OAKLAND, CA - OCTOBER 16: Stephen Curry #30 of the Golden State Warriors kisses at his 2017-2018 Championship ring prior to their game against the Oklahoma City Thunder at ORACLE Arena on October 16, 2018 in Oakland, California. NOTE TO USER: User expressly acknowledges and agrees that, by downloading and or using this photograph, User is consenting to the terms and conditions of the Getty Images License Agreement. (Photo by Ezra Shaw/Getty Images)

Les Warriors peuvent-ils retrouver les sommets ?

par Antoine Ronté
Publié le Modifié le

L’hégémonie des Warriors a pris fin cette année. Aussi surprenant que cela puisse paraître, la dynastie s’est effondrée et la franchise affiche aujourd’hui le pire bilan de la ligue ainsi qu’un visage controversé. Bien évidemment, les blessures de Klay Thompson et Stephen Curry ne sont pas étrangères à cette désillusion, n’importe quelle équipe victime du forfait de deux de ses meilleurs joueurs en serait handicapée. Néanmoins, jamais nous n’aurions imaginé les Dubs sur le podium de la Draft 2020.

Jamais nous n’aurions prédit une telle chute pour une franchise finaliste lors des cinq dernières années, qui plus est championne à trois reprises. Une telle descente aux enfers est inimaginable pour les Warriors, réputés pour leur formidable organisation, leur jeu si enthousiasmant. Comment justifier que l’équipe la plus en vue de ces dernières années finisse à 23 % de victoires et côtoie les bas-fonds de la ligue ?

Le temps où les Dubs avaient leur mot à dire dans la discussion de la meilleure équipe de l’histoire (en compagnie des Bulls, Celtics, Lakers, Spurs…) semble déjà loin. Entre la poisse et les multiples pépins physiques, les départs de joueurs majeurs et le probable contrecoup après cinq années de domination totale, GS ne s’en est pas sorti.

Alors, peuvent-ils rebondir et retrouver les sommets dès l’année prochaine ? Sont-ils capables de tenir tête aux meilleures équipes de la ligue ? Curry, Thompson et Green sont-ils réellement de la trempe des plus grands ?

Au sein d’une ligue où la compétition s’intensifie chaque saison, la mission des Warriors sera périlleuse. Si le chemin vers la gloire s’annonce semé d’embûches, on attend des Warriors revanchards. Les cartes sont entre leurs mains et nous le savons : mieux vaut ne pas sous-estimer le cœur d’un champion.

La descente aux enfers

Si l’on veut estimer la trajectoire que doivent prendre les Warriors pour gagner à nouveau, il est nécessaire de comprendre pourquoi ils ont touché le fond. Analyse d’une saison cauchemardesque.

Une intersaison chaotique

D’abord, il est impossible de prendre la pleine mesure de cet exercice sans disséquer l’intersaison qui le précède.

DÉPARTSPROLONGATIONSARRIVÉESDRAFT
– Kevin Durant (Nets) – Klay Thompson (190 Millions de $ sur 5 ans)– D’Angelo Russell (sign-and-trade, 117 Millions de $ sur 4 ans) – Jordan Poole (28e choix)
– Andre Iguodala (Grizzlies)– Draymond Green (extension qui débute en 2020, 100 Millions de $ sur 4 ans)– Willie Cauley-Stein (4,5 Millions de $ sur 2 ans)Alen Smailagic (39choix)
– DeMarcus Cousins (Lakers)– Kevon Looney (14,5 Millions de $ sur 3 ans)– Alec Burks (salaire minimum)– Eric Paschall (41e choix)
– Quinn Cook (Lakers)– Glenn Robinson III (salaire minimum)
– Shaun Livingston (retraite)– Marquese Chriss (non garanti)
– Jonas Jerebko (Moscou)
– Jordan Bell (Minnesota)

Si Kevin Durant s’avère être la perte la plus signifiante, les départs d’Andre Iguodala et Shaun Livingston sont également préjudiciables — ce sans compter Jordan Bell, Quinn Cook ou Demarcus Cousins. Avec KD qui fait ses valises, c’est l’un des trois meilleurs joueurs du monde — et l’un des plus grands scorers de tous les temps — qui s’en va. Impossible de remplacer un tel phénomène. Ensuite, la contrainte d’échanger Iguodala pour récupérer D’Angelo Russell est un mouvement particulièrement dommageable, tant la défense et l’expérience d’Iggy sont précieuses. Enfin, la perte de nombreux role players rend la situation davantage compromettante.

