Summer Trades : Memphis Grizzlies

by Teddy Perez
Marc Gasol (Memphis Grizzlies) imite Connor McGregor pour célébrer sa victoire face aux Los Angeles Clippers.

La longue trêve habituelle de la NBA offre des moments de grande tristesse pour les nombreux fans de la ligue — cela commence dès avril pour les supporters des Knicks. Le fan NBA se voit contraint de sortir de chez lui pour « profiter » des vacances, youpi… Cependant, lorsque le mois de juillet pointe le bout de son nez, la planète Basket s’agite. La période des transferts est enfin ouverte, pour le plus grand bonheur de tous — sauf des supporters des Knicks, encore une fois.

En cette année peu commune, nous voulions vous faire revivre, tout au long de l’été, quelques transferts importants de l’intersaison NBA de la décennie 2010’s. Dans chaque article, nous nous ferons le plaisir de nous concentrer sur une franchise en particulier et deux de ses transferts. L’un aux retombées positives accompagné d’un autre à… oublier ! Popcorn, assise de qualité, lunettes anti-lumière bleue, et vous êtes parés à vous replonger dans certains trades de ces dix dernières années.

Se séparer pour mieux se construire

30 janvier 2013, date de la rupture. Rudy Gay, alors meilleur scoreur des Grizzlies, se voit transféré à Toronto dans un échange impliquant trois équipes. Memphis, auteur d’une belle première partie de saison — avec un bilan de 29 victoires pour 15 défaites et une 4e place à l’Ouest — prend l’une des décisions les plus importantes de son existence. Ce transfert, ayant pour but de véritablement donner une identité défensive à la franchise, s’avère bénéfique à l’équipe.

C’est donc Tayshaun Prince et Austin Daye, en provenance des Pistons, ainsi que l’ex-raptor Ed Davis qui viennent finir leur saison dans le Tennessee. Leurs qualités offensives n’ont clairement pas pesé dans le recrutement de ces trois joueurs. En tirant un trait sur le projet Rudy Gay, qui n’aura pas porté ses fruits, Memphis tourne la page et vise à s’épanouir avec des professionnels de la défense. En cette période de trade deadline de 2013, les Grizzlies entrent dans l’âge d’or du Grit and Grind.

Celui-ci démarre en 2008 avec la réunion de trois joueurs emblématiques : Mike Conley à la mène, Marc Gasol et Zach Randolph aux postes d’intérieurs. C’est sur ce trio doué balle en main et toujours prêt à mouiller le maillot que la franchise s’appuie pour vivre ses plus belles années. Avec l’ajout du pitbull Tony Allen en tout début de décennie, l’équipe commence à avoir du charme et un caractère bien trempé.

Petit à petit, ce collectif se trouve, les joueurs stars s’améliorent, certains deviennent même All-Stars et, dès 2011, les Grizzlies rejoignent les Playoffs. Néanmoins, ils échouent au premier tour. Un an plus tard, le schéma se répète. Malgré un effectif en constante progression, Memphis perd à nouveau et il faut un déclic pour changer la donne. Le front office prend un risque en ce début d’année 2013 en se séparant d’un joueur fort qui ne correspond plus à l’identité Grit and Grind. L’individuel Rudy Gay aura vécu de belles années — surtout sur le plan statistique en flirtant avec les 20 points par match — mais les résultats collectifs ne suivent pas.

Zach Randolph bataille au rebond contre Serge Ibaka du Thunder d’Oklahoma City. (Photo : Ronald Martinez/Getty Images)

Dès son départ, les Grizzlies s’installent parmi les meilleures défenses de la ligue. Tout comme le nombre de points qu’ils encaissent, leur rythme de jeu diminue et cela leur convient ! Memphis a une identité marquée et assumée. Et, cerise sur le gâteau, c’est avec cette nouvelle équipe que la franchise du Tennessee réalise le meilleur bilan de son histoire. Un clinquant 56 victoires pour 26 défaites, les hissant à la 5e place de la conférence Ouest. En prime, le barbu espagnol remporte le titre de Défenseur de l’année, une récompense qui met du baume au cœur avant d’entamer les Playoffs 2013.

Au premier tour, les Grizzlies doivent s’attaquer aux Clippers, seule véritable franchise de Los Angeles prétendant au titre – désolé aux Lakers version Dwight Howard et Steve Nash. Ce n’est pas une mince affaire ! D’ailleurs, ils concèdent les deux premières rencontres à Lob City avant que cette dernière ne se transforme en choke city et s’incline 4-2 contre des Grizzlies combatifs. Memphis remporte donc le premier round. Maintenant, ils doivent défier les finalistes 2012, le Thunder, diminué par l’absence de Russell Westbrook (blessé quelques jours plus tôt lors de leur série face aux Rockets). Le défi, justement, est relevé haut la main ! La paire d’intérieurs Gasol — Z-Bo ne donne aucune chance à Oklahoma City. Victoire 4-1, emballé c’est pesé !

En Finales de Conférence, les Grizzlies font face aux Spurs d’un Tony Parker au sommet de son art. Deux ans auparavant, Memphis avait éliminé San Antonio au premier tour. La franchise du Tennessee part donc plutôt favorite dans cette confrontation. Pourtant, il n’en est rien. Les Spurs balayent 4-0 des Grizzlies méconnaissables. Zach Randolph réalise un trop maigre 30 % au shoot le limitant à 11 points de moyenne sur les quatre rencontres. Et, anecdote qui en dit long sur cette terrible série des Grizz, leur meilleur marqueur se prénomme Quincy Pondexter, avec 15,3 unités par match.

