Les Lakers couronnés : Job’s finished !

by Teddy Perez
LeBron James (#23 Los Angeles Lakers) sous les confettis après une victoire face au Miami Heat et un nouveau titre de champion pour les Lakers. L'Analyste via NBA. (Photo: Andrew D. Bernstein/NBAE via Getty Images)

C’est fait : 10 ans après, les Los Angeles Lakers retrouvent les sommets de la ligue. En ce 10 octobre 2020, ils remportent leur 17e titre NBA, égalisant avec leur meilleur ennemi du Massachusetts. Le chemin parcouru pour décrocher cette nouvelle bague fut long et périlleux, digne d’un scénario hollywoodien, mais la franchise mythique de L.A. a réussi son pari. Seulement deux ans après la signature du King — de nouveau MVP des Finales — les Lakers et leur équipe de revanchards sont champions NBA.

Le titre ou rien

Depuis plusieurs saisons, les Lakers étaient abonnés à la défaite. Ils ont collectionné des rosters provoquant la dépression de nombreux fans en purple and gold pendant la fin de carrière du Mamba. La franchise a d’ailleurs tenté une reconstruction par la Draft qui n’aura pas eu le temps de porter ses fruits, car, Lakers oblige, il fallait gagner rapidement. Et enfin, ils ont répondu présents — avec une équipe qui ne pouvait viser que le titre pour de multiples raisons — au moment où tout le monde les attendait victorieux.

En quelques années, cette franchise est passée par toutes les émotions et tous les scénarios possibles, le pire étant la perte tragique de Kobe Bryant, le 26 janvier 2020. Lui qui a mis fin à sa carrière en 2016 de la plus Mambesque des manières en inscrivant 60 points. Lui qui a fait retirer ses deux numéros aux Lakers la saison dernière. Lui aussi qui allait intégrer le Hall of Fame d’ici peu.

Nul besoin de lui rendre davantage hommage dans cet article, les Lakers de LeBron et AD l’ont fait pour toute la Lakers Nation. Cette bague a énormément de sens pour le collectif angelino. On peut d’ailleurs avoir l’impression qu’elle leur était destinée. Comme si, par rapport aux épreuves qu’a vécues ce groupe, rien ne pouvait les atteindre — pas même des défaites en ouverture de séries contre Portland et Houston — et les empêcher de terminer cette course sans le trophée Larry O’brien. C’est ce que de nombreux fans ont pu ressentir face au discours et les publications de certains médias américains, qui en auraient presque oublié que les Finales se jouaient avec deux équipes. Et au vu des affrontements serrés en fin de série, le Heat méritait bien plus de considération que de simplement passer pour le dernier obstacle de l’équipe championne.

Dès la reprise de la saison dans la bulle, toute la communication des Lakers s’orientait vers un seul but : montrer que leur groupe ne comptait pas repartir les mains vides d’Orlando. Qu’ils étaient « en mission », pour la mémoire de Kobe, et que tout autre résultat serait une immense déception. Ressortir la tunique Mamba Edition et la porter à chaque Game 2 des Playoffs pour rendre hommage à Gianna était l’un de ces actes forts de sens. Le body language et les propos des joueurs aussi ont traduit cette nécessité de se battre uniquement pour la victoire finale. Le visage fermé de LeBron à la remise du trophée de Champion de conférence et la reprise continue de la phrase mythique de Kobe « Job’s not finished » — pour ne citer que ces deux exemples — ont rapidement annoncé la couleur.

Le tableau des Lakers, dans la bulle d’Orlando pour se motiver jusqu'au titre. L'Analyste via NBA. (Photo : Winnieharlow/Instagram)
Pour se motiver, les Lakers ont installé un tableau sur lequel ils notaient chacune de leurs victoires en playoffs, jusqu’à la 16e et dernière victoire. (Photo : Winnieharlow/Instagram)

Une saison de patrons

Attendus parmi les favoris pour le titre avant même que la saison ne commence, les Lakers n’ont pas connu de réelle baisse de régime sur cette longue aventure d’un an. Pour rappel, la première année du King en Californie s’était terminée par une onzième place de la conférence Ouest. LeBron James, blessé pendant plusieurs semaines, avait tenté de revenir pour qualifier — en vain — sa nouvelle écurie. Le groupe s’était fragilisé dès janvier 2019 lorsque les joueurs apprenaient que la direction avait l’intention de transférer plusieurs jeunes joueurs à potentiel pour récupérer Anthony Davis. Sans accord trouvé avant la deadline de février, il a fallu patienter jusqu’à juillet 2019 pour voir ce transfert se réaliser. Autre changement majeur dans l’effectif : l’arrivée d’un nouveau coaching staff très sérieux pour encadrer cette équipe en soif de victoires. Frank Vogel, coach connu pour sa régularité défensive, s’est entouré — entre autres — de Phil Andy, tout juste sacré champion avec les Raptors, et de l’un des meilleurs meneurs des années 2000, Jason Kidd. Une fois les fondations de la villa Lakers bâties, il fallait compléter l’effectif avec de sérieux role players. C’est ce qui a été réalisé à merveille par le chef de l’exécutif, Rob Pelinka, notamment par la signature du champion en titre Danny Green et du musculeux, mais aussi peu onéreux, Dwight Howard en quête de rédemption.

