K.C. Jones, l’illustration de la défense victorieuse

par Clément Devos
Publié le Modifié le
KC Jones (Boston Celtics), balle en main.

K.C. Jones est l’homme d’une seule franchise, les Celtics de Boston. Défenseur tenace dans la NBA des années 50, il remporte 8 titres NBA en tant que joueur aux côtés de Bill Russell. Il en ajoute deux autres dans les années 1980 comme technicien avec Bird, Parish et McHale sous ses ordres.

Un champion est né

Après le lycée, K.C. Jones arrive à l’université de San Francisco en compagnie de Bill Russell. Très timide, ses prises de paroles sont si rares que les supporters pensent qu’il est muet. Bill Russell raconte dans son livre Second Wind que K.C ne lui a parfois pas adressé un seul mot pendant tout un mois. Avec les Dons de San Francisco, il remporte deux titres de champion universitaire en 1955 et en 1956. À l’université, les recruteurs voient en lui un très bon défenseur prêt à se sacrifier en toute circonstance. Il est courant d’apercevoir Jones à terre après avoir subi un passage en force afin de saboter l’attaque adverse. Bien qu’il soit plus petit que la plupart des arrières ennemis, il parvient à les déstabiliser grâce à sa témérité, sa vitesse et son excellent sens du timing pour intercepter le cuir.

Son statut de capitaine lors son année senior illustre un homme de caractère avec une âme de leader naturel. Lors de sa deuxième finale, il réalise avec ce groupe le back-to-back. Pendant la partie, il défend hardiment sur Tom Golla, un joueur All-American de 2,05 m, alors que Jones ne mesure que 1,90 m. « L’équipe dispose d’une confiance aveugle en lui », déclare Phil Woolpert, son coach, après la rencontre. « Jamais il ne se plaint, et il est toujours là pour agresser l’adversaire ». Le capitaine Jones montre l’exemple ce soir-là avec cette belle performance en défense, mais aussi en attaque avec 24 points. Avec ce titre de champion avec les Dons en 1956, K. C. Jones quitte la scène universitaire sur le toit de l’Amérique et peut ainsi se lancer à l’assaut de la NBA en toute sérénité.

Photo : Dick Raphael/NBAE via Getty Images (1967)

On ne change pas une équipe qui gagne

En 1956, Boston choisit K.C. Jones en 13e position du second tour. Il intègre les Celtics avec son ami Bill Russell. Le modeste Jones se fait une place dans l’effectif de Red Auerbach grâce à sa défense, rugueuse et efficace. En 9 années en NBA, peu de joueurs peuvent se targuer d’avoir gagné 8 titres de champion, et dans une seule franchise. Jones n’a d’ailleurs pas fait que survivre au sein de la grande ligue, il traverse presque toute une décennie dans une équipe légendaire avec un rôle majeur.

Le collectif des Celtics glane tout entre 1959 et 1966. Avec Bob Cousy, le backcourt des Celtics met à mal les extérieurs adverses tout en distribuant les ballons à ses intérieurs. Il démarre la plupart des matchs de sa carrière sur le banc. Même s’il déteste cela, il sait ce qu’il doit produire pour gagner. À son introduction au Hall of Fame, Red Auerbach décrit avant tout K.C. comme un vainqueur. « En arrivant au sein de la franchise, il savait à peine shooter », plaisante l’illustre coach des C’s. Mais Jones travaille chaque jour pour améliorer son jeu et atteint un statut de shooter correct pendant les années 50. Il quitte les parquets en 1967, après la défaite des Celtics face aux 76ers de Philadelphie.

« Laissez-faire »

Ici, le « laissez-faire » ne désigne pas la théorie économique d’Adam Smith, mais bien l’approche de jeu qu’avait K.C. Jones en tant que coach en chef des Celtics dans les années 80. Après avoir été assistant à Los Angeles et Milwaukee, il fait son retour à Boston, comme numéro 2 au sein du staff de Bill Fitch. Fitch est renvoyé durant la saison 1982-1983, Jones saisit l’opportunité et prend la place de numéro 1 sur le banc. En tant que head coach, K.C Jones souhaite installer un climat de confiance et de respect entre lui et ses joueurs. Leur hurler dessus ou les intimider ne fait pas partie de ses principes. « Il a tout notre respect en tant que coach, mais aussi en tant que personne », confie Larry Bird à un journaliste de USA Today.

Photo : Andrew D. Bernstein/NBAE via Getty Images

« J’écoute les joueurs, mon boulot est de leur donner des directions et une base pour opérer », déclare Jones sur son approche du jeu. « Mais je les laisse utiliser leur propre créativité et leur imagination ». Pendant les 5 saisons où Jones est entraineur principal, l’équipe atteint 4 fois les finales NBA grâce à un basket fluide et efficace. La philosophie de Jones, mêlée à la créativité et au talent de Bird, Parish et McHale, apporte deux titres de champions à la ville de Boston. Après les titres de 1984 et 1986, il quitte le banc des Celtics. En 1998, K.C. Jones — qui a fêté ses 65 printemps — quitte le monde de la balle orange après une carrière bien remplie.

Travailleur persévérant, gagneur, défenseur hors pair, voilà les quelques qualificatifs pouvant décrire l’athlète et le coach qu’était K. C. Jones. Pour un joueur limité en attaque, sélectionné au second tour par les Celtics pour intégrer un effectif très dense, K.C. Jones est parvenu à se faire une place parmi les grands. Son numéro 25 est bien évidemment retiré au plafond du TD Garden, pour toujours.

Le discours d’introduction au Hall of Fame de K. C. Jones, par Red Auerbach :

Photo : Dick Raphael/NBAE via Getty Images

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