BARCELONA, SPAIN - JANUARY 07: Mike Tobey of Valencia Basket in action during the 2020/2021 Turkish Airlines EuroLeague Regular Season Round 18 match between FC Barcelona and Valencia Basket at Palau Blaugrana on January 07, 2021 in Barcelona, . (Photo by Javier Borrego / Europa Press Sports via Getty Images)

Valence, l’équipe la plus agréable à regarder cette saison ?

par Clément D.

Présents en Euroleague grâce à leur victoire en Eurocup 2019 (pas de vainqueur en 2020 à cause de la Covid), les Valenciens font très bonne impression sur la scène européenne. En effet, l’équipe est proche des places qualificatives pour les playoffs avec un bilan de 10 victoires et 9 défaites. Grâce à un collectif bien structuré, les hommes de Jaume Ponsarnau tiennent tête aux plus grosses écuries, telles que le Real Madrid.

Le club ne dispose pas de fortes individualités, mais il est composé de nombreux joueurs au CV important sur la scène européenne ou dotés d’une expérience en NBA, à l’image de Bojan Dubljević ou de Derrick Williams. L’ensemble des acteurs apporte une contribution en attaque. Sept d’entre eux marquent plus de 8 points par match, une très bonne moyenne pour une équipe de cette envergure et une statistique qui montre que la marque est bien répartie.

L’équipe ibérique est la meilleure attaque de la compétition avec 81,26 points de moyenne par rencontre, conséquence du mouvement de balle intense inculqué par le coaching staff. La plupart des points inscrits sont réalisés suite à une passe. Avec 20,42 passes décisives de moyenne, Valence est le collectif qui réalise le plus d’assists par match.

L’autre explication de cette réussite se trouve sur le banc. Parmi les membres de cette équipe inscrivant 6 points ou plus, six joueurs ont commencé moins de 10 matchs en tant que titulaires. Cette second unit est l’une des plus offensives dans cet exercice 2020-21. Pour illustrer cette impressionnante force de frappe, le cas de Louis Labeyrie est le parfait exemple. Sur les 18 matchs disputés par l’équipe, l’international français a démarré à 10 reprises sur le banc. L’intérieur apporte une réelle énergie à son équipe.

Louis Labeyrie, du Valence Basket Club. Photo : Carlos Cavillo
Louis Labeyrie affiche des moyennes de 8,3 points et 4,3 rebonds en sortie de banc. Photo : Carlos Cavillo

Blessé à l’adducteur gauche avant la période de Noël, il est très bien revenu comme l’atteste son match face à Barcelone lors de la 18e journée (17 points à 4/6 à trois points et 4 rebonds). L’ailier fort de métier représente une vraie menace offensive. Il inscrit 8,4 points par match à 70,3 % à deux points et 45,2 % à trois points. Le natif de Gonesse dispose du 5e meilleur pourcentage à deux points, preuve de son efficacité.

En compagnie du Français, le backcourt composé de Klemen Prepelič et de Martin Hermannsson amène en sortie de banc un spacing indispensable dans le jeu de Valence. Les deux sont passés par la Jeep Élite avant de s’envoler vers le championnat espagnol. Le premier, ancien de Levallois, est un artilleur très prolifique avec plus de 5 tentatives par match derrière l’arc. Il compile 11,2 points de moyenne à 60,4 % à deux points et 37,9 % à longue distance. Le second, passé par Charleville-Mézières, est un tireur très consistant.

Pour chaque confrontation en Euroleague, Jaume Ponsarnau a donné un cinq majeur différent. L’entraineur espagnol s’adapte à son adversaire du soir. Avec un banc d’une excellente densité, le coach peut adapter son cinq en fonction de l’attaque, ainsi que de la défense adverse — une force quand on connait la haute intensité et la grande répétition des matchs sur une saison.

À l’aide de quelques séquences, nous allons analyser le jeu offensif proposé par les hommes de Jaume Ponsarnau :

Sur ces deux courtes séquences, on peut voir l’un des joueurs majeurs de Valence, Bojan Dubljević, servir de plaque tournante pour faciliter la création d’espace. Dans la première mini-séquence, on voit une remontée d’arrières pour aspirer l’adversaire. À l’opposé du ballon, un jeu d’écran est mis en place entre Vanja Marinkovic et Louis Labeyrie.