Avec des postes doublés à l’aube de la saison, le groupe complet de LA était prêt à entamer une belle et longue saison. Il ne restait plus qu’à Frank Vogel de trouver les bonnes rotations, un travail qui a demandé quelques mois, mais qui s’est révélé payant. LeBron à la mène, AD à sa position préférentielle de 4, entourés de snipers (en théorie) et d’un intérieur, tous solides défensivement : voilà la base du cinq de départ du Lake Show.

Ce roster a bien évidemment évolué au cours de la saison. Peu actifs à la trade deadline, les Lakers se sont néanmoins renforcés au poste 4 en misant sur le bon jumeau de la fratrie Morris.

De plus, les ajouts de J.R. Smith et de Dion Waiters au sein de la bulle n’ont pas eu de réelle incidence sur le jeu. Cependant, tout comme Quinn Cook ou Javale McGee, ils ont apporté une aide précieuse à la conquête d’un titre en profitant du peu de minutes attribuées pour reposer les cadres, en permettant des entraînements davantage compétitifs et en participant à un esprit de camaraderie nécessaire à la vie d’une équipe confinée loin de ses proches.

Les Los Angeles Lakers après leur victoire face au Miami Heat dans les NBA Finals 2020, à Orlando. L'Analyste via NBA. (Photo : Douglas P. DeFelice/Getty Images)
LeBron James et les Lakers se prennent dans les bras à la fin du Game 6 face au Heat. (Photo : Douglas P. DeFelice/Getty Images)

Dès les premières rencontres de la régulière, on a compris quel était l’objectif de la franchise, mais le chemin pour arriver au but ultime ne s’est pas fait en un jour. L’équipe est passée par toutes les étapes et — comme toutes les autres — a vécu un arrêt total et brutal de la saison. Cette dernière qu’elle maîtrisait royalement. La franchise californienne s’est vite hissée à la première place de la conférence Ouest. Elle a connu de fâcheuses défaites, notamment face aux Bucks, puis aux Clippers en fin d’année 2019. Pour autant, elle a toujours su se relever de n’importe quelle épreuve et prendre ses revanches aux moments opportuns.

Arrivée en Playoffs, il ne faut pas se le cacher, la machine Lakers n’était pas très bien huilée. En manque de rythme et la tête parfois ailleurs que sur les terrains de Basket avec le mouvement Black Lives Matter que les Angelinos ont chaudement encouragé, les Lakers n’ont pas entamé la postseason de la meilleure des manières. Malgré tout, ils se sont vite repris et ont enchaîné les performances au fil des tours. La rotation s’est vue de plus en plus réduite et, selon les matchups, modifiée pour s’adapter au mieux à ses adversaires. Un travail à souligner de la part de l’excellent coaching staff. Se reposant sur son duo de stars en attaque, l’intégralité de l’équipe a néanmoins montré sa dureté défensive. Une caractéristique propre aux Lakers de Vogel qui leur a permis d’atteindre les sommets de la ligue.

La horde du King : les nouveaux Lords of the Rings

Peu importe les critiques que cette équipe a pu essuyer, c’est bien elle qui ramène la coupe à la maison. Un trophée récompensant toute la détermination d’un effectif qui avait fort à prouver.

Pour Sa Majesté d’abord, ce quatrième titre de champion NBA en autant de MVP des Finales permet à sa legacy d’atteindre une dimension supérieure. À 35 ans, pour sa 17e saison dans la grande ligue, LeBron compte désormais quatre bagues à son actif pour dix apparitions en Finales. Une donnée impressionnante dans le basket moderne. Venu conquérir l’Ouest il y a deux ans, il a tenu toutes ses promesses en ramenant les Lakers sur le toit de la NBA, rien que ça. Ces Playoffs encore, il a battu des records, grimpant dans les classements statistiques de la postseason. Deuxième des votes pour le MVP de la saison régulière et unique joueur de l’histoire à être récompensé de trois MVP des Finales dans trois franchises différentes, le roi retrouve finalement son trône.

