À l’approche de la Trade Deadline et du All-Star Game, les Bleus à l’Euro 2022 — Le Courrier de L’Analyste

par Teddy Perez

Il ne reste plus qu’un mois aux franchises pour finaliser leur roster avant la trade deadline. Et comme chaque saison, cette période débute sous le signe des rumeurs et des joueurs mis sur le marché. Si cette régulière très particulière ne promettait aucun bouleversement majeur, des changements sont à prévoir puisque de grands noms sont déjà sortis du chapeau.

Bien que ces rumeurs soient démenties par Mark Cuban, les Mavericks seraient en train de sonder le marché pour Kristaps Porzingis. Photo : Vernon Bryant / Dallas Morning News

Depuis une semaine, nous savons que les Pistons et les Cavaliers cherchent à se séparer respectivement d’Andre Drummond et de Blake Griffin, deux giga-contrats difficilement transférables. Alors que le premier cité pourrait être utile à une équipe prétendante au titre, le second semble quant à lui sur un vilain déclin.

Cette semaine, un autre intérieur s’est ajouté à la liste des ex-étoilés : l’éternel blessé DeMarcus Cousins, coupé de manière intrigante par les Rockets. Toujours dans le Texas, les Mavericks sondent le marché pour sa licorne boitillante auprès des équipes qui n’ont pas besoin de défense et qui manquent de shoot à trois points à l’intérieur.

Autre mouvement possiblement surprenant, la volonté du management des Raptors de tourner la plus belle page de leur histoire en mettant Kyle Lowry sur le marché. Le meneur, toujours efficace avec ses 17 points et 6 passes décisives, intéresserait d’ailleurs un sérieux candidat au trophée Larry O’Brien, les Sixers. Car oui, si des équipes essaient de reconstruire et de libérer du cap salarial en vue de la prochaine free agency, d’autres ont avant tout la tête aux Playoffs et souhaitent se renforcer. Les Lakers par exemple, décevant ces derniers jours, viennent de se séparer de Quinn Cook pour rendre un spot disponible dans leur effectif.

Attendons-nous à ce que des contenders bricoleurs et d’autres soient actifs avec la date fatidique du 25 mars.

Les bleus qualifiés pour l’Euro 2022

Samedi soir, l’escadron de Vincent Collet s’est défait du Monténégro 73-71 et est allé chercher sa qualification pour l’Eurobasket 2022. Emmenés par un Thomas Heurtel de retour à la mène et auteur de 16 points, ils ont remporté leur quatrième victoire consécutive leur assurant leur billet pour le prochain tournoi européen.

Le staff français s’est de nouveau appuyé sur un effectif bien différent de celui qui est aligné lors des compétitions estivales, avec une majorité de joueurs évoluant en Jeep Elite, tels que Mathias Lessort ou encore Jerry Boutsiele. Bravo à nos Bleus, prochaine étape : les JO de Tokyo !

Les 24 nations candidates au titre européen sont désormais connues et une grande absente n’y figurera pas, la Lettonie de Davis Bertans et Kristaps Porzingis. Est-ce alors le moment pour la FIBA de modifier son système de qualification ? Car quoi qu’on en dise, bien qu’il est impossible de se calquer sur les saisons d’Euroleague et de NBA, de sérieuses limites apparaissent lorsqu’il faut sélectionner les meilleurs basketteurs d’une même nation.

Parmi les remplaçants du All-Star Game, plusieurs joueurs célèbreront leur première sélection le 7 mars.

All-Star Game 2021 : les premières étoiles

Malgré de légères polémiques et n’en déplaise à la maire d’Atlanta, le All-Star Game aura bien lieu le 7 mars prochain. Qu’à cela ne tienne, l’événement permettra alors à de jeunes joueurs de disputer leur premier match des étoiles ! L’Analyste vous dresse le profil des quatre élus.

Jaylen Brown, en premier lieu, est de la partie. L’ailier connaît une progression insoupçonnée et prend du galon dans le collectif des Celtics. Passant de 20 à 25 points de moyenne cette saison, le candidat au MIP enfilera pour sa cinquième année NBA la tunique de All-Star. En l’absence de Tatum et Walker, c’est bien Jaylen Brown qui a su porter Boston dans une régulière difficile pour les verts.

Julius Randle participera au rendez-vous des grands lui aussi, et c’est en tout point mérité. Les Knicks produisent un jeu au-delà de ce que l’on pouvait espérer et, s’il y a bien un joueur à récompenser, c’est notre ami Julius. L’ailier fort cartonne avec un double-double de moyenne à 23 points et 11 rebonds, sacrée évolution !