Pourtant, l’enthousiasme aux abords de la saison est de mise. Oui, les Warriors ont perdu beaucoup en un été, mais ils se sont montrés actifs en recrutant intelligemment.

Premièrement, la prolongation de Klay Thompson malgré sa blessure et l’extension de Draymond Green témoignent la confiance du Board en leurs cadres et l’envie de poursuivre sur leurs fondamentaux. La re-signature de Kevon Looney, ajoutée aux arrivées de Willie Cauley-Stein et Marquese Chriss (contrat non garanti), donne de la profondeur au secteur intérieur. Enfin, l’acquisition du néo All-Star D’Angelo Russell dans un sign-and-trade offre à Golden State un talent de plus à exploiter et une perspective offensive intrigante.

Lors de cette intersaison, GS a perdu des éléments prépondérants de son succès ainsi que son statut de grand favori. Débuter la saison sans Klay Thompson, absent pour une longue période, complique la tâche pour Stephen Curry et sa bande. Néanmoins, l’idée de Warriors guidés par le double MVP (2015, 2016) et secondés par D’Angelo Russell et Draymond Green laisse les observateurs curieux quant à leurs capacités. Le DPOY 2017 s’était d’ailleurs montré confiant et enthousiaste face à ce nouveau défi :

« Il s’agit d’attraper les jeunes et de leur apprendre comment gagner, leur enseigner ce que cela implique d’être grand. Leur apprendre comment travailler, les choses que vous devez comprendre pour gagner au plus haut niveau », explique Green dans une interview réalisée pour ESPN. « J’ai très hâte de relever ce défi. […] Cela fait un moment que nous n’avons pas été l’outsider. Cette sensation m’avait manquée, et je suis sûr qu’elle manque à Steph et Klay également. Je remercie les bookmakers qui nous voient moins forts. Vous m’avez amené là où je suis aujourd’hui. J’ai hâte de voir où vous m’emmènerez cette fois. »

Des rêves rapidement brisés

Même les bookmakers n’ont pas prédit un tel désastre. Très vite, les Warriors déchantent. Dès le premier match de la saison face aux Clippers, privés de Paul George, le vice-champion en titre subit une lourde défaite (141-122 à domicile) et l’effectif montre déjà ses limites. Inquiétés, les observateurs attendent une réaction de la franchise californienne et le match suivant ne fait qu’amplifier les doutes.

Trois jours plus tard, les Warriors rencontrent le Thunder dans la Chesapeake Arena afin de lancer leur saison. Cette rencontre est une véritable humiliation pour Golden State (défaite 120-92) avec un score de 70-37 à la mi-temps. Pathétiques, les Dubs sont à la rue et les craintes des supporters grandissent. Avec un Draymond à côté de la plaque des deux côtés du terrain, un D’Angelo qui peine à se trouver au sein du jeu de Steve Kerr et des role players incapables de sanctionner à distance et largués en défense, Stephen Curry – pas exempt de tout reproche non plus – ne peut rien faire.

Le cauchemar continue avec la blessure de Curry lors du quatrième match de la saison face aux Suns (défaite 121-110). Au 5 février 2020, veille du transfert de D’Angelo Russell, les Warriors affichent un bilan de 12 victoires pour 40 défaites et sont l’une des moins bonnes équipes de la ligue — si ce n’est la pire.

Blessure de Stephen Curry (Golden State Warriors)
Le cauchemar se poursuit lorsque Stephen Curry se fracture la main. (Photo : Chris Victorio, sfexaminer.com

La réaction de l’académie Warriors

Tanking

Dès la blessure du Chef, le plan de Golden State se clarifie : shut-down la saison. Sans les Splash Brothers, les Warriors ne peuvent établir ni plan de jeu ni projet concret. À quoi bon jouer si cela ne mène nulle part ? Bien évidemment, jamais un vulgaire tanking n’est louable. Dans le cas de GS, abandonner la saison et se concentrer sur les mesures à prendre pour revenir au top semble une décision lucide. La franchise s’est donc focalisée sur la guérison de ses stars et le développement de ses jeunes, sans se soucier du nombre de défaites au compteur.

