points —, 6 passes et 6 rebonds face au Magic vendredi va dans ce sens. Mais si le vote avait lieu maintenant, la tendance annoncerait peut-être bien un Anthony Edwards roi du ROY. Et ton fidèle serviteur Teddy est plutôt en accord avec cela.

Lisez aussi

Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Accepter En savoir plus