Draft 2021 : 9 prétendants aux hauteurs du premier tour

par Florian Tixier
Publié le Modifié le

Il y a quelques mois, nous avons eu l’occasion de présenter les quelques prospects qui sont attendus dans la Green Room lors de la prochaine Draft. Depuis cette première analyse, les dynamiques ont changé. Certains prospects montent dans les Mock Drafts, tandis que d’autres continuent de chuter.

Pour continuer de découvrir cette classe de Draft qui s’annonce extrêmement prometteuse, voici quelques prospects supplémentaires qui devraient s’imposer dans la première partie du premier tour.

Malgré ses grandes qualités, Keon Johnson risque de souffrir de son manque d’adresse. Photo Trevor Ruszkowski / USA TODAY Sports

Keon Johnson

Freshman (19 ans) – Tennessee – A – Top 10

Peu présent dans les Mock Draftss du début d’année, le coéquipier de Yves Pons a continué de monter dans les prévisions tout au long de la saison. Par son profil très particulier, qui a tendance à exploser ces dernières années en NBA, Keon Johnson intrigue de nombreux scouts.

L’arrière de Tennessee est un monstre athlétique. Il joue énormément sur son explosivité et sa capacité à jouer plus haut que son adversaire. Grâce à cet athlétisme, Johnson a montré toute la saison sa capacité à défendre sur trois, voire quatre positions. Grand et long, on l’a vu mettre des pressions tout terrain, rares même au niveau supérieur.

Offensivement, Johnson est un scoreur polyvalent. Il s’agit d’un plug-and-play scoreur qui pourra s’acclimater à n’importe quel système NBA par sa capacité à jouer off-ball. Pour finir, c’est bien la jeunesse et le côté précoce de Johnson qui intriguent le plus les scouts, il vient de fêter ses 19 ans et son potentiel semble sans limites.

Malheureusement, Keon Johnson pourrait chuter hors du top 10 de la prochaine Draft en raison d’un gros défaut : son shoot. 27 % à trois points dans un collectif aussi talentueux que celui de Tennessee, ça fait tache. Surtout quand la majorité de l’attaque était gérée par un meneur aussi talentueux que Jaden Springer. Sur la ligne des lancers francs, souvent scrutée pour observer les futurs progrès au shoot, Keon pèche avec 70 %, ce qui ne rassure pas.

Scoreur, il l’est. Créateur, beaucoup moins. Il peine encore à créer pour les autres et assurer le playmaking sans meneur de jeu. S’il veut passer un cap en NBA, il devra assurer une gestion autre. Enfin, Keon Johnson est frêle. À 84 kg, il risque de rencontrer des difficultés en face à des arrières beaucoup plus lourds que lui, et son énergie ne suffira pas.

Comparaison :

  • Version light de Jaylen Brown
Corey Kispert est un joueur au plancher élevé, qui sera certainement en mesure de contribuer dès sa première saison dans la ligue. Photo : Kirby Lee / USA TODAY Sports

Corey Kispert

Senior (22 ans) – Gonzaga – A/ AI – Lottery

Potentielle surprise lors de la Draft, il pourrait être choisi beaucoup plus haut qu’il est annoncé. Ce sera d’ailleurs sûrement le senior sélectionné le plus haut et possiblement le deuxième joueur de Gonzaga dans le top 10.

La qualité de Kispert est évidente : c’est le meilleur shooteur de la Draft. Cela fait quatre ans que Corey est habitué à étirer l’attaque de Gonzaga avec un magnifique 44 % de moyenne sur les deux dernières saisons, culminant à 18 points par match sur sa saison senior.

Kispert joue avec justesse et intelligence. Il a l’habitude de jouer dans une institution respectée avec un magnifique collectif comme Gonzaga. Il connait son rôle et le remplit à la perfection, il sait se passer du ballon et scorer sur un gros volume en mouvement.

Corey Kispert sera parfait pour entourer des stars qui s’accaparent la balle et pour lesquels il faut écarter le jeu. De plus, il s’agit d’un défenseur tout à fait capable — un athlète sous-estimé qui aide au rebond et comprend les rotations défensives. Son profil plaira sans doute à équipe qui a besoin d’un shooteur fiable dès maintenant dans la mesure où il ne présente que peu de risques.

Peu de risques, certes, mais Kispert n’a pas non plus l’étoffe d’une star. Il n’est élite nulle part en dehors de son shoot, son coach ne pourra certainement pas lui demander de créer pour les autres. C’est un scoreur assez unidimensionnel qui manque un peu de physique par rapport aux postes 3 de la grande ligue. Kispert est parfait pour entourer une superstar, mais a aussi besoin d’être entouré de joueurs talentueux, offensivement et défensivement.