La ressemblance physique est frappante, la hype beaucoup moins : le sophomore Zion Williamson reçoit sa première sélection dès cette saison. Avec 25 points de moyenne au compteur, il domine les raquettes adversaires avec ses indéfendables percées. Si l’année passée, le choix d’un All-Star à NOLA se portait logiquement sur Brandon Ingram, aujourd’hui c’est Zion qui remporte le débat. Les résultats de son équipe nous poussent logiquement à remettre en question sa légitimité de cette sélection, mais pour le moment, La Nouvelle-Orléans peut ressortir les confettis et le champagne !

Zach Lavine… lui, il ne faut pas l’oublier ! 28 points, 5 passes, 5 rebonds, 51 % au tir, 43 % à trois points. Tout est dit, Zach Lavine n’est pas là pour rigoler. C’est un artiste clutch qui éblouie balle en main et qui n’a plus rien à prouver à personne. Son étoile de All-Star, il ne l’a pas volée.

News en vrac :

  • La NBA a annoncé la deuxième partie du calendrier, commençant le 10 mars et se terminant 16 mai.
  • Pau Gasol, joueur NBA très décoré, signe avec le FC Barcelone en Euroleague.
  • Les Timberwolves ont licencié leur coach en chef, Ryan Saunders, pour engager Chris Finch, assistant coach des Raptors.
  • Doc Rivers et Quin Snyder ont été choisis pour représenter leur conférence respective au All-Star Game.
  • Le bureau du procureur de New York a réfuté les allégations pour agression domestique portées à l’encontre de Terence Davis.
  • Mario Hezonja fait son retour en Europe lui aussi. Il signe avec le Panathinaikos jusqu’à la fin de la saison.
  • La saison régulière de Jeep Elite reprendra le 6 mars et se terminera le 15 juin. Un Final 8 déterminera le gagnant de la compétition.

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Teddy vous assist

Auteur d’un exercice 2020-21 jusqu’ici décevant, Kemba Walker est constamment remis en cause dans le projet des Celtics. Photo : Maddie Meyer/Getty Images

Vos questions, nos réponses. Chaque semaine, nous répondons à trois questions (deux, cette semaine) que vous nous avez envoyées par mail ou sur nos réseaux sociaux. Pour nous faire parvenir vos questions, envoyez un mail à contact@lanalyste.fr

Q : Est-ce que les changements de coachs de cet été sont des réussites ? — Thomas A.

R : La dernière intersaison est venue avec son lot de changements sur les bancs de la NBA. Pas moins de neuf coachs ont fait leur premier pas à la tête d’une nouvelle franchise et globalement, c’est une belle réussite. Pour la plupart des équipes concernées, il était nécessaire de licencier leur coach en chef pour repartir sur de meilleures bases la saison suivante. Mise à part la curieuse éviction de Nate McMillan sur le banc des Pacers, on s’attendait à ce que Houston, Philadelphie ou encore Oklahoma City terminent enfin un long cycle avec leurs entraîneurs respectifs. Un petit tour détaillé des quelques franchises en question s’impose !

Pour le moment, le plus net succès est celui de Philly. Cet été, les Sixers ont tourné une véritable page de leur histoire en renvoyant Brett Brown après sept ans de loyaux services. Doc Rivers l’a tout de suite remplacé et, à ce que l’on voit, cela s’est avéré très bénéfique. Les Sixers dominent la conférence Est avec un candidat MVP dans leurs rangs et pratiquent un basket moderne avec des gâchettes bien inspirées. C’est notamment l’œuvre de la hiérarchie instaurée par Rivers et qui manquait jusqu’ici à l’équipe.

Partons à Lob City, que le Doc a laissé derrière après sept longues saisons. Tyronn Lue, assistant depuis un an, avait alors pris sa place. Et pour un coach souvent critiqué pour sa faiblesse tactique à Cleveland, il arrive pour le moment à manager une équipe de « stars » aux grandes attentes, un rôle qui lui convient bien.

On parlait d’Indiana plus haut. C’est justement Nate Bjorkgren, ancien assistant des Raptors, qui a pris la suite au coaching. Et malgré les perpétuels doutes émis sur la franchise d’Indianapolis, l’effectif — mené par un excellent Malcolm Brogdon et un Domantas Sabonis en mode All-Star — réalise un joli début de saison dans le premier tiers de sa conférence.

