Point sur le Final Four, Drummond aux Lakers, « Air Jazz » — Le Courrier de L’Analyste

par Teddy Perez
Publié le Modifié le

Tournois universitaires, dernière ligne droite pour décrocher une bannière

Les championnats universitaires étasuniens arrivent à leur dénouement. Ce week-end aura lieu le Final Four de la NCAA, chez les femmes comme chez les hommes. Un point s’impose aujourd’hui pour s’intéresser aux premiers grands moments des prospects de demain.

Il en reste quatre, mais une seule équipe aura le privilège de soulever le trophée de champion au terme de la March Madness. Photo : Andy Lyons / Getty Images

Pour la première fois depuis 2012 dans le Kentucky, un même État sera représenté par deux de ses universités lors du Final Four : le Texas, grâce aux qualifications de Baylor et de Houston. Les Bears de Baylor, tête de série du championnat, retrouveront ce carré final après 71 ans d’absence. Lors de leur dernière confrontation, ils ont dominé les Razorbakcs de l’Arkansas 81 à 71, bien emmenés par leur guard Macio Teague à 22 points. Ils affronteront justement en demi-finale l’équipe de la même région, les Cougars de Houston. Ces derniers se sont défaits de l’université d’Oregon State 67 à 61 lors du Elite Eight. Comme quoi, à Houston, ça gagne cette année !

De l’autre côté du bracket, la confrontation opposera la meilleure équipe du pays. Les Bulldogs de Gonzaga, contre le collectif d’UCLA, qui a fait sensation en créant plusieurs surprises dans le tournoi. Les Zags — toujours invaincus cette saison — ont surpassé USC lors du Elite Eigh 85 à 66, notamment grâce au moustachu Drew Timme à l’intérieur, mais aussi grâce à son énorme et polyvalent prospect Jalen Suggs (18 points, 10 rebonds, 8 passes). Face à eux se dressera l’équipe qui a fait tomber le Michigan — du coach et ex-joueur NBA Juwan Howard — 51 à 49, les Bruins d’UCLA. La dernière apparition des « bleus ciel et jaune » remonte à 2008, lorsque l’effectif comptait dans ses rangs Kevin Love et Russell Westbrook. Les Californiens ont pu s’appuyer sur un Johnny Juzang des grands soirs, auteur d’une performance à 28 points.

C’est toujours dans l’État de l’Indiana que se passera la suite — et moment le plus hypant — de la compétition en NCAA. Alors, réservez votre week-end !

Chez les dames, UConn s’est d’abord qualifiée pour la treizième saison consécutive au Final Four. Les Huskies l’ont emporté de deux points seulement face à l’équipe féminine de Baylor, après une fin de match très agitée. UConn a remonté un déficit de 10 points pour repasser devant son adversaire du soir. Néanmoins, lors de l’ultime possession des Bears, un non-call controversé a fait polémique pour laisser la victoire aux grandes favorites. La première de la classe, Paige Bueckers — nommée AP Player of the Year —, nous a gratifiés d’une partition étincelante avec 28 points au compteur. Tout comme sa partenaire du backcourt Christyn Williams auteure de 21 points et 7 rebonds, malgré ses 3 lancers francs manqués dans le moment clé du match. Autre qualifiée dans le dernier carré, l’université d’Arizona State ! Les Wildcats ont mis tout leur cœur dans le jeu pour décrocher leur ticket pour les demi-finales, les premières de leur histoire. Grâce aux 33 points de sa star senior Aari McDonald, Arizona State a surpassé les jeunes Hoosiers de l’Indiania.

Le lendemain de ces deux premières qualifications, les deux derniers matchs des quarts de finale se sont déroulés. L’université de Stanford a, après une première période complexe, remporté son duel face à Louisville 78 à 63. Elle rencontrera pour son entrée dans le Final Four l’équipe universitaire de South Carolina qui a largement dominé son vis-à-vis texan (62-34). Le résultat final du championnat féminin se décidera à San Antonio et, tout comme les messieurs, la crème de la crème sera réunie pour nous offrir une magnifique fin de compétition.

Le Dédé se jette au LakeShow

Annoncé depuis des semaines chez un contender une fois son buyout avec les Cavaliers acté, Andre Drummond a enfin pu faire ses valises vers la destination de son choix. L’intérieur de 27 ans a trouvé refuge chez les tenants du titre pour le salaire minimum.