Comparaisons :

  • Joe Harris
  • Duncan Robinson avec plus de talent
Le titre de Baylor a permis à Davion Mitchell de gagner en popularité auprès des recruteurs. Photo : Tim Nwachukwu / Getty Images

Davion Mitchell

Junior (22 ans) – Baylor – A/ MJ – Lottery

Le phénomène de Baylor lors de la dernière March Madness, peut-être pas MOP, mais tout de même le joueur le plus important du système des champions en titre. Davion Mitchell impressionne depuis son arrivée à Baylor et n’a fait que monter dans les Mock Draftss tout au long de l’année.

Mitchell est listé « junior », mais c’est pourtant un des joueurs les plus vieux de cette Draft à bientôt 23 ans. Après une première année difficile à Auburn et une année Redshirt, sa troisième année fut celle de l’explosion, avant cette dernière saison pendant laquelle son rôle de leader lui allait comme un gant.

Il a progressé chaque année et s’est progressivement imposé comme le leader charismatique de la meilleure équipe du pays. Mitchell est un combo guard dur au mal, physique et athlétique, ce qui lui permet sûrement d’être le meilleur défenseur extérieur de la Draft.

En attaque, Mitchell possède également quelques arguments : un premier pas très rapide couplé à un sens du playmaking qui lui ouvre un large champ des possibles. Rajoutons à cela une qualité de tir impressionnante — que ce soit en catch and shoot, en pull up ou encore grâce à un step back — et Mitchell semble tout avoir pour réussir en NBA.

Malheureusement, Mitchell n’est plus tout jeune. Il fait partie des joueurs les plus matures du circuit et est déjà développé physiquement et athlétiquement. Quelle marge de progression reste réellement chez ce joueur ? C’est la question.

Autre point inquiétant : son poste naturel. Davion n’est pas un meneur de jeu. Pourtant, il a cette folie offensive difficilement contrôlable qui pourrait l’empêcher de diriger l’attaque d’une équipe NBA. C’était un atout dans le système de Baylor, qui tournait autour de lui, mais qu’en sera-t-il à l’échelon supérieur ? Il doit apprendre à épurer son jeu, à comprendre les rouages d’une défense plus complexe. Il ne pourra pas évoluer au poste 2 dans la grande ligue en raison de sa petite taille, mais également d’une adresse qui nous semble suspecte compte tenu d’un pourcentage au lancer franc qui inquiète les scouts (à peine 64 %).

Comparaisons :

  • Un mini Donovan Mitchell
  • Un Kemba Walker moins scoreur
  • Marcus Smart par le profil
La place de Moses Moody à la Draft est particulièrement difficile à évaluer. Photo : Wesley Hitt / Getty Images

Moses Moody

Freshman (19 ans) – Arkansas – A – Lottery

Moses Moody est certainement le joueur qui présente le plus d’incertitudes sur sa position. L’arrière d’Arkansas peut autant être choisi dans le top 5 qu’en deuxième partie du premier tour.

Le freshman a éclaboussé la NCAA de son talent et de son potentiel sans limites durant toute la saison avec ses 17 points et 6 rebonds de moyenne. Moody est un scoreur versatile qui peut piéger et battre son adversaire sur tous les niveaux. Il s’agit d’un shooteur très sérieux, comme le montrent ses 36 % à trois points, mais il peut tout autant driver grâce à de solides fondamentaux.

Moses Moody possède par-dessus tout une panoplie défensive monstrueuse. Avec plus de 2,10 m d’envergure, ce freshman a le coffre pour défendre sur trois positions au minimum en NBA. Moody sera au grand minimum un 3&D de qualité à l’étage supérieur.

Malgré toutes ces qualités, si Moody ne parvient pas à s’installer dans le top 10 de toutes les Mock Drafts, c’est principalement à cause de sa constance et de sa motivation. Son mental inquiète de nombreux scouts. L’arrière n’est pas régulier dans ses efforts, il « choisit » ses moments et ne semble pas être un acharné de travail. Il peut faire forte impression sur une mi-temps à coups de pull-up bien senti et de drives agressifs, puis se montrer totalement passif durant la seconde.

Au-delà de ce problème de régularité se pose la question de la création. Moody n’est pas un playmaker de premier ordre et il lui faudra travailler son handle pour progresser sur ce plan.