Le turnover de coach a également de belles incidences chez les Nets, où le coach rookie Steve Nash récite sa partition sans fausse note en gérant des basketteurs plutôt talentueux. Chez les Bulls, Billy Donovan a repris en main un effectif de jeunes sans repère et stabilité. Chicago s’accroche pour le moment aux places qualificatives pour le Play in, notamment grâce à des choix parfois culottés et un Zach Lavine bientôt étoilé !

Pour d’autres coachs, les débuts sont un peu plus compliqués. C’était prévisible. Stephen Silas, chez les Rockets, n’a pas eu beaucoup de répit dans ses débuts en tant que head coach. Problèmes internes avec James Harden, modification du roster, absences à répétition de ses leaders, cela n’a pas été facile à gérer. Cerise sur le gâteau, les fusées ne décollent plus avec une série de huit défaites en fin février. Mais il y a pire ! Sur dix défaites consécutives, J.B. Bickerstaff et ses Cavaliers évoluent en terrain miné. Après un démarrage séduisant, Cleveland revient à la dure réalité. Face à des prétendants au titre et confronté au cas Drummond, les dernières semaines de J.B. Bickerstaff n’ont pas été placées sous le signe de la simplicité.

Dernier coach sur notre liste et non des moindres : le retour de Stan Van Aigri Gundy sur un banc NBA, à la tête de Pelicans surfant sur une vague de hype malgré un bilan très mitigé. Peu convaincant dans le jeu et en sacré manque de régularité au niveau des résultats, NOLA ne se montre pas sous son meilleur visage. Et le premier responsable à pointer du doigt se nomme Van Gundy.

Voilà un rapide débriefing des changements de coachs de l’intersaison dernière mon cher Thomas ! Attendons de voir comment ceux-ci et le nouvel arrivant Chris Finch, aux Wolves, s’en sortent jusqu’à la fin de l’année et en playoffs.

Q : Les Celtics peuvent-ils transférer Kemba Walker ? — Adrien M.

R : Seulement quinze matchs au compteur cette saison après son retour blessure en mi-janvier, Kemba Walker ne convainc pas dans la tenue celte. Pire que cela, on ne reconnaît plus le joueur fantasque qu’il était aux Hornets. Très irrégulier au scoring, il tourne à 17 points de moyenne à 37 % au shoot, plus faible marque depuis sa saison 2014-2015.

Certes, son rôle a changé, il n’est plus le franchise player de Charlotte, mais au regard du contrat exorbitant qu’il touchera de ses 30 à 33 ans, Kemba Walker apporte trop peu de satisfaction à une équipe en sous-régime visant le titre.

Alors, que faire de lui ? Kemba Walker percevra plus de 100 millions de dollars sur les trois prochaines années. Un lourd fardeau dans la banque des Celtics qui les amène à se pencher plus en détail sur son cas. Se débarrasser prochainement de lui apparaît comme une solution de facilité. Surtout que le front office du Massachusetts n’a pas que le meneur à payer dans son effectif. Son duo d’ailiers All-Star, le réel avenir étincelant de Boston, est la priorité de la franchise.

Adrien, les Celtics peuvent échanger Kemba, mais pour quelle contrepartie ? Déjà, il n’y a pas tellement besoin de le remplacer par un autre guard. Boston en compte suffisamment dans ses rangs. Les Celtics ont un joueur au salaire de All-Star, des jeunes à foison, tous leurs tours de Draft et même une trade exception XXL en bonus. C’est tout ce qu’il faut pour harponner une superstar. Maintenant, encore faut-il qu’un joueur au profil attrayant se présente sur le marché, mais aussi que les Celtics soient intéressés.

Pour le moment, les verts et blancs réalisent une saison complexe. À moins de 50 % de victoires, ils doivent mieux faire pour ne pas tomber sur du gros poisson dès l’entame de la postseason. Un joueur comme Kemba Walker ne répond effectivement pas aux attentes lors de ses quinze premières rencontres. Mais il peut tout de même se réveiller au cours de la saison, ce n’est pas le premier joueur à qui cette méforme arrive !

L’échanger dès le mois de mars serait osé et signe d’un manque de patience des Celtes. Boston pourrait alors garder encore quelques mois un Kemba expérimenté qui ne peut désormais que surprendre positivement avec elle. Si celui-ci déçoit de nouveau, surtout en Playoffs, attendons-nous à ce que Danny Ainge réagisse vite. Sa franchise, toujours dans les hauteurs de la conférence Est, est en perte de vitesse.

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