Transfert de D’Angelo Russell

Le 6 février 2020, soir de la deadline, les Warriors envoient D’Angelo Russell, Jacob Evans et Omari Spellman à Minnesota en échange d’Andrew Wiggins et deux choix de draft (1er tour 2021 protégé et 2nd tour 2022). « Pour être honnête, le fit n’était pas évident quand nous l’avons signé. Lorsque vous avez déjà Steph et Klay et vous ajoutez un guard ayant besoin du ballon, vous pouvez à juste titre remettre le fit en question. », déclare Steve Kerr au micro d’Anthony Slater. « C’était l’une des raisons pour lesquelles les rumeurs de transfert ont démarré avant même que la saison ne commence et je pense que D’Angelo le savait lorsqu’il a signé son contrat. Notre organisation le savait également. Le transfert est arrivé […] et je pense qu’Andrew est un meilleur fit pour nous au niveau des positions. »

D'Angelo Russell (Golden State Warriors) vs Andrew Wiggins (Minnesota Timberwolves)
Les Warriors ont décidé de faire une croix sur Russell à la recherche d’un meilleur fit (Photo : Jane Tyska/Getty Images)

Avec ce transfert, les Warriors font un choix clair pour redevenir un contender. L’organisation abandonne le projet Russell et ajoute un ailier, permettant à Steph et Klay d’évoluer à leurs postes de prédilection l’année prochaine.

D’autant qu’Andrew Wiggins peut s’avérer précieux. S’ils perdent du talent en renonçant à D-Lo, les Warriors récupèrent un ancien premier choix de Draft et un jeune ailier (25 ans) capable de progresser. Cette année, l’ancien Wolves aligne la bagatelle de 19,4 points, 4,6 rebonds et 3,6 passes à 46 % au shoot et 34 % de loin. Sous Kerr, entouré de leaders tels que Curry, Thompson et Green, Wiggins aura l’occasion d’enfin satisfaire en devenant la troisième option offensive des Warriors.

Les bienfaits du tanking

De la même manière que les Spurs de San Antonio en 1997, grâce (ou à cause) des blessures de leurs joueurs majeurs, les Warriors ont abandonné la saison. Chance ou non, les Dubs obtiennent le deuxième choix lors de la loterie du 20 août 2020 et il est intéressant de réfléchir à comment la franchise californienne compte en tirer profit.

« Number 2 ain’t bad »

Stephen Curry, lors de la découverte du choix des Warriors.

Que faire de ce deuxième choix ?

1ère option : Drafter

Dans un souci de compétitivité, drafter un jeune Rookie qui doit s’acclimater à la grande ligue pour dévoiler l’étendue de son talent ne semble pas être la meilleure des solutions. Désireux de revenir au sommet au plus vite, les Warriors cherchent à obtenir des joueurs capables d’apporter directement leur pierre à l’édifice dans la quête d’un titre.

Néanmoins, il n’est pas impossible de voir Bob Myers miser sur le long terme. On sait à quel point le GM a le nez fin et il existe des prospects qui peuvent l’intéresser. 

James Wiseman
Pivot | 19 ans | 2,13 m pour 107 kg | Memphis East

Athlétique, vertical et longiligne, le pivot semble être un choix évident. Le freshman de Memphis East a montré un potentiel défensif intéressant et l’institution Warriors ne pourra que le faire progresser. Golden State disposerait enfin d’un Big Men à la marge de progression énorme. Néanmoins, Wiseman présente des réserves. On a perçu cette année sa nonchalance, son manque de QI basket lors de certaines séquences et la suspension dont il a été victime n’arrange rien.

