Course au trophée en Euroleague : MVP

by Clément Devos
Shane Larkin (Efes Istanbul) reçoit le trophée de MVP de l'Euroleague

L’Analyste vous concocte une focus différents trophées individuels en Euroleague pour cette saison 2019-20. On commence par le plus convoité, celui de Most Valuable Player. Pour chaque prix, un classement allant de la cinquième à la première place vous sera proposé pour y voir plus clair.

5. Scottie Wilbekin

L’arrière américain de 26 ans, en plein dans son prime, brille en Euroleague avec le collectif israélien du Maccabi Tel-Aviv. Scoreur naturel, Wilbekin inscrit en moyenne 16,6 points par matchs à 47,9 % à 2 points et 45,8 % à 3 points et un joli 80,6 % sur la ligne des lancers. Avec ces pourcentages plus que corrects, il parvient à guider offensivement son équipe. L’ancien des Gators de Florida a su s’imposer comme un joueur très efficace en isolation. Très rapide et doté d’une bonne dextérité dans ses dribbles, il sait créer de l’espace pour sanctionner son adversaire direct. Le vainqueur de l’Eurocup 2018 divise les défenses adverses et balance généralement entre passes décisives à l’intérieur ou passage d’épaule pour aller directement au cercle. Il dispose d’une solide mécanique de tir et ne tremble pas lorsqu’il a la possibilité de tirer à 8-9 mètres. Cet aspect de son jeu suscite des questions sur la manière dont ses adversaires doivent le défendre. Sixième meilleur scoreur de la saison, le MVP des finales de l’Eurocup a d’ailleurs inscrit le plus grand nombre de shoots derrière l’arc (62). À 26 ans, il réalise son record en carrière en marquant 28 points face à ses anciens coéquipiers du Milan d’Ettore Messina.

Pour candidater au trophée de MVP, jouer dans une équipe bien classée est un critère indispensable. En plus de réaliser une très bonne saison d’un point de vue individuel, son club surprend par sa régularité et son attaque très prolifique et très intense depuis le début de la compétition. Les points peuvent venir de l’intérieur avec les deux monstres physiques que sont Quincy Acy et Othello Hunter, mais aussi de l’extérieur avec l’arrière américain. Actuellement sur le podium derrière le CSKA et l’Efes, les Israéliens sont très bien partis pour réaliser une grande saison européenne. Scottie Jordan Wilbekin pourrait quant à lui prendre une nouvelle dimension s’il parvenait à obtenir ce trophée de MVP d’Euroleague.

4. Alexey Shved

À la 4e place, c’est un autre arrière scoreur convoitant le trophée de MVP de saison régulière d’Euroleague qui passera à la loupe. Le vainqueur de la compétition en 2008 avec le CSKA Moscou réalise une très belle saison dans le rôle de franchise player avec le Khimki. Tout comme son collègue cité précédemment, il est doté d’un talent offensif indéniable. La preuve : son record en carrière réalisé le 18 décembre face à l’Olympiacos. Lors de cette soirée, il faisait corps avec son maillot jaune feu et plus rien ne pouvait l’arrêter. Le Russe inscrit 36 points, dont des paniers très difficiles, et ajoute en prime 9 passes décisives. Après un passage raté dans la grande ligue américaine, il est revenu au pays pour être le numéro 1 d’un club pouvant créer une surprise en playoffs. Actuellement dans le ventre mou du classement après 21 journées, l’autre équipe de la capitale russe fait face à une irrégularité assez inquiétante. Dotée d’un bel effectif avec de grosses individualités telles que Devin Booker ou encore Sergey Karasev, l’escouade de Rimas Kurtinaitis ne parvient pas à se concentrer et à maintenir son niveau de jeu face à des équipes soi-disant plus faibles. Les défaites face au Zenit et dernièrement face à Vitoria témoignent de ces sauts de concentrations.

Dans tout ça, Shved contribue de manière exemplaire et presque automatique en marquant sa vingtaine de points. Avec une moyenne de 21,7 points par match à 47,8 % à deux points et un très respectable 89,9 % aux lancers francs, il est le deuxième meilleur marqueur de l’Euroleague tout en cumulant le 4e plus grand nombre de passes décisives (108).

Cependant, son dossier n’est pas tout rose. Avec une franchise pointant à la 11e place, il est trop loin des cadors pour faire valoir son impact. Nous savons pertinemment que si le club n’est pas dans le top 5, il devient très compliqué d’obtenir le prix de MVP. Ensuite, son pourcentage à trois points, trop faible, est un obstacle pour l’accès au podium. L’ancien joueur des Timberwolves doit peut-être challenger ses coéquipiers plus intensément et se donner davantage de l’autre côté du terrain afin de faire grimper son équipe au classement. Dès lors, son cas pourrait être réévalué de manière positive.

3. Mike James

Les spécialistes de la compétition savent que les chances de voir Mike James à un tel niveau après 21 matchs joués n’étaient pas très élevées. Avec son mètre 85, il parvient à surprendre les défenses adverses par sa vitesse d’exécution et sa qualité de shoot à très longue distance. D’un caractère très calme, l’américain est chaque semaine explosif sur le parquet de la Megasport Palace. Avec son jeu, il parvient à endormir son défenseur et place d’un coup une petite accélération pour passer l’épaule et gagner son duel. Le néo-trentenaire est en pleine confiance et pratique peut-être son meilleur basket. Avec une moyenne de 21,1 points par match à 44 % à deux comme à trois points ainsi que 4,4 assists par match, il fait partie des meilleurs joueurs de la ligue semi-fermée dans cette saison 2019-20. Des arguments de poids pour faire partie des appelés pour le trophée de Most Valuable Player.

