Place à la folie du mois de mars, focus sur les Bucks et les Spurs — Le Courrier de L’Analyste

par Teddy Perez

Place à la jeunesse, c’est la March Madness

Cette semaine signe le grand retour d’un des événements sportifs les plus suivis aux États-Unis, la March Madness. Chaque année au mois de mars, ce sont les basketteurs universitaires du pays entier qui se retrouvent au premier plan lors du tournoi NCAA. Il se jouera exceptionnellement dans une bulle sanitaire puisque, COVID oblige, toutes les rencontres se dérouleront dans l’État de l’Indiana.

Blake Griffin n’est plus aussi explosif qu’auparavant, certes, mais il a certainement un rôle à jouer dans la course au titre des Nets. Photo : Leon Halip / Getty Images

Pour rappel, la March Madness est un tournoi à élimination directe — si tu gagnes, tu poursuis l’aventure, sinon, tu rentres à la maison — composé de 64 équipes. Ces dernières, pour décrocher leur billet pour cette prestigieuse compétition, ont connu une saison régulière qui a déterminé leur classement dans leur conférence respective. Car oui, les équipes sont réparties en pas moins de 32 conférences au sein de la première division de basketball universitaire, ce qui représente un total de plus de 300 challengers au départ. Chaque équipe classée première de sa conférence est automatiquement qualifiée pour le tournoi. Pour le reste des places, elles ont été distribuées ce dimanche par un comité décisionnel sélectionnant les équipes les plus méritantes pour ce tournoi final. Pour scruter les meilleurs prospects du pays, il faut donc avoir l’œil partout, et boire beaucoup de café. Une fois cette brève explication faite, parlons des favoris pour le Graal !

Si ce tournoi est l’un des plus attractifs de l’année, c’est d’abord parce qu’l réserve énormément de surprises et d’émotions réparties en seulement un mois. En un match, tous les scénarios sont possibles et chaque année, l’événement connaît de nombreux renversements de situation. En 2018 par exemple, l’université de Maryland-Baltimore County, tête de série numéro 16, éliminait le numéro 1 Virginia sur le score de 74 à 54. Une des plus grandes surprises de l’histoire du basketball universitaire, surtout sur ce score, puisque le bilan des numéros 1 était jusque-là de 135 victoires pour 0 défaite au premier tour. Lors de cette édition 2021, quatre têtes de liste sont annoncées favorites pour se retrouver lors du Final Four, au tout début du mois d’avril. Mais attention à elles, car leurs adversaires voudront leurs peaux !

Nous disions donc quatre favoris. On retrouve d’abord Gonzaga, une université très bien armée collectivement pour remporter le titre NCAA. Les joueurs auront foi en leurs forces puisqu’ils arrivent dans cette March Madness en tant que seule équipe invaincue au cours de la régulière. Dans cet effectif, on retrouve d’ailleurs le Bordelais Joël Ayayi, meneur-arrière qui a bien trouvé sa place au sein de la niche des Bulldogs de Gonzaga. Pour le reste des équipes du haut de tableau, nous retrouvons l’équipe de Baylor, celle de Michigan et également l’université d’Illinois.

Pour la première fois depuis 45 ans, deux grands habitués de la compétition manquent à l’appel : l’équipe de Duke, drivée par l’éternel coach K, et celle de Kentucky. Oui, ça nous fait tout drôle. Mais rien de vraiment regrettable compte tenu de leur bilan cette saison — 13-11 pour Duke et 9-16 pour Kentucky. En ce qui concerne les quelques grands noms à surveiller, il y a évidemment le très attendu numéro un de la prochaine Draft, Cade Cunningham du côté d’Oklahoma State. Mais également le meilleur joueur universitaire de l’année Luka Garza, qui tourne à 24 points et 8 rebonds sous le maillot d’Iowa. Un dernier pour la route : le pivot très prometteur d’USC, Evan Mobley, attendu dans les hauteurs de la cuvée 2021. Let’s get ready to rumble !

Ne jamais sous-estimer le cœur d’un chevreuil !

Après un début de saison en demi-teinte, les Bucks reviennent forts, très forts, menés par un Giannis en mode MVP.

Avec un bilan de 9 victoires pour 1 défaite sur les 10 dernières rencontres, Milwaukee s’installe confortablement sur le podium de sa conférence. Une zone que la franchise occupe depuis trois saisons maintenant. Les Bucks font partie de ces collectifs en forme en ce mois de mars, bien aidés par un calendrier plutôt facile. Ils rencontraient notamment les Wizards à deux reprises, les Wolves ou encore les Pelicans. Ils ont également été intraitables face à des Knicks surprenants et ont remporté un joli duel contre des Clippers prétendants au titre. Mercredi soir, ils ponctuent le tout avec une victoire surprenante face à Philadelphie, en prolongations, alors qu’ils étaient menés de 14 points à la mi-temps.