Onyeka Okongwu
Pivot/Ailier fort | 19 ans | 2,06 m pour 111 kg | USC

L’autre intérieur de cette cuvée qui attire les projecteurs peut être la surprise de la Draft. Moins grand et davantage mobile que Wiseman, Okongwu paraît être un meilleur fit pour le small ball de Steve Kerr. Si les Dubs portent leur dévolu sur le prospect d’USC, un trade-down est probable, tant il serait surprenant de le voir sélectionné avec le deuxième choix.

LaMelo Ball
Meneur | 19 ans | 2,03 m pour 82 kg | llawarra Hawks (NBL)

Le fantasque troisième de la fratrie Ball débarque l’année prochaine en NBA. Excellent gestionnaire et sniper en devenir, LaMelo deviendrait un sixième homme de luxe et la potentielle relève de Stephen Curry, plus tout jeune (31 ans). Avec le plus grand shooter de tous les temps comme mentor, Ball travaillerait sa mécanique de shoot, encore douteuse aujourd’hui. Toutefois, drafter LaMelo revient à ajouter encore un peu plus de pression médiatique sur la franchise. Pas sûr que cela corresponde aux besoins des Warriors.

Anthony Edwards
Arrière | 19 ans | 1,96 m pour 102 kg | Holy Spirit

Enfin, toujours dans la perspective d’améliorer le banc, de drafter sur le long terme et surtout au talent, Anthony Edwards fait partie des joueurs que les Warriors peuvent surveiller de près. Extrêmement athlétique, l’arrière semble déjà « NBA ready » et lui aussi peut crever l’écran. Néanmoins, projeté dans plusieurs Mock Draft chez les Wolves en 1er choix, difficile d’imaginer Edwards sous la tunique des Warriors.

James Wiseman (Memphis Tigers), attendu dans les trois premiers choix de la Draft.
James Wiseman, un 2e choix évident pour les Warriors ? (Photo : Joe Murphy/Getty Images)

Dans le scénario où les Warriors draftent, ils misent sur l’avenir en sélectionnant un jeune à fort potentiel, probablement pour représenter l’après-Curry. Si ce choix peut s’avérer bénéfique, on imagine les Dubs désireux de revenir au sommet dès la saison prochaine, et ce sans miser sur un projet à long terme. Plusieurs options s’offrent alors au Front-Office.

2e option : Transférer

Au sein d’une NBA plus folle d’année en année, avec des propriétaires et des General Managers prêts à tout pour renforcer leur effectif, imaginer un transfert où les Warriors envoient leur deuxième choix en vue de récupérer une star, un fort joueur de complément ou plusieurs assets n’est pas une idée loufoque. Des sources crédibles rapportent d’ailleurs que le pick des Warriors est bel et bien sur le marché.

Cependant, si le chemin où les Warriors transfèrent pour une star semble le plus approprié à leurs envies de reconquête du titre, il faut garder à l’esprit que les rumeurs restent bien souvent des rêves de fans et que les transactions aboutissent rarement, à moins d’un réel désir du joueur de faire ses valises. Ainsi, compliqué d’imaginer Bradley Beal, Joël Embiid ou Ben Simmons (entre autres) rejoindre San Francisco.

Pour autant, de nombreuses équipes en quête de talent seraient potentiellement intéressées pour monter à la Draft et sélectionner en 2e position. Quels packages, quelles équipes ? Il faudra attendre le 15 ou le 16 novembre — au plus tôt — pour le savoir, mais voir les Warriors céder leur pick en échange de joueurs de complément et de choix de Draft moins précieux que le leur ne serait pas surprenant.

Après la Draft, la Free Angency : quels renforts possibles ?

Les circonstances sanitaires rendent la Free Agency complètement inédite, mais pas inintéressante.

Sans marge salariale disponible — les Warriors ne peuvent offrir que leur mid-level exception (5,7 M) et des contrats minimums – GS ne peut être actif lors du marché des agents libres. Mais qui sait ? Avec de la persuasion et un projet sportif convaincant, Bob Myers peut réaliser des coups intéressants. Zoom sur les agents libres qui pourraient attirer les Dubs.