Comparaisons :

  • Mikal Bridges
  • Allan Houston
  • Joe Johnson
En se ravisant l’année dernière, James Bouknight semble avoir fait le bon choix. Photo : Jessica Hill / AP Photo

James Bouknight

Sophomore (20 ans) — UConn — A — Top 20

James Bouknight paraissait installé en fin de premier tour de la Draft de l’an dernier. Grand bien lui a pris de retourner à l’université du Connecticut pour parfaire son jeu et monter dans les tableaux.

Passé de 13 à 19 points de moyenne, l’arrière de UConn s’est affirmé comme le leader de sa fac, au scoring tout du moins. Bouknight est un attaquant de haut niveau, capable de shooter d’à peu près partout, de driver et de récupérer de nombreuses fautes. Il s’appuie essentiellement sur son agressivité et son handle sérieux pour créer l’occasion — ce qu’il fait à la perfection. Athlète de haut vol, il pose de grandes difficultés aux formations qui ne se sont pas préparées défensivement.

Comme de nombreux arrières dans cette Draft, mais également en NBA, l’arrière possède les défauts habituels de ses qualités. Très fort en drive et en agressivité, Bouknight a régressé derrière la ligne cette année, ne parvenant pas à dépasser les 30 %, ce qui fait tache sur son CV. Sa sélection de tir est assez désastreuse, mais pour sa défense, l’effectif autour de lui au Connecticut est lui, aussi, assez limité.

Malgré tout, Bouknight n’a pas réussi à impliquer ses coéquipiers et a encore des progrès à faire sur la création pour les autres. Enfin, avec un tel physique, il est difficile de comprendre comment l’arrière peut se montrer aussi peu impliqué et passif en défense.

Comparaisons :

  • Malik Monk
  • Jordan Clarkson
  • Tim Hardaway Jr.
C’est le QI de Franz Wagner qui lui permet de se distinguer dans cette cuvée de Draft. Photo : Jamie Squire / Getty Images

Franz Wagner

Sophomore (20 ans) — Michigan — AI/AF — Top 20

Petit frère de Mo Wagner, Franz semble avoir plus d’atouts que l’intérieur d’Orlando pour l’installer durablement en NBA.

Comme chez la majorité des joueurs formés à l’européenne, la qualité qui ressort le plus chez Franz est son intelligence et sa compréhension du jeu. L’ailier de Michigan a un QI basket largement plus développé que la moyenne, il comprend le jeu des deux côtés du terrain, sait se placer, comprend les aides et utilise les intervalles.

Franz est un ailier polyvalent de bonne taille, ce qui lui permet de jouer les deux positions d’ailier. On l’a vu créer, attaquer le cercle ou encore se positionner en catch and shoot, c’est un joueur efficace, qui ne fait pas de vagues et qui comprend ce qu’on lui demande.

Ce qui ressort également dans les scouting reports de Franz Wagner, c’est la multitude de positions qu’on lui attribue. Est-ce un ailier scoreur, un ailier fort créateur, un pivot qui écarte ? Ce manque de position claire risque de lui jouer des tours à l’échelon supérieur où les joueurs avec un rôle précis sont appréciés.

De plus, Franz n’est pas très épais. Il manquera de physique et de dureté face aux postes 3-4 très physiques de la grande ligue. Enfin, même si cela ne se voyait pas en NCAA, Wagner sera ciblé sur les switchs des défenses NBA. Il manque de rapidité latérale et son placement ne suffira pas à le cacher.

Comparaisons :

  • Nemanja Bjelica
  • Deni Avdija
  • Mike Dunleavy Jr
Excellent défenseur dans le circuit universitaire, Isaiah Jackson redoubler d’efforts pour se faire une place en NBA. Photo : Arden Barnes / USA TODAY Sports

Isaiah Jackson

Freshman (19 ans) — Kentucky — AF/P — Top 20

Le premier prospect de Kentucky sera-t-il sélectionné en dehors du top 20 ? C’est assez rare pour le souligner, car en prenant en compte la fin de saison, il parait évident que Jackson sera appelé avant BJ Boston, qui a énormément déçu.

On attendait BJ Boston, mais Isaiah Jackson est un late bloomer. Son potentiel et sa progression ont été la principale attraction de Kentucky durant l’année. C’est un phénomène athlétique de 2,10 m avec une envergure assez folle de 2,27 m. Si Kentucky n’a pas totalement coulé cette année, c’est bien grâce à son monsieur défense.