Au bout de neuf saisons seulement, le meilleur rebondeur de la ligue fait déjà profil de ring chaser en complétant la raquette pourpre et or. Le choix est vu comme une injustice pour tous ceux qui n’ont pas pu le récupérer, mais pas seulement ! L’arrivée de Dédé Drummond est qualifiée de gâchis pour son potentiel financier alors qu’il est à son prime. Pour autant, cette décision est terriblement compréhensible. Le pivot a réussi à deux reprises à obtenir une place au All-star Game dans une piètre équipe et n’a jamais joué dans un effectif très stable. Chez les Lakers, c’est tout le contraire. Qui plus est, Drummond sait qu’il aura du temps de jeu au sein d’un collectif en besoin d’intérieur dominant pour suppléer un Anthony Davis, toujours absent. Alors, quand les Lakers t’appellent pour te proposer le poste et t’assurer une fin de saison compétitive, difficile de refuser.

Les Lakers avaient réalisé une belle intersaison en novembre dernier, mais n’avaient pas conservé McGee et Howard, deux intérieurs rugueux, athlétiques et agiles en pick and roll. Durant ce début de saison, Frank Vogel et son staff ont donc dû modifier le plan de jeu — particulièrement en défense — d’une équipe victorieuse sous ce système. Gasol et Harrell grappillent du temps de jeu, mais ils ne remplissent plus le rôle joué par leurs prédécesseurs.

Avec Drummond, Los Angeles ajoute une nouvelle pièce maîtresse à leur effectif. Il est à son poste le meilleur intercepteur de la NBA et gobe plus de 13 rebonds par match cette saison. Dans la force de l’âge, il est prêt à apporter ses services dès maintenant à des Lakers orphelins de leurs leaders qui doivent impérativement gagner et éviter le Play-in.

Pour sa grande première dans le maillot pourpre et or, tout ne s’est malheureusement pas passé comme prévu. Le pivot a été contraint de quitter le terrain face aux Bucks, après que Brook Lopez ait accidentellement marché sur son pied droit dans le premier quart-temps. « Tout mon ongle était parti », raconte Drummond, auteur d’une performance à 4 points, 1 rebond et 3 pertes de balle en 14 minutes. Un faux départ « très douloureux » pour cette nouvelle aventure.

C’était un jour magnifique…

On a frôlé la catastrophe ! Le Jazz, en déplacement à Memphis pour leur prochain match, a réalisé un trajet en avion mouvementé pour se rendre dans le Tennessee. Quelques instants après le décollage de Salt Lake City, l’appareil a percuté un groupe d’oiseaux — qui n’étaient ni des Hawks, ni des Pelicans — provoquant ainsi l’explosion de l’un des moteurs. L’avion a été contraint d’atterrir dans les plus brefs délais pour éviter le pire.

L’avion du Jazz, de retour à l’aéroport de Salt Lake après l’incident. Photo : Spencer Joseph / Fox 13 Utah

Rassurez-vous, tout s’est bien terminé pour les leaders de la NBA. Aucun humain n’a donc été blessé, on ne peut en dire autant des volatiles percutés, à la vue de la trace laissée par ces derniers. Le collectif de Quin Snyder a donc repris la route aérienne pour affronter des Grizzlies, qu’ils avaient battus déjà à deux reprises la semaine passée.

News en vrac

  • LaMarcus Aldridge a signé un contrat d’un an au minimum vétéran aux Nets.
  • Mitchell Robinson a été opéré du pied droit pour sa fracture du cinquième métatarsien.
  • Les Spurs ont coupé Marquese Chriss pour signer Gorgui Dieng.
  • La loterie de la Draft se tiendra le 22 juin, la Draft Combine entre le 21 et le 27, puis la Draft le 29 juin.
  • Kyle Lowry manquera 7 à 10 jours de compétition à cause d’une infection de l’orteil. « Ça ne va pas très bien », commente Nick Nurse.
  • Joel Embiid, blessé au genou, devrait faire son retour samedi face aux Timberwolves.
  • Les 76ers ont offert un contrat standard à Paul Reed, MVP de la G League.
  • Le Magic a coupé Jeff Teague, un mouvement largement anticipé.
  • Les Clippers auraient l’intention de signer DeMarcus Cousins sur un 10-day contract. Aucune décision ne devrait être prise avant la semaine prochaine.
  • Paige Bueckers a été nommée AP Player of the Year, titre qui récompense depuis 1995 la meilleure joueuse au niveau universitaire. Elle est la première freshman de l’histoire à recevoir cette distinction.
  • Sur les 481 joueurs testés au coronavirus depuis le 24 mars, un seul était positif.
  • Joueurs de la semaine 14 : De’Aaron Fox et Terry Rozier.