Au poste 1

Jeff Teague, Emmanuel Mudiay, Kris Dunn, Jordan Clarkson, D.J Augustin

Bien sûr, le poste de meneur de jeu n’est pas une priorité. Néanmoins, bénéficier d’un back-up solide derrière Stephen Curry est un luxe. Si Jeff Teague ou Jordan Clarkson seront probablement trop chers, les autres membres de cette liste représenteraient de bonnes pioches pour GS.

Au poste 2

Kent Bazemore, E’twaun Moore, Marco Belinelli, Kyle Korver, Justin Holiday

Dans l’optique d’ajouter des shooters en sortie de banc, Marco Belinelli et Kyle Korver s’intègreraient parfaitement au système offensif des Warriors. Si le Board recherche davantage des joueurs axés sur la défense, les profils de Bazemore, Moore et Holiday paraissent abordables et intéressants.

Au poste 3

Derrick Jones Jr, Jae Crowder, Torrey Craig, Rondae Hollis-Jefferson, Thabo Sefolosha, Maurice Harkless

DJJ, Crowder, Craig ou RHJ seraient d’excellents coups tant la contribution de ces joueurs en Playoffs est convaincante. Dans le cas où Bob Myers revient bredouille avec ces cinq joueurs, Sefolosha et Harkless sont des alternatives attrayantes. 

Au poste 4

Davis Bertans, Paul Millsap, Danilo Gallinari, Jabari Parker, Noah Vonleh, Jeff Green

Au vu des saisons respectives de Bertans, Millsap et Gallinari, le salaire qu’ils demanderont sera hors de portée de GS. Si l’un d’eux revoyait ses priorités et décidait de rejoindre un contender, les Warriors font sens. Bertans et Gallinari seraient alors des atouts offensifs indéniables. Millsap, quant à lui, représenterait un renfort de poids en sortie de banc. Si ces pistes échouent, Parker, Vonleh ou Green sont de belles options.

Au poste 5

Serge Ibaka, Derrick Favors, Aaron Baynes, Tristan Thompson, Bismack Biyombo, Meyers Leonard, Nerlens Noel

Pour les mêmes raisons que les autres postes, difficile d’envisager Ibaka ou Favors rejoindre les Warriors compte tenu de leurs attentes financières. Draguer Baynes, Thompson, Biyombo, Leonard ou Noel semble plus approprié et le recrutement de l’un de ces pivots pourrait faire l’affaire au poste 5.

Possibilités de transfert

Outre la free agency, les Warriors pourront se montrer actifs sur le marché des transferts. Dans la perspective d’un trade, il est important de noter l’exception de transfert de 17 millions de dollars dont ils bénéficient, qui leur permet d’acquérir un joueur plus cher que celui envoyé en contrepartie.

Pour concurrencer les meilleures équipes de l’Ouest, les Warriors doivent compter sur un effectif de grande classe. Lors de leurs récentes campagnes couronnées de succès, c’est à travers le collectif et les bases solides de ce dernier qu’ils ont dominé. Pas de secret pour cette année : la réussite des Dubs ne doit pas uniquement dépendre des Splash Bro’s et de leur santé, mais elle doit se bâtir autour d’une ossature forte. Naturellement, la démarche de transfert vient à l’esprit afin d’améliorer l’effectif. GS accuse d’un manque criant de bons défenseurs ainsi que d’une faible profondeur de banc. Que peuvent offrir les Warriors pour combler ces failles ? À première vue, Ky Bowman, Marquese Chriss et Damion Lee semblent les seules pièces véritablement attractives de l’effectif. Mais les Dubs n’obtiendront rien sans inclure Andrew Wiggins.

Bien sûr, et nous l’avons dit plus haut, Wiggins est un projet alléchant. Cependant, à partir du postulat où son transfert permet l’arrivée de renforts conséquents, le front-office n’hésitera pas à lui dire au revoir. Alors, quel joueur les Warriors devraient-ils cibler en échange de l’ailier ?