La team de Budenholzer est sur un bon rythme et elle le doit en majeure partie au Greek Freak. MVP anecdotique du All-Star Game, Giannis Antetokounmpo réalise à sa sortie des matchs de très haut niveau. Avec trois triple-doubles consécutifs, dont deux à plus de 30 points, il retrouve des bases aussi solides que menaçantes, qui s’étaient fait un peu oublier après une dernière postseason décevante.

Le retour en force d’Antetokounmpo tombe alors à point nommé pour démarrer une seconde partie de saison aux affiches compliquées. Les prochaines semaines ne seront pas de tout repos pour nos Bucks. Pour terminer ce mois de mars, ils feront face aux Celtics ou encore aux deux franchises de Los Angeles. Mais les gros duels continueront même en avril ! Un affrontement notable face aux Suns, deux contre les 76ers, et plusieurs matchs face à des équipes de milieu de tableau qui lutteront, elles, pour leur qualification en Playoffs. Il faudra faire particulièrement attention.

Lors des dernières semaines, de nouveaux tests face aux Nets et face au Heat, que les Bucks affronteront chacun à deux reprises. Mais Milwaukee aura également le droit à un temps de repos afin de parfaire son jeu collectif et de mettre en confiance les quelques joueurs en sous-régime, tels que le nouvel arrivant Jrue Holiday, qui devra davantage briller sur les parquets. Surtout, les Bucks en profiteront pour travailler sur l’intégration de leur nouvel élément, PJ Tucker, fraîchement arrivé de Houston. Son expérience, sa polyvalence défensive et sa régularité dans le corner feront certainement beaucoup de bien à cette équipe.

Sans faire trop de bruit, les Bucks tracent leur route dans une conférence Est au pelage plus épais que l’année passée. L’élan doit continuer !

Des éperons en pleine transformation : ça nous botte !

Les Spurs ne sont plus vieux. Oui, que l’on soit clair, ça fait déjà un moment. Mis à part un vieux briscard collé au banc texan, les légendes de la franchise ont pris leur retraite et ont permis à San Antonio de prendre un nouveau virage bien serré dans son histoire. Mais alors que le temps de la refonte est programmé, les Spurs version 2021 ne connaissent plus des jours aussi grisâtres que leur maillot. Cerise sur le gâteau, la semaine dernière les Spurs ont annoncé — avec l’accord de l’intéressé — que « LentMarcus » Aldridge ne jouerait plus sous leurs couleurs. L’intérieur ne correspondait plus au projet en place et il semblait en avoir lui-même conscience, sans faire trop d’effort pour régler le problème. L’ex-blazer, à contretemps de l’équipe offensivement, ne s’investissait même plus au rebond.

Quelques « vétérans » restent encore au sein de l’effectif et ont leur importance dans la transition Spurs. DeMar DeRozan, ailier au calibre All-Star, s’est finalement bien adapté au système de Popovich après une saison d’observation nécessaire. Son tir mi-distance est toujours aussi imparable et son jeu de passe s’est nettement amélioré. Leader par son talent et son expérience, c’est un réel plus pour driver une équipe bien jeune. Pop peut également s’appuyer sur l’Australien Patty Mills, fidèle au poste de meneur en sortie de banc, ou encore Rudy Gay qui dépanne bien par sa petite dizaine de points à 34 ans.

Parlons peu, parlons jeunes. Depuis la Draft de Dejounte Murray en 2016, le front office des Spurs s’est engagé à sélectionner des joueurs pour alimenter son backcourt les cuvées suivantes. Après avoir choisi le défensif et longiligne numéro 5, c’était le bon shooter Derrick White, puis le créatif Lonnie Walker. Chacun de ces trois garçons a su apporter quelques belles contributions, sans pour autant s’imposer comme de véritables patrons sur les lignes arrières. Les premières réelles satisfactions sont, effectivement, encore récentes. Sur les ailes, le rookie costaud et adroit Devin Vassell et surtout le sophomore Keldon Johnson — steal de la Draft 2019, récupéré en 29e position — réalisent de jolis premiers pas prometteurs sous Popovich.