Le meneur de jeu américain est arrivé cette année en provenance de l’Olympia Milan pour redémarrer un nouveau cycle au sein du club moscovite. L’effectif a été rajeuni avec la signature de jeunes russes sortis de la formation du CSKA tels qu’Ivan Ukhov ou Andrei Lopatin, mais la direction a conservé Dimitri Itoudis en tant que Head Coach, en poste depuis 2014. L’adaptation aux spécificités de jeu de chacun a demandé un temps, mais à la moitié de la saison régulière, le jeu du CSKA semble huilé et prêt pour les joutes du Final Four. Ils occupent actuellement la deuxième place avec un bilan de 15 victoires et 6 défaites à égalité avec le Real Madrid. Pour Mike James, une place sur le podium sera impérative pour espérer glaner la récompense qu’il convoite. Il faudra conserver sa ligne de statistique et ne pas s’effacer lors des confrontations face aux concurrents pour les plus hautes marches.

2. Nikola Mirotic

Son surprenant départ de la ligue américaine pour revenir en Catalogne et porter la tunique bleu et rouge des Blaugrana a étonné la communauté basket. Beaucoup de personnes invoquaient l’argent comme motif. En effet, on parlait d’un contrat de 70 millions d’euros sur 6 ans alors qu’il a finalement paraphé un contrat de 35 millions d’euros sur 4 ans. Dans de multiples interviews, le Serbo-Croate déclarait vouloir retrouver un rôle de leader. Il assume désormais ce statut de franchise player et redore le blason du FC Barcelone jusque là en manque de réussite dans le circuit européen. Avec un bilan de 15 victoires et 6 défaites à égalité avec le Real Madrid et le CSKA Moscou, les coéquipiers de l’Espagnol ont réalisé une très belle première partie de saison et rien n’indique que la machine s’enrayera.

Avec ses 18 points de moyenne par match à 60 % aux tirs à deux points et 85 % sur la ligne des lancers, l’ancien des Bucks montre qu’il reste une arme offensive de premier choix en Europe. L’ailier fort est aussi un bon rebondeur et un passeur correct pour lancer les contre-attaques barcelonaises. Néanmoins, le Barcelonais n’a pas encore franchi la barre des trente points alors que tous ses concurrents l’ont déjà atteint au moins une fois cette saison. De plus, il n’affiche pas un pourcentage acceptable derrière l’arc. Avec 30 % de réussite à trois points, il est très loin de ses standards et il se doit d’améliorer cet aspect de jeu. C’est essentiellement pour ces deux raisons que l’ancien joueur des Bulls de Chicago n’est pas sur la plus haute marche.

1. Shane Larkin

Arrivé cette saison en provenance des Bostons Celtics avec lesquels il avait fait de belles apparitions dans un rôle de troisième meneur derrière Kyrie Irving et Terry Rozier, Shane Larkin montre tout son talent avec l’Efes Istanbul. Dans une équipe ayant pléthore de talents offensifs à l’image des deux Français Rodrigue Beaubois ou Adrien Moerman, Ergin Ataman a développé une attaque très prolifique. Le jeu pratiqué par les Stambouliotes paye après 6 mois de compétition. L’Efes se retrouve leader de l’Euroleague avec un bilan de 18 victoires et 3 défaites. Avec un jeu uptempo et une certaine liberté de tirer à 3 points, le lutin bleu se régale match après match. Il ne se pose pas de questions et joue le jeu qu’il aime pratiquer. L’ex-joueur des Hurricanes de Miami impressionne les amateurs de basket européen semaine après semaine tant ses performances semblent venir d’une autre planète. En témoigne sa soirée à 49 points à 10/12 à 3 points inscrits avec 53 d’évaluation lors de la 11ème journée face au Bayern de Munich. Son coach exprimera tout le bien qu’il pense de son meneur suite à cette monstrueuse performance. Lui, il déclara qu’il était dans la fameuse « zone », dans laquelle plus rien ne peut vous perturber.

Larkin est actuellement le meilleur scoreur de la compétition avec 21,7 points de moyenne et aussi le meilleur à l’évaluation avec un indice de 26,1. Sur le terrain, le combo-guard fascine par sa mobilité et sa capacité à perforer les défenses adverses. Fort sur ses appuis, il n’a pas peur avec son mètre 82 d’aller se confronter aux grands pivots. Arrivé au niveau du panier, il utilise sa malice et les effets de ballons sur la planche à la manière d’Alex English pour tromper les contreurs tentaculaires. Avec tout ce qui a été dit précédemment, il écrase les autres prétendants et il est présentement le grand favori pour se voir remettre le titre de meilleur joueur de la compétition.

Dans cette rubrique concernant le Most Valuable Player, Shane Larkin se dégage et peu d’indicateurs semblent lui barrer la route vers l’obtention de ce trophée. Cependant, un Mirotic retrouvant son shoot à trois points ou une nouvelle performance de Mike James pourraient relancer la discussion. Mentions honorables pour Nick Calathes, Vassilis Spanoulis et Nando de Colo.

Photo : Tolga Adanali/Euroleague Basketball via Getty Images

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