Historiquement depuis l’ère Curry, le manque d’une force dominante au poste 5 se ressent à San Francisco. Un échange en vue d’obtenir un meilleur joueur défensif sur les ailes n’est pas non plus à exclure. Quoi qu’elle vaille, voici une hypothèse de transfert (parmi d’autres) capable de bonifier l’effectif des Dubs :

  • Les Warriors récupèrent Myles Turner et Doug McDermott
  • Les Pacers reçoivent Andrew Wiggins et le 1er tour de Draft 2021 de Minnesota

 « […] Les postes sont des étiquettes tellement archaïques. », déclarait Erik Spoelstra, coach du Miami Heat, en janvier dernier. « Nous sommes passés au-dessus depuis l’époque où nous avons commencé à parler de joueurs sans position ». Dans une NBA où les positions deviennent insignifiantes, la perspective d’un transfert où Indiana échange Turner contre Wiggins s’avère excitante. Les Pacers décaleraient Sabonis au poste 5 et aligneraient Brogdon, Oladipo, Wiggins et Warren sur les postes arrière et les ailes. Le 1er tour de Draft 2021 de Minnesota ajoute un élément intéressant pour Indiana.

Les Warriors obtiennent quant à eux un pivot protecteur de cercle et capable d’écarter le terrain. Parfait pour s’intégrer au système de Kerr, non ? D’autant que Myles est encore jeune (24 ans) et ses trois années de contrat restantes au sein d’une institution comme Golden State ne peuvent que le faire progresser. L’ajout de Doug McDermott offre un sniper supplémentaire en sortie de banc. Enfin, les Warriors conservent idéalement leur 2e choix en vue d’ajouter un talent de plus dans l’effectif.

Toujours est-il que l’important ne réside pas dans la qualité des opérations menées par le front office. Que le Board parvienne à réaliser un blockbuster trade, qu’il drafte une pépite au potentiel effarant ou qu’il signe les meilleurs joueurs possibles à la free agency, rien de cela ne garantit la renaissance des Warriors.

S’ils veulent renouer avec le succès, cela passe obligatoirement par le terrain et le retour au meilleur niveau de son Big Three. Après un an d’absence, Steph doit avoir à cœur de rafraîchir les mémoires des fans et des observateurs. Idem pour Klay, sans cesse oublié dans la conversation des meilleurs arrières de la ligue. Et qu’en est-il de Draymond, lui qui s’est fait remarquer pour ses déclarations stupides plutôt que pour ses bonnes actions sur le terrain ?

Le comeback du Big Three

Près d’un an après la blessure de deux des meilleurs snipers de la ligue, le retour des Splash Brothers est une bonne nouvelle pour tout fan de balle orange. Draymond quant à lui est attendu au tournant. Si les trois joueurs ont tout gagné, c’est un retour au rang d’outsiders qui les attend la saison prochaine.

Draymond Green (23), Klay Thompson (11) et Stephen Curry (30) des Golden State Warriors.
Stephen Curry, Klay Thompson et Draymond Green sont attendus au tournant cette saison. (Photo : Ezra Shaw/Getty Images)

Stephen Curry en mission

Trop esseulé, Stephen Curry a montré un vilain visage lors de son début de saison. Si les Warriors ont connu un exercice si cauchemardesque, c’est aussi parce que leur leader a peiné à montrer l’exemple très tôt. Lorsqu’il est revenu sur les parquets en mars dernier, il n’y avait déjà plus d’espoir.

Pour prendre sa revanche, le Chef doit prouver que, tant qu’il en est le Franchise Player, les Warriors restent parmi l’élite. Avec seulement cinq matchs à son actif en 2019-20, utiliser sa saison comme argument contre lui serait très sévère. Pourtant, certains semblent oublier à quel point le double MVP peut dominer la ligue entière. Tout récemment, Damian Lillard déclarait lors d’un appel visio avec Draymond ne pas se sentir en dessous de Steph. Souvenez-vous également de Brian Anderson et Chris Webber, commentateurs du Game 1 entre Lakers et Blazers, qui estimaient Steph incapable de shooter d’aussi loin que Lillard. Une « attaque » à laquelle le meneur des Warriors s’était fait le plaisir de répondre sur Twitter.

Bien sûr, Dame a passé un cap cette saison grâce à ses exploits – et probablement qu’il est le seul meneur de jeu actuel à tenir la conversation avec Curry. Pour autant, déclarer de manière aussi sereine être l’égal, voire le supérieur, de l’un des visages de la décennie, c’est ce qui s’appelle du culot.