La liste des jeunes talents est aussi longue que le bras de Duncan et on est forcé de croire que tous les noms cités ne feront pas carrière sous la tunique noire et blanche. Si Dejounte Murray apparaissait être la pierre angulaire de l’avenir des Spurs, le projet pourrait se tourner vers un autre garçon… Oh puis finalement, il n’y a rien de plus Spurs que de démarrer sa reconstruction en misant sur tout un groupe plutôt que sur un seul homme. Surtout lorsque — et c’est le cas dès cette année — cela fonctionne !

Avec un bilan positif, le solide Saint Antoine réalise une première moitié de saison qui va au-delà de ce qu’il pouvait espérer et croit désormais aux Playoffs. Et puisque toutes les choses ont une bonne fin, les Texans connaîtront un calendrier très clément sur le mois de mars avec neuf rencontres d’affilée dans leur ranch où ils recevront Kings, Bulls ou encore Cavaliers. Go Spurs go, to the rodeo !

News en vrac :

  • Plusieurs joueurs, coaches et autres membres du staff de diverses équipes ont commencé à se vacciner pour le coronavirus. La NBA et la NBPA ont d’ores et déjà annoncées un protocole sanitaire assoupli pour les personnes qui ont reçu deux doses de vaccin.
  • PJ Tucker a été transféré aux Bucks. Dans ce transfert, les Bucks reçoivent PJ Tucker, Rodions Kurucs, et un premier tour de Draft 2022 (le leur, qu’ils récupèrent). Les Rockets reçoivent DJ Augustin, DJ Wilson, un premier tour de Draft 2023 et un pick swap en 2021. Les Bucks transfèrent également Torrey Craig aux Suns.
  • Le Heat a récupéré Trevor Ariza dans un transfert, en échange de Meyers Leonard et d’un second tour de Draft en 2027, envoyés au Thunder.
  • Dans la nuit de lundi, Stephen Curry est devenu le meilleur passeur de l’histoire des Warriors.
  • CJ McCollum a fait son retour mardi, face aux Pelicans, après une longue absence causée par une fracture du pied.

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Teddy vous assist

Meneur lors du seul et unique titre des Raptors, en 2019, Kyle Lowry a marqué l’histoire de la franchise comme peu de joueurs. Photo : Frank Gunn

Vos questions, nos réponses. Chaque semaine, nous répondons à trois questions que vous nous avez envoyées par mail ou sur nos réseaux sociaux. Pour nous faire parvenir vos questions, envoyez un mail à contact@lanalyste.fr

Q : Les Raptors vont-ils retirer le numéro de Lowry ? — Marin M.

R : On l’a appris il y a quelques semaines déjà, l’aventure entre Kyle Lowry et la franchise des Raptors pourraient se terminer d’ici peu de temps. L’équipe, délocalisée cette année à Tampa Bay, pourrait — d’après les rumeurs — transférer le meneur historique des dinosaures, arrivé en 2012. Afin de tourner la page avec une gloire passée et de se libérer d’un lourd contrat, ce choix apparaît aussi logique que tragique. Kyle Lowry a logiquement nié une possible transaction à venir tout en criant son amour pour Toronto. Une fois le contexte de ces derniers jours rappelé, je peux répondre à ta question mon cher Marin.

Tout d’abord, les dirigeants de la franchise n’ont pas répondu à mes appels — sûrement un souci avec les vents froids du Canada — mais j’en suis certain : le maillot floqué au numéro 7 se verra accrocher au plafond de l’arène de Toronto !

Cela ne fait aucun doute. Sous la tunique rouge, noire, violette ou blanche, Kyle Lowry a réalisé la plus large et la plus belle partie de sa carrière. Parfois rageur, mais souvent souriant, meneur stratège et lieutenant volontaire, multiple All-Star et champion olympique, Kyle Lowry est un des plus grands noms de la jeune histoire des Raptors. En 2018, il a décroché — aux côtés d’un beau collectif — l’unique bague des Raptors, un point essentiel sur le CV du joueur qui clôt tout débat sur le mérite de cette gratification.

La question n’est donc pas de savoir si Lowry aura son numéro retiré une fois parti, pour ma part c’est une certitude. Il faudrait plutôt se demander si, à côté du maillot du passeur le plus prolifique de la franchise, il sera disposé celui du meilleur scoreur de la même équipe, le numéro 10 de son ami DeMar DeRozan…

Q : James Harden est-il vraiment candidat pour le MVP ? — Adrien M.

R : À l’heure où ces quelques lignes sont écrites, James Harden est le meilleur passeur de la ligue et mène d’une main de patron l’équipe dans laquelle il a été tradé début janvier. Car oui, the Beard chez les Nets, c’est plus de 25 points, 11 passes décisives et 9 rebonds avec onze triple-doubles à son actif sans forcer. Ses pourcentages sont excellents, ils s’approchent même de la fameuse barre des 50/40/90. Sur le plan collectif, le bilan est ahurissant ! Depuis son arrivée, Brooklyn compile 21 victoires pour 6 défaites, et tout cela sans pour le moment évoluer avec le trio de All-Stars réuni au complet. Les Nets sont désormais deuxièmes de l’Est, avec le même bilan que les 76ers.