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Teddy vous assist

Avec leur superteam historique, la potentielle ascension des Nets vers le titre est déjà remise en cause par de nombreux fans.
Photo : Jesse D. Garrabrant / NBAE via Getty Images

Vos questions, nos réponses. Chaque semaine, nous répondons à deux questions que vous nous avez envoyées par mail ou sur nos réseaux sociaux. Pour nous faire parvenir vos questions, envoyez un mail à contact@lanalyste.fr

Q : Si les Nets remportent le titre cette année, aura-t-il de la valeur ? — Lucie

R : J’ai comme l’impression que la récente amélioration de l’hyperteam de Brooklyn te frustre terriblement ma chère Lucie… Eh oui, pour ceux qui étaient encore en période d’hibernation, les Nets ont ajouté au cours de ces trois dernières semaines Blake Griffin et LaMarcus Aldridge à un roster déjà bien complet ! Brooklyn compte désormais six joueurs étoilés ou ex-étoilés en ses rangs pour décrocher un trophée qui semble plus que jamais à leur portée.

Comme pour chaque titre, les joueurs qui rêvent durant toute leur carrière d’enfiler une bague de champion en retireront énormément de satisfactions. C’est davantage au niveau de la communauté NBA, les fans, que cela coince. S’ils remportent le Larry O’brien dès cette année, les Nets s’assurent d’être critiqués ad vitam æternam pour la symbolique de cette victoire. Mais si elle ne le gagne pas, les moqueries seront nombreuses pour ce que l’on définira peut-être comme le plus grand choke de tous les temps. La pression est donc sur les épaules de tous ces franchises players réunis.

De plus, ce titre ne comblera pas ce qui a été dépensé sur le plan financier par le front office des Nets pour réunir cette armada lors d’un projet « one shot ». La franchise a dépassé le cap salarial, et sera punie par la taxe, afin de construire un effectif qui se doit de gagner maintenant — même s’il ne se connaît pas — pour éviter une immense désillusion. Néanmoins, elle a profité des buyouts de Griffin et Aldridge pour faire de bonnes affaires. À eux deux, ils coûtent 2,1 millions de dollars à l’équipe cette saison, une bouchée de pain pour des joueurs de ce calibre.

D’un point de vue personnel, si Brooklyn devenait champion à l’issue de la saison, j’accorderais tout de même de la valeur à ce titre. Cela dépendra d’ailleurs de leur manière de s’imposer sur les parquets. Le one shot de Kawhi Leonard à Toronto, le beautiful basketball des Warriors en 2017 et 2018… ces titres ont de la valeur à mes yeux. En suivant cette logique, je pense également — et peut-être naïvement — qu’un titre acquis de cette façon a de la valeur. La victoire s’obtient non pas en notant la qualité de son roster, mais bien en le confrontant aux meilleures équipes de la ligue. C’est donc sur le terrain que nous allons découvrir la valeur des Nets du Cupcake.

Désormais, il reste à voir comment le système évolue avec le temps pour la mise en place de ce type de superteam, en espérant que cela ne devienne pas une fâcheuse habitude.

Q : Qu’est-ce qu’il se passe avec D’Angelo Russell ? — Joris K.

R : Absent depuis le mois de février, D’Angelo Russell n’a en effet participé qu’à 20 rencontres sur les 48 des Wolves cette saison. Le combo-guard, blessé au genou, a subi une opération qui l’éloigne des terrains pour encore quelques semaines. À son retour, ce sera alors le moment d’observer le trio KAT — DLo — Edwards réuni sur le même parquet.

Drafté en 2015, celui qui aime à se surnommer DLoading connaît de nouveau une période de longue pause dans sa courte carrière. Chaque saison, c’est un peu la même chanson. L’infirmerie, il l’a côtoie partout où il passe. Cependant, cette attente paraît aujourd’hui interminable quand on sait le talent du garçon. De plus, le projet des loups de construire autour de trois jeunes piliers haut draftés, dont deux potes de la même cuvée, nous fait évidemment saliver.

All-Star chez les Nets il y a deux ans seulement, il s’est heurté depuis à plusieurs déceptions. Chassé du projet de superteam à Brooklyn, il n’a pas non plus trouvé sa place à San Francisco. Transféré l’an passé dans le Minnesota, il se retrouve dans la même configuration que lorsqu’il était aux Lakers : prouver à sa franchise qu’elle ne s’est pas trompée sur son cas, en engageant une pépite aussi créative, mais malheureusement trop irrégulière. Lorsqu’il était plus jeune, le souci principal concernait sa mentalité nonchalante. Désormais, cette fragilité se situe sur le plan physique, ce qui est encore plus complexe à admettre…

Payé au prix fort pendant une année qui n’a véritablement toujours pas débuté, il percevra 30 millions de dollars en 2021-22, puis 31 la saison suivante, avant d’être agent libre à l’été 2023. Il est capable du meilleur quand il tient sur ses deux segments. Vrai scorer avec des moyennes qui sont montées — à trois reprises — à plus de 20 points par match, il est aussi très doué à la passe. L’homme au sang glacé ne possède donc qu’une seule issue pour sortir de ce calvaire : c’est jouer. Patience à Minneapolis.

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