Cette pose d’écran de l’arrière doit permettre une passe facile vers le cercle à destination de Labeyrie. Mais le Français est bien contesté par son défenseur direct. De l’autre côté, un jeu en pick and roll entre Dubljević et Vanja Marinkovic. Ce dernier bénéficie de l’élan et de l’espace créés par l’écran pour driver vers le cercle.

Sur la deuxième partie de la vidéo, c’est le même principe, avec Bojan Dubljević utilisé pour jeu de main à main et du pick and roll entre l’intérieur et ses arrières bougeant autour de lui. La finalité n’est pas la même puisque c’est lui qui prend le tir à trois points à 90 degrés.

Pour cette phase de jeu, on reprend les mêmes bases que la précédente, sauf que celle-ci va mettre en avant le jeu post-up de Nikola Kalinic. Ce dernier, en postant son défenseur, attire une aide d’un adversaire. L’ailier serbe va immédiatement servir un joueur bien placé à l’opposé prêt à shooter à trois points.

Cette deuxième séquence d’attaque met en lumière un moyen de libérer de l’espace pour les tireurs à longue distance. Après un premier passage, Klemen Prepelič descend vers le cercle à une allure moyenne. Arrivé sous le panier, il choisit un côté tout en accélérant pour disposer d’un espace maximum face à son défenseur. Même s’il n’inscrit pas le trois points, le tir est bon, car son adversaire direct arrive avec un certain retard.

Nous allons désormais décortiquer une séquence défensive conduisant à une phase de jeu offensive, afin de constater la maîtrise des Valenciens.

La phase défensive proposée par les Espagnoles est très bonne. Dès que la remise en jeu a été effectuée, Nikola Kalinic attaque l’intérieur de Kaunas, Augustine Rubit, pour contester l’accès au cercle. En haut, près du panier, un jeu d’écran se joue. Les deux Valenciens procèdent à un bon aider-reprendre, empêchant ainsi le porteur de balle de trouver un de ses coéquipiers près du panier.

Sur les sorties d’écran au-delà de la ligne à trois points, les arrières ibériques sont très hauts, près à suivre leur adversaire en cas de départ direct. Sur la séquence vidéo, quand Lekavicius veut pénétrer, Vives et ensuite Derrick Williams ferment bien la raquette. Cette aide défensive oblige l’arrière lituanien à ressortir la balle sur Jankunas. Ce dernier ne peut que prendre un tir, mais Williams ne saute pas sur la feinte et réalise un très bon close-out sur son opposant.

Cette belle séquence défensive conduit les joueurs de Valence de l’autre côté du terrain. Celle-ci sera succincte — preuve que l’équipe sait aussi jouer en jeu rapide et avec efficacité. Prepelic porte le ballon. Il n’utilise pas l’écran que pose Tobey, préférant transférer le cuir à Kalinic. L’arrière slovène reprend un écran de son pivot pour couper vers le panier. Il voit alors l’espace et le sert immédiatement. En deux passes et un unique écran off-ball, l’escouade de Jaume Ponsarnau empoche les deux points. Cette possession montre qu’une bonne défense conduit à une bonne attaque.

Ces séquences offensives illustrent un mouvement de balle efficient et organisé afin de faciliter l’attaque espagnole. À chaque confrontation, les Espagnols jouent leur basket avec énergie et rigueur. Il y a bien sûr des matchs avec un défaut de concentration affaiblissant l’équipe dans son ensemble, mais globalement, le jeu proposé est l’un des meilleurs d’Euroleague — en concurrence avec le Zalgiris Kaunas, le FC Barcelone et Alba Berlin. Ces critères de « beauté du jeu » restent relativement subjectifs, mais il faut accorder énormément de crédit au staff technique et aux joueurs de Valence.

Photo : Javier Borrego / Europa Press Sports via Getty Images

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