Tout laisse à penser alors que James Harden s’installe dans la course au MVP. Et oui Adrien, c’est un réel prétendant… mais comme beaucoup d’autres ! Il a de quoi faire parler pour lui, le gros hic à sa candidature se situe là où il joue, ou plutôt avec qui il joue. Forcément, en ayant Kyrie et KD dans ses rangs pour l’épauler et pour lui voler la vedette sur plusieurs soirs, le barbu ne dispose pas de toute la lumière dont un MVP pourrait avoir besoin pour son élection. De plus, une fois le Snake revenu de sa blessure, difficile d’imaginer James Harden en réel Franchise Player des Nets.

La concurrence pour le MVP est en plus très rude cette année ! Dans cette course très ouverte, il peut y croire. Mais il faudra lui faudra compter sur la chance — ou plutôt de malchance. Eh bien oui finalement, je l’ai dit plus tôt, ce sont ses coéquipiers calibres MVP qui jouent contre lui. Alors, si KD reste absent encore longtemps et que les Nets enchaînent les victoires avec un Harden gestionnaire et net leader naturel de l’équipe, oui, il peut décrocher une seconde fois ce trophée.

Cela fait quand même beaucoup de conditions et précautions à prendre pour parler du cas Harden ! Ce qui est en tout cas sûr, c’est que le numéro treize porte bonheur aux Nets et me régale personnellement, comme lui à la cantine chaque midi !

Q : Est-ce que les Lakers regrettent d’avoir signé Harrell et Gasol ? — Thomas T.

R : Thomas, comme je te comprends ! Cette question m’a effleuré l’esprit pendant un temps jusqu’au moment où je me suis rassuré en me disant qu’on ne pouvait vraiment regretter aucun de ces deux choix ne pouvaient.

Pour Montrezl Harrell d’abord, on pourrait lui reprocher son manque impact défensif. Mais surtout, et cela est indépendant de sa volonté, son temps de jeu que je juge trop insuffisant, surtout dans le Money Time et moments importants. Frank Vogel surprend dans sa gestion du meilleur sixième homme 2020. Depuis l’arrivée en 10 — Day contract de Damian Jones, c’est l’ancien Warrior qui lui est préféré dans le cinq de départ. Comble de cela, suite à la victoire contre Golden State où Montrezl a brillé en inscrivant 27 points, le coach a loué ses qualités létales balle en main dans les raquettes adverses. Si Harrell est une super signature, il faut désormais le faire jouer davantage !

Le cas Gasol est très différent. Marco, signé à un contrat minimum vétéran, est une pièce maline ajoutée en fin d’intersaison. Vieillissant, l’espagnol traîne de la patte sur le terrain, mais sa qualité au shoot, sa vision du jeu et son expérience font de lui un jour précieux dans le collectif Purple and Gold. Pour ce qu’il vaut, il n’y a rien de regrettable à l’avoir au sein de l’effectif.

Alors pourquoi cette question t’a-t-elle ainsi traversé l’esprit ? Je pense pouvoir l’expliquer. Premièrement, cela fait depuis le 24 février dernier que le Lake Show évolue sans son intérieur vedette, Anthony Davis. Sans aucun doute, des largesses dans ce secteur du jeu sont à observer et les deux joueurs dont nous parlons n’ont pas la même étoffe — même si je reconnais leur talent — qu’un joueur comme AD. Qu’on le veuille ou non, step-up et atteindre son niveau de jeu leur est impossible, d’où les regrets que l’on peut avoir autour de ces deux bestiaux.

Ces derniers temps, les pivots annoncés libres ou transférables par leur franchise respective sont à peu près aussi nombreux que la quantité de picks de Draft d’OKC. Alors, les Lakers, en bons favoris pour le titre sont prêts à ajouter un soldat physique supplémentaire dans son armada et sont, comme d’habitude, mentionnés dans toutes les rumeurs. Néanmoins, cela ne signifie pas pour autant que la franchise californienne se plaint de ses gros bébés déjà en place. Il faudra surveiller les décisions venants de LA jusqu’au 25 mars — date de la trade deadline — et même après, car il pourrait y avoir un peu de mouvement pour récupérer un dernier grand, au nom de Drummond, Turner ou pourquoi un retour de McGee…

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