DeMar DeRozan, l’art de la détermination

by L'Analyste
DeMar DeRozan, des Spurs de San Antonio

Note de l’éditeur : cet article a été écrit par Adrien Tillon, lecteur de L’Analyste.

On a tous connu ce genre de moments. Ce moment où ceux qui t’entourent ne croient plus en toi et arrêtent de te faire confiance. Dans ces cas-là, 2 options s’offrent à toi : continuer d’avancer et leur prouver qu’ils avaient tort ou accepter leur jugement et sombrer. C’est la première option que DeMar DeRozan a choisi. Actuellement, les San Antonio Spurs sont 7e de la Conférence Ouest – donc playoffables – et le guard de 29 ans n’y est pas pour rien…

Son parcours

DeRozan est né à Compton, en Californie, une ville en banlieue sud de Los Angeles notamment connue pour la culture musicale (le groupe de rap NWA, Kendrick Lamar, etc.) mais aussi, et principalement, pour la criminalité et la violence dans ses rues.

C’est là-bas qu’il grandit et commence à jouer avec un certain James Harden – lui aussi originaire de Compton – qu’il côtoiera tout au long de sa jeunesse. Contrairement à ce dernier, DeMar est plus discret et est sélectionné en 9e position de la draft 2009, cette même draft où Blake Griffin est le first pick, James Harden le 3e, Tyreke Evans 4e, Ricky Rubio 5e ou encore Stephen Curry 7ème. Il déclare d’ailleurs avoir décidé d’arrêter l’université après un an seulement (one and done) pour rejoindre la NBA afin de pouvoir prendre soin de sa mère malade, ce qui en dit long sur la détermination et la loyauté du joueur.

Il est drafté par la jeune franchise des Toronto Raptors et devient rapidement le visage de la franchise de par son charisme naturel et sa capacité à scorer (52 points face aux Bucks le 1er janvier 2018). Il est d’ailleurs toujours le meilleur marqueur de la franchise et le joueur comptant le plus de matchs avec le maillot des Raptors. Il réussit même à mener les Raptors jusqu’en finales de Conférence – un record de franchise – en 2015-2016 face aux Cleveland Cavaliers (4-2 pour les Cavs) avec l’aide de sa paire extérieure et meilleur ami Kyle Lowry.

Cependant, la saison suivante, c’est bis-repetita et Toronto se fait sweeper par la team de LeBron. Et malgré une saison régulière historique durant laquelle les Raptors finissent 1ers de conférence avec un bilan de 59-23, ils sortent en demi-finales face à Cleveland, leur chat noir ; on commence ainsi à percevoir le plafond du duo Lowry-DeRozan.

L’été suivant, la franchise canadienne, ambitieuse, décide de se séparer sa star en envoyant DeMar DeRozan et Jakob Poeltl aux Spurs en échange de Kawhi Leonard et Danny Green.

Un pari risqué et lourd de conséquences compte-tenu de la durée du contrat de Leonard (1 an) et de la place que tient le numéro 10 dans le cœur des fans de la franchise, notamment Drake, qui postera sur son compte Instagram un message de remerciement et de soutien pour ce dernier.

Ses débuts à San Antonio et sa capacité d’adaptation

C’est donc un gros coup dur pour lui qui déclare se sentir « trahi » ; Masai Ujiri, le GM des Raptors doit même répondre aux rumeurs qui circulent autour d’un clash avec Kyle Lowry, ce dernier étant déçu par le départ de son binôme.

Dans ce contexte, DeRozan débarque aux Spurs, franchise fraîchement orpheline des derniers piliers de sa génération dorée : Manu Ginobili, parti à la retraite, et Tony Parker à Charlotte pour jouer aux Hornets. On annonce le début d’une phase reconstruction. Elle doit également faire face dès le début de saison aux blessures de son rookie Lonnie Walker IV et de son jeune meneur talentueux Dejounte Murray.

Malgré tous ces accrocs, DeMar DeRozan intègre le collectif du coach Pop avec des stats très correctes : 22.1 points par match, 6.2 rebonds et 6.4 passes et des pourcentages pas encore au top, preuve qu’il peut encore progresser. Néanmoins, il a été métamorphosé par son nouveau coach qui l’a transformé en arrière créateur, rôle dans lequel l’ancienne star des Raptors brille de plus belle. Son style de jeu n’est plus le même, il a su s’adapter aux besoins des Spurs.

On peut également parler sa très grosse performance face aux Raptors; un jeudi 3 janvier à San Antonio. Un match au délicieux goût de revanche durant lequel DeRozan a su prendre le dessus sur Kawhi en défense, le limitant à 21 points, 1 rebond, 5 passes (une de ses pires prestations statistiques de la saison). Il réalise d’ailleurs le premier triple-double de sa carrière avec 21 points, 14 rebonds, 11 passes et, en bonus, 2 interceptions. Un score final de 107 à 125 pour les Texans avec en prime la preuve que DeMar n’est pas un joueur sans caractère, comme on aurait pu le croire après ses 2 sweeps en playoffs.

Au moment où cet article est écrit, les Spurs qui étaient 14e en début de saison sont depuis le 30 décembre sur un bilan de 7 victoires pour 2 défaites (avec une série de 5 victoires d’affilées). Un bilan de 25-19 et une 7e place prometteuse qui les laissent espérer une apparition en playoffs, ce à quoi peu de personnes croyaient cet été.

Un collectif s’est peu à peu former autour des 2 stars qui portent l’équipe : DeMar DeRozan et LaMarcus Aldridge avec l’avènement de certains jeunes comme Derrick White ou Bryn Forbes et l’avenir s’annonce plus radieux que prévu pour la franchise aux 5 titres. Ce groupe fait également démonstration d’une grande force mentale en allant battre ce 10 janvier dernier le Thunder – une des meilleures défenses de la ligue – 147-154 au bout de 2 prolongations.

Enfin, l’opinion publique est également réceptive aux performances de l’arrière des Spurs, DeMar DeRozan étant d’après le dernier bilan, 7e au classement des extérieurs pour le All-Star Game, devant Lonzo Ball et Devin Booker, une performance honorable pour un joueur peu médiatisé.

En voyant tout cela, on peut être optimiste pour le futur de San Antonio même si la course avec les autres équipes prétendantes aux Playoffs sera rude dans la jungle de l’Ouest. Reste à savoir si DeMar DeRozan pourra un jour soulever un trophée – pour un titre collectif ou individuel – et ainsi pouvoir à nouveau jouer dans la même cour que son partenaire de jeunesse, James Harden…

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