La saison 2012-13 se conclut alors par le plus beau parcours de Memphis en Playoffs, complétant une régulière mouvementée et très réussie. La plupart des joueurs récupérés dans le trade de Rudy Gay partent pendant l’été, mais l’essentiel est ailleurs. Le Grit and Grind a connu son succès et peut désormais rêver plus grand !

Une seconde moitié de décennie dans la grisaille

Les saisons se succèdent et commencent drôlement à se ressembler pour la franchise du Tennessee. Après avoir côtoyé les Finales de Conférence en 2013, plus jamais Memphis n’y retourne. Et pourtant, ce n’est pas faute d’avoir tenté des choix malins pour améliorer l’effectif des Ours bleus. En novembre 2015, justement, le front office tente le coup en tradant des no-names pour récupérer James Ennis ainsi qu’un meneur deux fois bagué avec le Miami Heat. J’ai nommé… Mario Chalmers ! Endossant le rôle de back up d’exception derrière Mike Conley, Rio tourne à 10,8 points par rencontre pendant sa première saison aux Grizzlies, son record en carrière. Il vient compléter un effectif revanchard qui comprend depuis peu le déjà vieux Vince Carter et le tatoué Matt Barnes.

Malheureusement, l’aventure ne se passe pas aussi bien que prévu pour Chalmers. Au bout de seulement 55 matchs sous le maillot de Memphis, il se rompt le tendon d’Achille en mars 2016. À l’âge de 29 ans, sa carrière prend un autre tournant. Coupé par les Grizzlies pour libérer une place dans l’équipe, il fait un court retour d’une saison au sein de la franchise en 2017 avant de traverser l’Atlantique.

Cet échange n’a alors pas permis à Memphis de step up, pas plus que les diverses signatures à l’intersaison 2015. Avec un bilan de 42 victoires pour 40 défaites, les Grizz décrochent cependant leur billet pour les Playoffs. Ces derniers sont pour le moins expéditifs. Ils se font violemment sweeper par les éperons texans, avec des écarts de scores interdits aux moins de 18 ans.

Photo : Rob Carr/Getty Images

L’ère du Grit and Grind s’essouffle et montre ses limites. Un an après la désillusion de 2016, la franchise ne prolonge pas deux de ses joueurs emblématiques, marquant ainsi la fin d’un process débuté neuf ans plus tôt. Zach Randolph part aux Kings consommer les meilleures herbes du coin et Tony Allen s’envole chez les Pelicans de La Nouvelle-Orléans. Quelques mois plus tard, les deux seniors auront leurs numéros retirés, les deux seuls pour le moment — coucou au 11 au 33.

Le Grit and Grind touche bien à sa fin. Les blessures à répétition de Conley et la mésentente apparente entre Marc Gasol et David Fizdale occupent le centre de la scène. Un an et demi après son arrivée, le Head Coach est remercié. JB Bickerstaff, l’entraîneur qui a pris sa suite, connaît le même sort en 2019. Lors de cette dernière année justement, les deux piliers restants du G&G quittent la forêt. L’un est envoyé à Toronto pour son plus grand bonheur, l’autre vit des débuts compliqués avec la franchise de l’Utah. Désormais, Memphis se reconstruit dans la jeunesse, la hype et la bonne humeur. Comme quoi, faire une bonne Draft c’est peut être mieux que de miser sur les joies des échanges décevants et des signatures coûteuses.

D’ailleurs, comment ne pas mentionner les différents « Chandler » qui ont enfilé la tunique bleu, jaune et blanche ? Et oui, nous n’avons pas oublié ce voleur de Chandler Parsons ! Bien que le sujet des signatures ne rentre pas dans le thème de cette série estivale, nous nous devions de lui rendre hommage. Lui qui a plombé la caisse de la franchise avec ses 94 millions de dollars sur quatre ans. Lui qui n’a jamais été important dans la rotation des oursons. Lui qui a donné du travail à l’infirmerie… merci pour tout !

Le souvenir de la rédaction : quand « McGasol » noyait les Clippers avec un Game Winner du corner

Novembre 2016, les Grizzlies affrontent les Clippers — tiens encore eux — au Staples Center. Moins d’une possession à jouer, remise en jeu Memphis, 107-106 pour Los Angeles. Vince Carter passe à Conley qui drive au cercle. Pris par deux défenseurs, le meneur sert dans les meilleures conditions un Gasol en mode clutch. Ficelle à trois points sur la tête de DeAndre Jordan et victoire des Grizzlies quelques secondes plus tard.

Le plus incroyable, le plus sensationnel, est ce qui va suivre après ce tir de l’espagnol : sa célébration à la manière de Conor « The Notorious » McGregor. Cette danse des épaules pour retourner vers son banc, que vous avez pu voir en GIF sur vos réseaux sociaux préférés, est légendaire. Surtout quand elle vient sceller la défaite de nos amis les voiliers !

Le deuxième épisode est maintenant terminé. Oui, nous le savons, c’est très triste. Mais réjouissez-vous, la série continue ! La prochaine fois nous filerons à l’Est redécouvrir l’histoire « stratransférique » de l’une de nos franchises préférées. Allez, on se check la patte d’ours, on se console avec un pot de miel et on se dit à très très vite !

Photo : Harry How/Getty Images

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