Deuxième homme fort de l’équipe, Anthony Davis obtient — après huit saisons passées dans la grande ligue — son premier titre NBA. Cet exploit n’était encore qu’un lointain rêve il y a un an et demi lorsqu’il essayait de se sortir d’une situation délicate aux Pelicans, sa première franchise. Il voulait viser plus haut, jouer aux côtés des tout meilleurs et faire partie de cette élite baguée : c’est désormais chose faite. Le polyvalent et dominant Unibrow a impressionné par son talent et son humilité. Franchise Player à La Nouvelle-Orléans, il a accepté son rôle de co-leader à merveille en jouant avec le même maillot que l’un des plus grands athlètes de l’histoire. Meilleur marqueur de l’équipe et membre de la All-NBA First Team cette saison, toute son année est un chef-d’œuvre. Il conclut sa meilleure saison en carrière par la plus belle des récompenses et — au vu de son amour pour les couleurs violettes et jaunes — peut envisager sereinement de signer un contrat maxi bien mérité à Los Angeles. Nul doute que ce sera un jour à lui de porter sur ses épaules le Lake Show, et peut-être soulever — comme son ami barbu au numéro 23 — un trophée de MVP des Finales.

Vestiaire des Los Angeles Lakers, champions en titre, dans lequel le champagne coule à flot après une dernière victoire face au Miami Heat. L'Analyste via NBA. (Photo : Andrew D. Bernstein/NBAE via Getty Images)
De retour au vestiaire, les Lakers ont fêté leur victoire comme il se doit. (Photo : Andrew D. Bernstein/NBAE via Getty Images)

Le retour de Dwight Howard à LA est allé au-delà de toute espérance. Comportement irréprochable sur la régulière et les Playoffs malgré un temps de jeu très réduit, il a toujours su répondre présent quand on a fait appel à lui. Au contre comme au dunk, il a — cette fois-ci — vendu du rêve à la Lakers Nation et s’empare enfin de cette bague qu’il méritait tant d’ajouter à son palmarès.

Déjà bagué avec les Celtics en 2008, Rajon Rondo a lui aussi marqué les esprits au cours de cette postseason. Le meneur, assez critiqué depuis son arrivée il y a deux ans, a surpris par son efficacité derrière l’arc et par sa justesse dans ses choix. L’expérimenté numéro 9 a su activer le mode Playoffs Rondo — à utiliser avec précaution puisqu’il ne fonctionne visiblement pas sur tous les joueurs — pour devenir le facteur X des Angelinos. Avec cette victoire, il est désormais le second joueur de l’histoire à remporter un titre avec les deux franchises rivales, chapeau Rondo.

On vantait son importance dans un précédent article, le voilà aujourd’hui champion NBA, le jour où il connaît sa première titularisation en Playoffs. Alex Caruso, l’ado qui rêvait de jouer aux côtés de LeBron James, le travailleur de l’ombre, le juteux numéro 4, a désormais sa bague de champion.

Kentavious Caldwell-Pope n’a jamais déçu cette saison. Intégré dans le cinq de départ, il a été le meilleur allié de LeBron et AD. Sur la ligne à trois points comme en défense, KCP a transpiré jaune et violet tout au long la saison. Davantage habitué au bracelet qu’à la bague, le 3&D gagne son premier bijou, trois ans après son arrivée dans la Cité des anges.

Il fallait terminer par eux : Kyle Kuzma et Danny Green. Leur maladresse et leurs choix catastrophiques sur le terrain ont fait d’eux de véritables proies sur les réseaux sociaux — certains fans dépassant d’ailleurs largement les limites. Ces deux gars peuvent enfin souffler et se rassurer, ils sont Champions NBA. Trois fois pour celui à la crête ambiguë et une première pour celui au visage enfantin. La kuzmania peut donc reprendre du service.

Mieux qu’un Taco Tuesday, c’est un Title Sunday que les joueurs purple and gold et leurs fans ont célébré cette nuit. La dix-septième bannière de Champions, remportée dans la bulle d’Orlando s’élèvera prochainement tout en haut du Staples Center. Après une année forte en émotion, le temps est désormais à la fête pour les Lakers. On ne sait pas si on reverra ce même roster la saison prochaine — on ne sait d’ailleurs même pas quand on reverra de la NBA tout court —, mais une chose est sûre : nos récents Champions viseront le back to back. Alors, ne nous posons pas trop de questions quant à l’avenir et profitons de l’instant présent : Les Los Angeles Lakers ont gagné, et ça, sans l’aide de Luol Deng et Robert Sacre.

Photo: Andrew D. Bernstein/NBAE via Getty Images

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