N’omettons pas l’extension de contrat à laquelle est éligible le double MVP. Steph peut rafler le jackpot — 49 M$ en 2022, 51,9 M$ en 2023 et 55,7 M$ en 2024 — et ces sommes astronomiques trottent sûrement dans un coin de sa tête.

Le patron des Dubs est attendu pour redorer son blason, effacer les interrogations à son égard et obtenir le probable dernier pactole de sa carrière. Au vu de son mental, il sera assurément au rendez-vous.

Klay Thompson, Warrior parmi les Warriors

La dernière fois que Klay Thompson foulait un parquet NBA, il terrassait les Raptors lors d’un Game 5 décisif de Finales NBA. Malheureusement, sa blessure l’empêchera d’éviter l’échec des siens et Klay assiste à la triste saison de ses coéquipiers depuis le banc de touche.

470 jours après sa blessure, Thompson a fait son grand retour lors d’un récent entraînement collectif. Interrogé sur l’état de son arrière, Steve Kerr a exprimé tout le bien que provoque son retour au sein du collectif.

« C’est génial de l’avoir sur le terrain, dans le vestiaire. Sa seule présence nous donne de la joie, de l’énergie et de l’excitation. L’entraînement s’est bien passé », juge l’entraîneur au micro d’ESPN. « C’est son premier depuis sa blessure au genou et un an et demi d’absence donc je ne m’attendais pas à ce qu’il soit en forme, et il ne l’était pas, mais il se déplaçait bien et c’est une bonne première étape. Nous n’avons pas fait de scrimmage, nous n’avons pas encore fait de 5 contre 5. Nous essayons d’y aller doucement en raison de sa longue absence. Mais Klay a fait du très bon travail et je pense qu’il est capable de juger où il est à l’heure actuelle et ce dont il a besoin pour aller de l’avant. Nous verrons (quand Klay reprendra les entraînements à 5 contre 5, NDLR). Cela dépend de comment il réagit à aujourd’hui et ce que Rick [Celebrini] dit et ce que Klay dit. Nous devons procéder étape par étape. Nous sommes dans l’optique de voir comment il sera demain avant de prendre une décision. Il était plutôt silencieux pendant l’entraînement. Il a bâillé lorsque je parlais à l’équipe, donc rien n’a changé. Klay est Klay. C’était juste génial de l’avoir parmi nous. »

Le pivot des Warriors Marquese Chriss a également livré ses impressions sur le retour de son coéquipier : « Lorsqu’il traversait le terrain, il avait l’air en bonne santé. », estime-t-il. « Il semblait bien. Il paraissait comme Klay Thompson, c’est le moins qu’on puisse dire. Je ne sais pas exactement comment expliquer ça. Il était lui-même. Il paraissait en forme, athlétique. Il shootait bien. Il semblait à l’aise. »

Après un an et demi d’absence, le retour de Klay est accueilli telle une bénédiction. D’emblée, les choses semblent revenues à la normale. Mais si l’ambiance est à la fête, les Warriors doivent rapidement revenir les pieds sur terre.

Klay sera très attendu. Non seulement il sort d’une convalescence de 16 mois, mais avant cela, il était cantonné au rôle de troisième option derrière KD et Curry pendant trois ans. Bien sûr, son niveau a toujours été celui d’un All-Star, même lorsqu’il était le troisième larron. Cette année, l’arrière doit élever son niveau de jeu et retrouver ses repères au plus vite pour assurer le rôle de lieutenant. Sans quoi, jamais les Warriors ne brilleront à nouveau, même avec un Stephen Curry au sommet de son art.

Draymond Green, plus attendu que jamais

Toujours le premier pour dire ce qu’il pense, Draymond Green a multiplié les déclarations polémiques cette saison. Pour dire que Charles Barkley est jaloux de lui, qu’il est le meilleur poseur d’écran de l’histoire de la NBA ou bien pour exiger que Devin Booker parte de Phoenix, jamais Draymond ne s’est tu.

