Kobe Bryant, l’artiste : Dear Basketball

by Clément Devos
Kobe Bryant, récompensé d'un Oscar pour son court-métrage d'animation "Dear Basketball". Hollywood, 2018.

En 2016, le quintuple champion NBA finissait en beauté sur un match à 60 points et prenait donc sa retraite sportive. Une nouvelle vie commençait pour ce néo-retraité. Nous avons pu découvrir au cours de ces 3 dernières années une facette de sa personnalité encore inédite : celle d’un artiste, bien déterminé à transmettre sa passion à travers l’art.

En mars 2018, Kobe Bryant recevait une statuette à Hollywood, non loin du Staples Center, pour un court film d’animation duquel il était l’auteur et le narrateur : Dear Basketball. Ce court-métrage a été pensé d’après une lettre écrite en novembre 2015 dans laquelle l’arrière exprimait son amour du basketball et annonçait sa retraite.

« You gave a six-year-old boy his Laker dream
And I’ll always love you for it.
But I can’t love you obsessively for much longer.
This season is all I have left to give.
My heart can take the pounding
My mind can handle the grind
But my body knows it’s time to say goodbye.
And that’s OK.
I’m ready to let you go.
I want you to know now
So we both can savor every moment we have left together.
The good and the bad.
We have given each other
All that we have. »

Extrait de la lettre ouverte publiée par The Players Tribune

Kobe Bryant ne s’est évidemment pas lancé dans ce projet en faisant les choses à moitié. Sur le terrain comme dans l’art, il a tenu à s’entourer des meilleurs, avec Glen Keane à la direction, un ancien animateur de Disney, et John Williams, compositeur émérite à l’origine du célèbre thème de Star Wars. Le champion olympique était devenu un entrepreneur avec une vision sur le long terme. La création de son académie de basket atteste de cette volonté de transmettre son savoir et d’aider la jeunesse à réaliser ses rêves. Il avait sans doute la même perception des choses dans ses oeuvres. Il voyait grand et loin, en s’entourant de personnes reconnues pour leurs travaux.

Beaucoup de sentiments et de sensations sont exprimés dans ce film, le projet révèle de nouveaux traits de caractère de la star californienne. L’illustration de ses nombreuses courses pleines de rage sur les parquets italiens en est le parfait exemple. Deux chaussettes roulées en boule lui auront permis de répondre à l’appel de la balle orange, celui qui changera sa vie. Bryant y aura d’ailleurs répondu avec la détermination qui a fait de lui la légende qu’il est aujourd’hui, en se donnant corps et âmes pour sa passion.

Tout au long de ces 4 minutes, des dessins au trait doux contrastent avec la puissance des actions représentées, notamment un dunk hargneux dès le début. Une lumière blanche nous transporte vers ses vieux rêves d’enfance, une période précieuse et inspirante pour l’ancien joueur NBA. Ce rêve de marquer le panier de la gagne pour les Lakers qu’il mettait en scène dans sa chambre de petit garçon sera finalement le genre de fait d’armes qu’il aura accompli maintes et maintes fois dans sa carrière.

Ses mots illustrent l’amour sans limites qu’il avait pour ce sport. Cet attachement lui aura permis de vivre une aventure magique qui l’aura transporté dans des dimensions et dans des lieux que jamais il n’aurait pu imaginer, même dans ses plus grands fantasmes.

Avec ces images, il remercie le basket de lui avoir tant donné pendant 20 ans. Cette lettre et ce petit film nous montrent bien qu’il n’y a jamais de fin dans ce que nous accomplissons et que chaque chose que nous entreprenons nous revient un beau jour. Cette semaine d’hommages à Kobe Bryant se termine chez L’Analyste, mais son exploit et ses travaux seront toujours présents dans l’esprit des passionnés de la balle orange.

Photo : Mike Blake/Reuters

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