Isaiah protège son cercle, il peut switcher, il est explosif, rapide, tonique et impose un défi physique très impressionnant pour un aussi jeune prospect. Offensivement, Jackson se contente pour l’instant de lob ou de faire du cercle à cercle, mais son potentiel est là. Il est beaucoup plus vif que les autres big et son shoot est en constante progression.

Malheureusement, cela ne suffit pas — pour l’instant en tout cas — à imaginer un avenir offensif sérieux pour Jackson. Il est encore trop limité pour penser qu’il pourra un jour devenir un atout offensif plus que défensif.

De plus, son athlétisme ne suffira sûrement pas à exister face aux défis physiques qui l’attendent en NBA, où ses 93 kilos sont trop faibles contre les bêtes du poste 5. Déjà qu’il a montré certaines limites sur ses talents de rebondeur, il devra travailler d’arrache-pied pour se faire une place à l’échelon supérieur, mais le potentiel est bien présent.

Comparaisons :

  • Bam Adebayo en moins physique
  • Nerlens Noel
Le profil atypique de Josh Giddey, déjà professionnel à 19 ans, est particulièrement intrigant. Photo : Daniel Pockett / Getty Images

Josh Giddey

International (19 ans) — Adelaide 36ers — AI/MJ — Top 20

Un meneur de jeu de grande taille qui joue en professionnel depuis de nombreuses années et s’affiche déjà en tant que leader. Le talent n’est pas semblable aux Doncic ou Ball des dernières années, mais le profil s’en rapproche.

Listé en tant qu’ailier aux 36ers, Giddey est une anomalie dans le championnat australien avec ses 2,03 m et son profil de meneur de jeu. Son playmaking et sa gestion du Pick and Roll sont assez impressionnants pour un aussi jeune joueur. Le potentiel de l’Australien semble sans limites et une franchise pourrait bien tenter le pari plus haut que l’on ne l’attend.

La NBL est une ligue dure et physique, mais sa grande taille lui permet de dominer physiquement et de voir des angles difficiles pour des meneurs classiques. Machine à triple-doubles, Giddey tourne à plus de 11 points, 7 rebonds et 7 passes de moyenne avec un shoot en constante progression. Le potentiel est là.

Les plus optimistes y voient un futur Luka Doncic. Tant mieux, car il a les mêmes lacunes que le meneur des Mavs. Il est grand, certes, mais manque cruellement d’athlétisme et d’explosivité. Sa défense est déjà critiquée en NBL, alors qu’en sera-t-il face aux meilleurs attaquants du monde ? Il possède un shoot intéressant, mais est beaucoup trop streaky et sa moyenne aux lancers francs ne rassure absolument pas sur ses futurs progrès avec un très moyen 69 % de réussite.

Comparaisons :

  • Luka Doncic/Lamelo Ball par le profil
  • Evan Turner/Deni Avdija dans le potentiel
Alperen Sengun, révélation tardive de cette cuvée de Draft, semble être l’un des plus hauts potentiels de celle-ci.

Alperen Sengun

International (19 ans) — Besiktas — PF/C — Top 20

En début de saison, Sengun n’était présent dans aucune Mock Draft, pas même au second tour. Il s’affiche pourtant aujourd’hui comme un potentiel lottery pick.

Avec 19 points et plus de 9 rebonds de moyenne dans une grosse écurie d’Europe comme le Besiktas d’Istanbul, Alperen Sengun est le leader de sa formation alors qu’il vient d’avoir 19 ans. Cet intérieur aux mains en or a explosé cette saison et continue de progresser, c’est l’un des meilleurs joueurs d’Europe et pourtant aussi l’un des plus jeunes.

Intérieur de 2,08 m, Sengun possède des fondamentaux monstrueux, il comprend le jeu et domine au poste en tant que scoreur, mais aussi en tant que créateur et plaque tournante de son équipe. Son shoot est en développement, comme le montre ses pourcentages aux lancers francs qui rassurent (81 %).

Comme la majorité de ses pairs, cet intérieur européen intelligent a un défaut récurrent : sa défense. Certes, il comprend les rotations, se place bien et dirige ses coéquipiers, mais ce n’est pas le plus grand des athlètes et il manque cruellement d’explosivité.

Sa défense sera sans doute très exposée en NBA et il fera certainement figure de cible privilégiée sur les switchs adverses. Enfin, malgré son grand potentiel, Sengun a encore beaucoup de travail à faire sur son shoot pour parvenir à peser autant offensivement que ses ainés.

Comparaisons :

  • Nikola Vucevic
  • Goga Bitadze
  • Enes Kanter

Photo de couverture : Brett Wilhelm / Getty Images

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