Nous le savons depuis longtemps, Dray ne loupe jamais une occasion d’allumer le feu aux poudres avec une punchline dont il a le secret. Pièce fondamentale de la meilleure équipe de ces dernières années, il s’est distingué des immenses talents qui l’entourent par son cœur, sa hargne, sa combativité, son leadership… et sa grande gueule. Maître éminent du trashtalking, l’ailier fort sait remettre les choses à leur place lorsqu’en vient la nécessité, et son caractère impétueux lui a permis d’être l’âme et le leader vocal d’une des plus grandes dynasties de tous les temps.

Mais depuis quand Green ouvre-t-il sa bouche dans la défaite ?

Cette année, si Steph et Klay ont regardé leurs coéquipiers depuis l’infirmerie, Draymond lui était bien là, durant 43 matchs. Ses stats ? 8 points, 6 rebonds et 6 passes à 39 % au tir. D’accord, Dray n’est pas un game-changer, et le voir prendre les choses en main au scoring n’est pas envisageable. Mais en tant que leader, il n’a pas empêché les siens de sombrer. Son mental de compétiteur prêt à mourir sur le terrain a disparu. Quel message envoie-t-il lorsqu’il fait preuve de nonchalance et d’un manque d’envie à tous les égards ?

Décevant, frustrant, Green s’est créé l’image d’un aboyeur pensant d’abord à trash-talker avant de performer sur le terrain. Si les Warriors veulent revenir au top, cela passe par un changement de comportement radical de Draymond, qui doit incarner le leader dont la franchise californienne a besoin. Cette agaçante faculté à ne jamais fermer sa bouche doit (re) devenir un fait de jeu, et non un fait médiatique. C’est ainsi que Draymond pèse sur les siens, en étant le cœur, l’âme et le guide spirituel qu’il était jusqu’à maintenant.

Les Warriors peuvent-ils réellement se positionner en tant que contender la saison prochaine ? Chanceux à la loterie, GS dispose d’une multitude d’options pour tenter un retour au sommet. Mais qu’ils décident de drafter, de transférer ou de se renforcer à travers des signatures, l’essence de leur comeback réside dans la capacité des stars à se faire violence.

Cinq fois finalistes sur les six dernières saisons, jamais les Warriors n’ont eu de problèmes à assouvir leur domination sur la ligue. Cette année, en tant qu’outsiders, ils ne peuvent pas se reposer sur leurs acquis.

Golden State Warriors guard Stephen Curry reacts after teammate Klay Thompson was injured during the second half against the Toronto Raptors in Game 6 of basketball’s NBA Finals, Thursday, June 13, 2019, in Oakland, Calif. (Frank Gunn/The Canadian Press via AP)
Alors que leur legacy est menacée, les Warriors devront prouver leur valeur cette année. (Photo : Frank Gunn/The Canadian Press via AP)

Au sein d’une conférence Ouest plus compétitive que jamais, Golden State va devoir tenir tête aux armadas adverses. Les Lakers, revigorés par leur titre, prendront plaisir à calmer les ardeurs de la concurrence. Les Clippers voudront essuyer leur humiliation et c’est le couteau entre les dents qu’ils attaqueront le prochain exercice. Les Nuggets, bourreaux des Clippers, ne laisseront personne prendre leur place dans les hauteurs de l’Ouest et le duo Jokic/Murray va chercher à confirmer son excellente bulle. Et que dire des Rockets, du Jazz, des Mavericks, du Thunder ou des Blazers qui auront comme toujours leur carte à jouer ? Sans compter les jeunes équipes comme les Pelicans, les Suns ou les Grizzlies, tout à fait capables de tirer leur épingle du jeu.

Les Warriors devront faire face à une multitude d’obstacles. Mais gare à ceux qui les sous-estiment et les prennent à la légère. Sous la tutelle de Steve Kerr, Steph, Klay et Draymond, les Warriors s’appuient sur une ossature qui connaît par cœur le chemin de la victoire. Et nul doute que le trône de patrons leur a manqué…

Photo de couverture : Ezra Shaw/Getty Images

Lisez aussi

Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Accepter En savoir plus